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REACTION

DJIBOUTI : La "Marche de la honte"


Alwihda Info | Par Mohamed Qayaad - 7 Novembre 2015 modifié le 7 Novembre 2015 - 17:47

L’apologie de l’avilissement et de la marchandisation de l'être djiboutien.

Hostile au 4ème mandat du président Guelleh, la population d'Ali-Sabieh a boudé le rassemblement organisé ce 07 novembre 2015 par le régime.


Les organisateurs de la marche de la honte et de l’indignité caressent inlassablement un rêve de retour à l'indistinction primitive, où le mythe et la pensée se confond, où imaginer et connaître sont une seule et même chose, où mentir est plaire à leur "Sultan”, et où aucun type d'explication n'exclut radicalement son contraire. Il est frappant de constater de quelle manière leur mensonge sert de support au régime liberticide djiboutien : tout d'abord, en abolissant le passé de telle sorte qu'occulté, déformé, travesti, il n'éveille pas la conscience des individus et ne permette ni nostalgie, ni révolte. Le contrôle du présent doit venir compléter la maîtrise du passé dans la logique des régimes totalitaires. Ainsi, les organisateurs de la marche de la honte , au service du système, n'hésitent pas à tromper leurs semblables afin de garantir la stabilité politique et sociale nécessaire à une domination totale. On revient sous une forme hypocrite à cette indistinction quand on évite de s'étonner de ce que des serviles, tenus au respect d'un dogme, démontrent, comme par hasard, exactement ce qu'ils croyaient déjà avant toute démonstration. Leur marche de la honte marque l'apparition de leur lutte contre leur culpabilité morbide, l'apparition d'une tentative pour s'arracher à l'univers de leur faute imaginaire, pour les placer au niveau d'un amour de soi irraisonnable et les plonger dans l'oscillation torturante entre les deux pôles complémentaires de l'autodestruction et de la mégalomanie. Pire, sans recourir aucunement au subterfuge d'un fatalisme consolant, leur remors pathologique d'origine délirante et leur refus de soi ne l'engagent pas dans la voie libératrice. Ils sont passionnés, aveuglés par le désir de se faire remarquer, le besoin de se faire découvrir en refusant de soumettre au jugement moral des faits qui ne relèvent plus d’eux, mais de leurs préjugés, de leurs fantasmes, de leurs croyances suivant leur monde imaginaire. Leur horreur de la vérité est absolue, comme l’est leur définition de l’immoralité, leur principe qu’elle doit être cultivée pour elle-même et non pour les avantages ou la considération qu’elle nous vaudrait. Pourquoi se projettent-ils dans un monde virtuel d'une société somnambule ravagée par des problèmes réels : misère, analphabétisme, tant de destins massacrés à seule fin d'édifier un régime dictatorial et oppresseur, fondé soit sur la dictature politique soit sur la dictature du capital. Allons-nous longtemps accepter d'être dupes, naïfs, et de tenir pour seuls ennemis ceux que le régime mafieux nous désigne : des adversaires fictifs ? Ce déferlement de la médiocrité aura-t-il pour résultat final d'encourager la résistance à l'oppression et au régime? Résistance à l'apologie de l’avilissement et de la marchandisation de l'être humain. Demeurons-nous aveugles au péril en cours ? Plutôt que de tenter, peut-être en vain, quelque mode de sauvetage.


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