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AFRIQUE

DJIBOUTI : Même dos au mur, il y a ceux qui jamais ne se retournent...


Alwihda Info | Par Igal Aboubaker Moussa - 20 Décembre 2015 modifié le 20 Décembre 2015 - 19:48

"J'en avais retenu que le caractère se mesurait dans les situations difficiles et qu'un héros ne se plie pas, même dans les circonstances les plus dures". [ Nelson Mandela ]


DJIBOUTI : Même dos au mur, il y a ceux qui jamais ne se retournent...
Il y a les courageux d'un soir, les vaillants d'un moment et puis seulement ensuite, telle la fumée, ils s'évaporent. Il y a aussi les novices, ceux qui utilisent leur rébellion toute nouvelle et pas encore corrompue pour y aller de plus belle, faire pression, occuper les lieux, manifester, dénoncer, protester contre ce qu’on veut nous imposer. Cette génération des possibles, et du "possible, tout le monde est tenu"... Des héros, du moins en devenir. Ils sont d'une innocence à faire pâlir d'envie toutes nos carences. ils sont d'une douceur brute, de celle qui réconforte les cœurs. Il y a les indécis, ceux qui ne savent jamais, s'ils doivent te soutenir ou pas, te combattre ou non. Ceux, qui, quoi qu'il arrive attendent surtout que ça arrive. Fébriles voire fragiles, nerveux, ils deviennent lorsque s'approche l'heure de vérité.Ils vivent comme ils gesticulent et à la fin baissent leur tête pour camoufler leur maigre conviction. Il y a ceux que le regard trahit. Ceux dont Georges Bernanos disait : « Ce que la voix peut cacher, le regard le livre. ». A ceux-là, leur regard ne livrera rien. Ils ont gardé un regard fuyant, un regard perdu. Le genre de regard qui peut sembler de prime abord méprisant mais qui pétille de vide. Ils n'ont rien compris au monde mais ne le savent pas encore. Ça viendra! Quand? Nul ne le sait! Une sorte de cartésiens désabusés. C'est à dire qu'ils pensent, donc ils sont mais ils s'en foutent. L'on constate aisément, qu'ils ont plus besoin d'aide que toi. En les quittant, toujours cet image, tu comprends qu'ils comptent sur toi pour les oublier. Il y a les bruyants-égocentriques. Beaucoup de bruits pour si peu de choses. Ils ont la particularité d'avoir un goût prononcé pour la lumière. Certes, pas à tous les étages mais quand même. Ils l'adorent la lumière d'autant que celle-ci est dirigée vers eux mais s'évertuent à se penser désintéressés. Ce sont souvent "des spécialistes des questions générales", mi-courageux, mi-soumis aux lois du paraître. Ils ont intégré que paraître, c'est être pour les autres et avant de s'engager, ils commandent un sondage. Ils sont en général démenti par ceux qui agissent vraiment. Il y a les cyniques-nonchalants qui accourent en direction du danger pour mieux le contrôler. Ils ont fait le serment de prospérer de ce que la morale réprouve. indifférents à la souffrance de leur semblable, ils n'hésiteraient pas à festoyer sur une tombe. Évitez leur compagnie en partant au combat. Il y a les lâches-sympathiques. Au commencement, ils te soutiennent mais d'un soutien a minima. Du bout des lèvres, tu sens qu'ils mettent beaucoup d’énergie à tenir la corde qui tient le pendu. Ceux-là, tu les connais sur le bout des doigts. Ils ont toujours été ainsi, ils n'ont pas changé et changeront encore moins demain. En douce, ils opèrent. Qu'ils te soutiennent ou te combattent, qu'ils te nourrissent ou t'enterrent tant qu'à la fin, c'est toi qui perds. Le peu de gens qui les côtoient vivent un véritable enfer. Il y a ceux les courbés-volontaires. Ceux qui devancent la punition, ils pensent la cruauté ensuite ils l'anticipent pour enfin se l'approprier. Étienne de La Boétie dans son "Discours de la servitude volontaire" s'est longuement penché sur ces cas qui désorientent les esprits libres et désarçonnent la logique élémentaire sans pour autant parvenir à convaincre ces derniers. L'esprit de soumission si bien ancré en chair, difficile, il s’avère toute entreprise de dénaturation. Il y a ceux, enfin, qui ont parfaitement compris, que quoi qu'ils fassent, quoi qu'ils disent, ils seront de toute façon systématiquement critiqués par les serpillières spongieuses des caniveaux qu'ils affrontent, et, qui n'ont de citoyen que le nom. Ils ne se posent plus de légères questions mais agissent lourdement. Le salut de leur peuple, leur expiation! Les juges de la pensée autoproclamés ont décidé une fois pour toute qu'ils ne sont et ne seront jamais "fréquentables"! Ceux-là sont mes Héros. Eux, mènent une guerre, une guerre d'abord contre eux-mêmes, ensuite une guerre au nom de l'autre. Ces héros deviennent des pestiférés chez eux. Ils sont une minorité mais portent sur leurs épaules les aspirations d'une majorité. Ceux-là, jamais ne se retournent ... Vous croyez que la guerre est loin, si loin de chez vous? Loin de vos contrées? Vraiment? Eh bien vous vous gourez!


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