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AFRIQUE

Développement économique en Afrique : Le tourisme au service d’une croissance transformatrice et inclusive


Alwihda Info | Par unctad - 7 Juillet 2017 modifié le 7 Juillet 2017 - 01:15

Rapport 2017 de la CNUCED sur le développement économique en Afrique : Le tourisme au service d’une croissance transformatrice et inclusive


Développement économique en Afrique : Le tourisme au service d’une croissance transformatrice et inclusive

Le secteur du tourisme en Afrique : quelques données

• Depuis 1995, le secteur du tourisme s’est fortement développé ; en effet, le nombre d’arrivées de touristes sur le continent a doublé, passant de 24 millions en 1995-1998 à 48 millions en 2005-2008 et atteignant 56 millions en 2011-2014.
• Les recettes d’exportation du tourisme, qui comprennent les dépenses de tourisme récepteur et les services de transport international de voyageurs, ont également enregistré une forte croissance. Elles ont plus que triplé, passant de 14 milliards de dollars en 1995 1998 à 41 milliards de dollars en 2005 2008, avant d’atteindre 47 milliards de dollars en 2011 2014. En outre, les recettes d’exportation du tourisme par arrivée de touriste international ont augmenté, passant d’une moyenne de 580 dollars en 1995 1998 à 850 dollars en 2005 2008, et sont demeurées inchangées en 2011-2014.
• Entre 1995 et 2014, les pays où les recettes d’exportation du tourisme ont le plus augmenté chaque année étaient l’Angola (26 %), Cabo Verde (18 %) et le Ghana (18 %).
• Le secteur touristique africain s’est fortement développé, puisque les recettes sont passées de 6 % en 1995-1998 à 13 % en 2005-2008, bien que celles-ci aient été caractérisées par une plus grande instabilité après la crise financière mondiale (2008/09). Les recettes d’exportation du tourisme ont atteint un niveau record en 2012 et semblent plus résilientes aux chocs que d’autres flux financiers tels que l’investissement étranger direct ou les envois de fonds.
• Pendant la période 2011 2014, l’Égypte (9,9 millions), le Maroc (9,8 millions), l’Afrique du Sud (9,2 millions) et la Tunisie (6,8 millions) ont enregistré, en moyenne, les arrivées de touristes internationaux les plus nombreuses. Ces quatre pays ont accueilli 64 % de l’ensemble des arrivées de touristes internationaux en Afrique pendant la période 2011 2014, ce qui témoigne du degré élevé de concentration des arrivées.
• En 2015, le Maroc a été le seul pays africain à recevoir plus de 10 millions de touristes internationaux.
• En 2015, l’Afrique a accueilli 4,4 % des arrivées mondiales de touristes et a bénéficié de 2,3 % des recettes touristiques mondiales1.
• En 2011-2014, l’Afrique du Nord était la principale destination touristique du continent ; elle a enregistré le plus grand nombre d’arrivées de touristes internationaux et la plus grande part de ces arrivées (47 %), suivie par l’Afrique australe (22 %) et l’Afrique de l’Est (20 %).
• La Communauté d’Afrique de l’Est et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale sont les communautés économiques régionales qui ont affiché les taux de croissance des arrivées les plus élevés en 1995–2014, (8 % par an). 
• Le nombre d’arrivées de touristes sur le continent devrait croître de 5 % par an entre 2010 et 2030 pour atteindre 134 millions d’ici à 2030.
• En Afrique, les touristes internes devraient devenir beaucoup plus nombreux que les touristes internationaux, comme cela est observé à l’échelle mondiale.

