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Djibouti/Les crimes de la dictature clanique : 17 juillet 1994, l'attentat sanglant du quartier sept bis


Alwihda Info | Par Mouvement patriotique "IOG doit partir" - 9 Juillet 2016 modifié le 9 Juillet 2016 - 23:07


A l'heure où les amoureux djiboutiens du football piaffent d'impatience afin de suivre la finale de la coupe d’Europe des nations 2016, il nous semblé important de rappeler un acte terroriste qui a endeuillé le pays. Il y a vingt-deux ans, au soir du 17 juillet 1994, un odieux attentat a frappé un quartier populaire de la capitale, le quartier sept bis ou Kartileh. En effet, des paisibles kartoniens qui regardaient la finale de la coupe du monde de 1994 opposant le Brésil à l'Italie, un mondial qui se déroulait pour la première fois sur le sol américain, ont été canardé par un commando circulant à bord d'un mini-bus. Des escadrons de la mort armés jusqu'aux dents ont lancé des grenades, certains parlent également d'une fusillade, contre des gens qui suivaient le match de football en plein air devant une supérette du quartier sept bis. L'attentat a été sanglant : on a comptabilisé pas moins de cinq morts et plusieurs dizaines de blessés. Une fois commis leur forfait, le commando s'est enfui à bord de leur mini-bus. Certains téléspectateurs de l’événement sportif ont tout de même réussi à identifier un des assaillants. Il serait un proche d'Ismail Omar guelleh. 22 ans après cet attentat meurtrier, ni auteurs ni commanditaires ne sont arrêtés et les malheureuses victimes attendent toujours d'être dédommagées. Nous avons eu la chance de rencontrer un rescapé de cet attentat qui a heureusement eu la vie sauve. La quarantaine révolue, mince au visage rabougri dont les traits laissent deviner une grande détresse. Un homme au regard fuyant et très taciturne avec une légère tendance paranoïaque. Nous avons échangé quelques mots avec lui : il nous a affirmé qu'il se trouvait le jour « fatidique » (c'est son mot) devant l’épicerie du quartier sept bis et qu'il n'arrive toujours pas à oublier complètement cet événement tragique. En plus de la grenade, il a crû entendre une fusillade, les bruits de balles. En fait, il n'est tout à fait sûr. Cet homme nous a semblé souffrir du traumatisme post-attentat. Est-il possible d'avoir des séquelles psychiques plus de deux décennies après un attentat ? Oui si l'on croit les spécialistes, l’état de stress post-traumatique demeure jusqu'à ce que la victime en soit soignée. Un spécialiste interrogé par le journal français Le Monde a donné plus de précisions : « Le principal symptôme de l’état de stress post-traumatique consiste en la reviviscence de l’événement traumatisant, de certaines perceptions intervenues durant la scène traumatique. Cela peut être des flash-back, des sons (bruits, cris, rafales), des odeurs (de sang, de poudre)… une impression sensorielle qui revient sans cesse et qui provoque la même détresse qu’au moment de l’événement ». Le moins que l'on puisse dire est que notre témoin n'a bénéficié d'aucun soutien, ni moral encore moins médical. Pour oublier ce douloureux souvenir, notre rescapé cherche du réconfort dans la maudite plante éthiopienne, le khat. A défaut d'une prise en charge médicale, les victimes de la dictature clanique se soignent avec les moyens du bord. Triste réalité !
L'attentat du quartier sept bis complète la longue liste d'actes terroristes non élucidés ou d'affaires délibérément mises sous le boisseau. En dehors des crimes à l'encontre des Djiboutiens qui sont indénombrables, citons les bars à bombes c'est à dire les attentats qui se sont produits à intervalles réguliers dans des cafés de la capitale. Leur point commun : jamais élucidés. Djibouti a fait l’objet d’au moins quatre attentats meurtriers. Tous ces attentats ont été perpétrés contre des endroits fréquentés par des occidentaux. Le premier du genre a eu lieu à l’aube de notre indépendance, le 15 décembre 1977. Il a visé le célèbre café « Le Palmier en zinc », à l’emplacement de l’immeuble appartenant au tandem Général Meydal/feu Ismail Guédi Hared et portant le même nom. C’était un café où les militaires avaient l’habitude de se retrouver. L’attentat avait fait 6 morts dont 4 Français et une trentaine de blessés. Dix ans plus tard, un attentat similaire a eu lieu à la même place de l’indépendance, le 18 mars 1987. Cette fois-ci, c’est le café-restaurant L’Historil qui a été visé. Un lieu tenu par un ami de Guelleh, un certain Alain Romani. Un type pas fréquentable du tout, soupçonné appartenir à la mafia corse et mêlé à l’affaire Borrel. L’attentat qui a fait 15 morts dont 5 Français est attribué à un lampiste de nationalité non pas tunisienne comme nous l’a présenté le régime de Gouled mais libanaise, un dénommé Adouani Hamouda Hassan. Il sera condamné à la peine capitale, une peine de mort finalement commuée en prison à perpétuité avant d’être gracié par son ami Guelleh. Le troisième attentat a eu lieu le 27 septembre 1990 et a visé le café de Paris, attentat qui avait fait deux morts et dix-sept blessés. Le dernier en date est celui perpétré contre le restaurant/bar « la chaumière » il y a deux ans (plus de détails, lire notre article sur l'implication d'IOG dans cet attentat). Un sinistre “revival”!
Qui a commis cet attentat du quartier sept bis? Et dans quel but ? Ne cherchez pas midi à quatorze, cet acte terroriste porte la griffe de l'officine barbouzarde dirigée par IOG. Il faut savoir que ce dernier était à l'époque le puissant chef du service de documentation et de sécurité, plus connu sous l'acronyme SDS. Les escadrons de la mort qui ont massacré les nôtres ce jour-là agissaient donc sur ordre de Guelleh, avec bien entendu l'assentiment du vieux tyran Gouled. D'où la non-élucidation de ce crime délibéré. Cet attentat sanglant s'inscrit dans le cadre d'une stratégie de la terreur mise en place par le tandem Gouled/Guelleh. L'objectif de cette funeste stratégie était clair : instiller la peur au sein de la population, créer un sentiment de défaite et neutraliser la capacité de révolte du peuple. Ce tandem de malheur a copié la stratégie du DERG éthiopien, la terreur rouge. Gouled et son neveu Guelleh ont sienne le slogan de Mengistu « Qey shibir yefafame » que l'on peut traduire par « Intensifions la terreur rouge ». Soulignons que Guelleh entretenait des relations spéciales avec les renseignements éthiopiens.
L'attentat du 17 juillet 1994 contre les habitants du quartier sept bis relève de ce que l'on appelle communément le terrorisme d'État, un terrorisme usité par les états voyous. Ce type de terrorisme consiste en l'utilisation de la terreur exercée sur son propre peuple. Le tandem Gouled/Guelleh a érigé le terrorisme d'état comme méthode de gouvernement, a régné par « la force et la terreur ». Et ce dans le seul but de rester au pouvoir ad vitam æternam.
A défaut d'une organisation d'un « Nuremberg djiboutien » (où l'on pourra juger tous ceux qui ont martyrisé la population djiboutienne), un devoir de mémoire nous incombe à tous: ne jamais oublier les martyrs du quartier sept bis et toutes le victimes de Gouled/guelleh. Le dictateur terroriste Guelleh doit partir, maintenant.



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