Accueil
Envoyer à un ami
Imprimer
Grand
Petit
Partager
ACTUALITES

« Des mondes oubliés », voyage dessiné sur le lac Tchad


- 16 Mai 2017 modifié le 16 Mai 2017 - 21:57

CRITIQUE DE LIVRE. Dans un ouvrage scientifique aux allures de bandes dessinées, Christian Seignobos fait découvrir la région du lac Tchad dans toute sa beauté et sa réalité.


par Denis Sergent

• « Des mondes oubliés. Carnets d’Afrique » de Christian Seignobos, IRD/Parenthèses, 310 pages, 38 €. Géographe tropical, comme il se présente, ou bien agronome, sociologue, anthropologue, économiste, « développementiste »… Au travers de cet ouvrage, Christian Seignobos est un peu tout cela. Fort de ses cinquante ans passés dans la région du lac Tchad, elle-même point de rencontre du Tchad, du Niger, du Nigeria, du Cameroun et de la République centrafricaine, il nous emmène, à l’instar des grands voyageurs, à la découverte d’une zone à la fois historique, culturelle, pluriethnique, et vitale pour l’économie de la population. Des dessins beaux et très détaillés Ce livre très original s’appuie autant sur le dessin que sur les textes (dont des articles qu’il a publiés dans des revues scientifiques), comme ont pu le faire Théodore Monod, Paul-Émile Victor ou même Titouan Lamazou. Des dessins très détaillés, parfois accompagnés de petites indications, à la fois beaux et hyperréalistes, ressemblant aux bandes dessinées, scientifiques et humoristiques. Une compétence rare aujourd’hui qu’il a eu du mal à faire passer en tant que chercheur. Les thèmes traités ? Les paysages agraires, les architectures, l’agriculture, l’élevage, les métiers de l’eau, les traditions (chasse, simulacre de guerre, ce que l’auteur appelle « les mondes oubliés »), la faune sauvage et enfin l’actualité avec le terrorisme de Boko Haram (venu du Nigeria) ainsi qu’une réflexion sur le rôle et l’efficacité de l’aide au développement, notamment française, aujourd’hui en Afrique. Éclectique, curieux de tout, boulimique même, le chercheur-dessinateur, adepte d’un langage châtié, nous invite à un agréable voyage, à la fois esthétique et érudit, sans succomber à la nostalgie ou au paternalisme. La Croix Lire aussi : Au lac Tchad, Boko Haram sème l’effroi