Contribution du tourisme à la croissance économique

• La contribution totale du tourisme au produit intérieur brut (PIB) de l’Afrique, qui comprend les contributions directes et les effets indirects2 , est passée en moyenne de 69 milliards de dollars en 1995 1998 à 166 milliards de dollars en 2011 2014, soit de 6,8 % à 8,5 % du PIB. La contribution du tourisme au PIB a augmenté, mais elle est toujours inférieure à la moyenne mondiale (10 % du PIB).
• La contribution directe du tourisme au PIB mesure avant tout l’activité économique des hôtels, des agences de voyage, des compagnies aériennes et des autres services de transport de passagers, des restaurants ainsi que des activités connexes de loisirs. La contribution directe du tourisme au PIB de l’Afrique s’est établie à 30 milliards de dollars en 1995 1998 (2,9 % du PIB réel) et a augmenté pour atteindre 70 milliards de dollars en 2011 2014 (3,5 % du PIB réel).
• En 2015, la contribution directe du tourisme au PIB de l’Afrique s’est élevée à 73 milliards de dollars, et elle devrait s’établir à 121 milliards de dollars d’ici à 2026. La contribution directe du tourisme au PIB réel a progressé en moyenne annuelle de 2,6 % en 2011 2014.
• En 2011 2014, le secteur touristique a attiré 26 milliards de dollars d’investissements en moyenne (1,8 % du PIB) ; leur montant a augmenté pour atteindre une trentaine de milliards de dollars en 2016.

Le tourisme est un moteur de la croissance dans les petits États insulaires en développement 

• Le tourisme est un secteur clef dans les petits États insulaires en développement (PEID) d’Afrique. En fait, les trois pays où le tourisme contribue le plus au PIB sont tous des PIED ; il s’agit des Seychelles (62 %), de Cabo Verde (43 %) et de Maurice (27 %).
• Ces pays, qui sont pour la plupart relativement petits, comptent également parmi les plus dépendants des exportations de services.

 
Tourisme et commerce international des services

• La part des services dans le PIB de l’Afrique s’établissait à 50,5 % en moyenne en 2011 2014, faisant de ce secteur celui dont la contribution à la production est la plus importante.
• En 2011 2014, les recettes d’exportation du tourisme ont représenté 46 % des exportations de services et 7 % des exportations totales. Toutefois, en 2005-2008, elles correspondaient à 53 % des exportations de services.
• En 1995-2014, les recettes d’exportation du tourisme ont fortement progressé (+8,9 % par an) et les exportations de services se sont accrues de 8,3 % par an.

Tourisme et emploi

• La contribution totale du tourisme à l’emploi est de plus de 21 millions d’emplois sur la période 2011 2014, soit près d’un emploi sur 14 à l’échelle du continent (7,1 % de l’emploi total). Il s’agit d’un nombre considérable d’emplois qui représente une part certes importante, mais inférieure à la moyenne mondiale (un emploi sur 11 a été créé par le tourisme).
• Le tourisme employait directement plus de 8,8 millions de personnes. Selon les prévisions, le nombre de salariés devrait atteindre 11,7 millions, en hausse de 2,5 %, entre 2016 et 2026.
• Les destinations dans lesquelles le nombre d’emplois dans le tourisme a enregistré la plus forte hausse entre 2013 et 2014 étaient l’Égypte (+89 000), Madagascar (+84 000), le Nigéria (+79 000) et l’Afrique du Sud (+59 000).
 
Tourisme et égalité des sexes

• Au niveau mondial, les femmes représentent entre 60 et 70 % de la main-d’œuvre du secteur, dont la moitié est âgée de 25 ans ou moins.
• C’est également le cas en Afrique, où 47 % des employés des hôtels et des restaurants sont des femmes ; au niveau des postes de direction, le secteur africain du tourisme compte davantage d’employeuses (31 %) que n’importe quel autre secteur (21 %).
 
 Renforcer les liens intersectoriels et lutter contre les fuites

• Si on le compare à celui de la Tunisie, de l’Indonésie et de la Thaïlande, le degré élevé de fuites de recettes affiché par l’Afrique du Sud est frappant. Dans ce pays, les sources étrangères de valeur ajoutée représentent près de la moitié de la demande finale des hôtels et des restaurants (considérés comme représentatifs du secteur du tourisme), contre 20 à 25 % dans les trois pays choisis à des fins de comparaison.

