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AFRIQUE

DJIBOUTI : Les femmes du Parti MRD célèbrent la journée internationale de la femme


Alwihda Info | Par Huno Djibouti - 9 Mars 2016 modifié le 9 Mars 2016 - 10:44

Sans justice sociale, malgré leur dynamisme et leur engagement, les djiboutiennes sont et seront touchées, au même titre que leurs concitoyens du sexe masculin par la pauvreté.


A l’instar de leurs sœurs de tous les pays, ce 8 Mars 2016, journée internationale dédiée à la femme, mères, sœurs, épouses, militantes ainsi que l’ensemble du personnel féminin du Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement (MRD) n’ont pas manqué ce grand rendez-vous international. Ces festivités, organisées par le comité des femmes du MRD ont eu lieu au siège de la Fédération à Balbala/Cheick-Moussa, dans la banlieue de Djibouti-ville. C'est au travers de cette célébration mondiale, dont le thème international retenu pour cette année est “50-50 d’ici 2030 : franchissons le pas pour l’égalité des sexes”, que le comité des femmes du MRD conduit par Mme Kadija Ahmed Ibrahim, Filsan Souleiman Samrieh, Fatouma Moussa Awaleh et Faiza Mahamoud à rendu un hommage appuyé au civisme, au courage et à la détermination accomplis par des femmes ordinaires - ces militantes MRD, d'hier et d'aujourd'hui, qui au péril de leur vie souvent, pour la dignité humaine, ont joué un rôle plus que déterminant dans l’histoire de la république de Djibouti en dénonçant le sort de leurs consœurs, et plus généralement pour l'avènement d'une pleine démocratie et d'un état de droit. Bref, dans une ambiance festive, il s'agissait non seulement de magnifier les actions des femmes, de toutes ces djiboutiennes porteuses de valeurs, mais également de dresser un bilan. En effet, malgré leur dynamisme et leur engagement, les djiboutiennes restent touchées par la pauvreté et la discrimination basées sur le genre. En dépit de certains progrès, elles sont encore et toujours condamnées à des emplois précaires et mal rémunérés. Cet état de fait a des conséquences sur leur accès aux instances de prise de décision et aux actifs économiques (terres, emprunts). Encore dévaluées, ignorées, ou traitées comme des citoyennes de seconde classe, elles sont bien souvent victimes d’inégalités flagrantes, ou pire encore de maltraitance et d'exploitation : violences sexuelles commises au cours de conflits armés (régions nord du pays, à majorité Afar) ; de la traite des êtres humains et des pratiques comme les mariages précoces ou les mutilations génitales féminines. En dépit des discours officiels du régime et du tapage médiatique, dans une misère sociale généralisée, des enfants, des femmes, des filles, des hommes et des garçons souffrent en silence, loin des caméras et dans l’indifférence générale. Malgré le pseudo projet de Société (INDS de février 2010), initié par Guelleh et qui avait pour ambition de "faire de Djibouti d’ici à 2015, un pays paisible, moderne, équitable, ouvert, économiquement performant, mieux géré" et où "à terme la fracture sociale, la pauvreté, la marginalisation et l’exclusion seront combattues et supprimées", le chômage dépasse le taux de 60 % de la population active, la pauvreté relative frappe 80 % des 918 000 habitants, alors que la pauvreté absolue, quant à elle, foudroie 43 %, soit 394 740 personnes. De surcroît, cette effroyable gestion vaut à la République de Djibouti d’être classée : 1) 155ème sur 189 pays au classement de Doing Business 2015 (-1 point par rapport à 2014) ; 2) 163ème sur 189 pour la création d’entreprise ; 3) 171ème pour l’exécution des contrats ; 4) 176ème pour le raccordement à l‘électricité ; 5) 180ème pour l’accès au crédit, d'où son classement peu enviable de 170ème sur 187 pays à l’Indice de développement humain (IDH 2014). A cet égard, tous les observateurs sont unanimes pour affirmer que Djibouti a tous les atouts nécessaires pour devenir un pays économiquement apaisé et stable dans une région particulièrement troublée, mais souffre d’un sous-développement inhérent à une mal-gouvernance économique sous emprise présidentielle ; de la confiscation du pouvoir ; du non respect des droits de l’Homme ; de l'impunité ; du déni de justice ; des arrestations et détentions arbitraires ; des tortures ; de la corruption et à l'institutionnalisation d’un favoritisme récurrent ; de guerres (toujours en cours dans les régions Afar) ; de génocides ou de crimes contre l'humanité (massacre d'Arhiba du 18/12/1991 - massacre de Buldhuqo du 21/12/2015 et celui qui est actuellement en cours dans les régions Afar) ; de népotisme au sommet du pouvoir et d'une dictature familiale institutionnalisée sous l'oeil complaisant du « monde libre ». Or, sans justice sociale, malgré leur dynamisme et leur engagement, les djiboutiennes sont et seront touchées, au même titre que leurs concitoyens du sexe masculin par la pauvreté. Une véritable politique Nationale Genre (PNG), axée sur l'éradiquation de la discrimination basées sur le genre, sur la promotion de la place des femmes dans tous les secteurs du développement et sur l’investissement dans l’autonomisation économique de celles-ci est l’une des voies les plus sûres vers l’égalité des sexes, l’éradication de la pauvreté et une croissance économique inclusive. Dès lors, Guelleh et sa mafia possédés par une vision à court terme ou absence de vision tout court, sont décidés pour le compromis de l'argent facile et l'enrichissement personnel au détriment de l'intérêt national ; dès lors qu'ils n'opteront pas pour une réelle "culture des droits de l'homme" qui est un ensemble d'attitudes, de convictions, de normes et de réglementations imbriquées les unes dans les autres et ne respecteront pas les droits et libertés fondamentaux des individus, la relative paix en république de Djibouti, saupoudrée de l'instauration d'un état d'urgence consécutif aux attentats de novembre 2015 à Paris, dont les objectifs initiaux furent détournés afin de réprimer et réduire au silence toutes revendications démocratiques à la veille de la mascarade électorale du régime djiboutien (présidentielle du 8 avril 2016), ne saurait offrir un caractère de permanence. Nier cela, c'est nier le droit au développement qui est un processus global, économique, social, culturel et politique, qui vise à améliorer sans cesse le bien-être de l'ensemble de la population et de tous les individus, sur la base de leur participation active, libre et significative au développement et au partage équitable des bienfaits qui en découlent.


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