Tourisme intrarégional en Afrique

• Sur 10 touristes internationaux entrés en Afrique, quatre sont originaires du continent, et cette part est en hausse (34,4 % en 2010 contre 40,3 % en 2013).
• Bien qu’en hausse, cette part est toujours inférieure à la moyenne mondiale. Au niveau mondial, près de quatre touristes internationaux sur cinq sont originaires de la même région, ce qui laisse penser qu’en Afrique, cette part devrait continuer d’augmenter.
• En Afrique du Nord, deux touristes internationaux sur 10 sont africains ; en Afrique subsaharienne, ce sont deux touristes internationaux sur trois qui sont originaires du continent. Ces flux sont en constante augmentation dans les deux sous-régions.
• Le tourisme intrarégional (c’est-à-dire le tourisme au sein des communautés économiques régionales) est important, en particulier dans la Communauté de développement de l’Afrique australe, où les touristes originaires d’États membres de la Communauté comptent pour environ 64 % du total des arrivées de touristes internationaux, et la Communauté d’Afrique de l’Est, où 33 % des touristes internationaux sont issus de la Communauté. Entre 2010 et 2013, cette part est restée stable dans la Communauté de développement de l’Afrique australe, mais elle a augmenté dans la Communauté d’Afrique de l’Est, l’Union du Maghreb arabe et le Marché commun de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe.
• Si 12 pays africains appliquaient la Décision de Yamoussoukro de 1999, la libéralisation de l’espace aérien africain pourrait créer 155 000 emplois, entraîner une augmentation du nombre de passagers de près de 5 millions, contribuer à hauteur de presque 1,3 milliard de dollars au PIB du continent et se traduire par un gain de 1 milliard de dollars pour les consommateurs.

Tourisme et objectifs sectoriels de l’Union africaine

• Le premier plan décennal de mise en œuvre 2014-2023 de l’Agenda 2063 prévoit l’application intégrale d’une stratégie africaine pour le tourisme et la création d’une organisation africaine du tourisme et fixe comme objectif le doublement au moins de la contribution du tourisme au PIB réel entre 2014 et 2023.
• Étant donné que la contribution totale du tourisme au PIB est passée de 6,1 % en 1995 à 8,3 % en 2015, après avoir atteint un record à 9,9 % en 2007, il sera difficile d’atteindre l’objectif fixé d’ici à 2023. En effet, pour y parvenir, il faudrait que le secteur connaisse une croissance beaucoup plus rapide que celle du PIB et plus forte que celle enregistrée depuis la crise financière mondiale, ce qui signifie que l’Afrique devrait continuer d’accroître ses investissements dans le tourisme.

Le tourisme au service de la promotion de la transformation structurelle

En raison de sa nature intersectorielle, le tourisme peut contribuer à la promotion de la transformation structurelle en Afrique :

• Le tourisme peut être un moteur essentiel de la croissance inclusive, de la création d’emplois et de richesse grâce au commerce des biens et des services et au renforcement des liens intersectoriels.
• Le tourisme peut favoriser une plus grande diversification de l’économie et le développement des entreprises, ce qui peut accroître la résilience aux chocs économiques extérieurs.
• Les pays africains peuvent mettre en œuvre des plans nationaux à long terme visant à diversifier l’économie, qui intègrent le tourisme, dans le cadre de la transformation structurelle de l’économie.
• Les pays africains peuvent réduire ou supprimer les formalités de visa afin d’approfondir l’intégration régionale.
• Les communautés économiques régionales devraient redoubler d’efforts pour commercialiser, monter et promouvoir en commun des attractions transfrontalières.
• Les communautés économiques régionales doivent s’appuyer sur les efforts faits pour élaborer des projets conjoints de développement des infrastructures et d’investissement, par exemple en favorisant les investissements transfrontaliers dans les hôtels, les aéroports et les routes. À l’échelle nationale, elles doivent associer différentes parties prenantes au renforcement des capacités des acteurs du tourisme (objectifs de développement durable 8, 12, 14 et 17).
• L’Afrique doit optimiser le rôle du tourisme en tant que moteur et catalyseur de l’intégration régionale et de la croissance inclusive, en renforçant la coopération régionale.




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