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REACTION

Djibouti : Les manoeuvres dilatoires d’un régime agonisant


Alwihda Info | Par Mohamed Qayaad - 1 Août 2015 modifié le 1 Janvier 1970


Je persiste qu'il est impossible de dialoguer avec la dictature tribale en place à Djibouti pour la simple raison que notre pays n'est pas encore un Etat de Droit. Tant qu'il n'existe aucune garantie sur les négociations UMP/USN, le risqué est plus que grand. En d'autres termes, vous risquez de vous faire manipuler par la mafia locale. Elle est constituée par la clique du Régime en place et ce avec la bénédiction du parrain en Chef IOG.

Cependant, force est de constater qu’il y a la lettre d'IOG (28/07/2015) et la réalité de ses actes. On observe un grand écart permanent entre les deux. L’origine de cette gymnastique tient davantage du développement de relations « mafieuses » qu'il entretient avec ses sbires.

Le régime aux abois appelle l’opposition à un dialogue franc pour construire le pays ensemble. Je me pose la question suivante: A quoi joue -t-il IOG?

Mais quand on se noie, n’est-on pas prêt à s’accrocher au besoin à la queue secourable d’un serpent?

Dans son monde où la brutalité a pris le dessus sur la tendresse, où la haine a supplanté l’amour, où la voracité, la cupidité, l’avidité, la rapine ont détrôné le partage et la solidarité.

Sa lettre ne s'attaque pas aux principles fondateurs du clientélisme, du népotisme qui règne dans le pays et les injustices de tout genre, de la corruption institutionnalisée et, qui ne fournit aucun effort de démocratisation du système politique.

Elle présente des préjugés sur les opposants djiboutiens comme s’il s’agissait de « vérités » prouvées. Cela n'en reste pas moins une profonde imposture.

À mon sens, la différence dans l'appréciation ne change rien à la nature stéréotypée de ces affirmations. Qu'il s'agisse de stéréotypes positifs ou négatifs, ce ne sont au fond que des généralisations abusives qui ne sont basées que sur une appréciation subjective et une ignorance inavouée. Pareilles généralisations ne font au mieux que participer, souvent inconsciemment, à la propagation d'idées reçues, de préjugés, de clichés, et de stéréotypes hérités du sombre passé de l'humanité. Et ce sont définitivement ces idées qui constituent la base de tout comportement xénophobe et tout acte raciste.

Cette lettre veut réduire Djibouti à une guerre des tribus.UMP contre USN.

La portée subversive (sic) de sa lettre résiderait en partie dans sa capacité à fournir un argument supplémentaire pour parfaire le mythe de l’opposant barbare, se situant ainsi à l’avant-garde de l’offensive dirigée contre cet Autre-là ! Le dictateur s'est-il transformé pour l'occasion en bien curieux apôtre de la bonne parole?

Comme il est illusoire de mettre en avant des acquis sociaux formels pour plaider la fausse modernité d’une dictature qui ne reconnaît encore à son peuple aucun respect à l’intégrité physique ni de la vie privée.

Car c'est un leurre que de chercher la relance économique sans réaliser avant tout le consensus national, la sécurité pour tous.

Sa lettre est une croyance fausse et trompeuse. Serait illusoire ce qui ne correspond pas à la réalité d'un contexte ou d'une situation donnée. Il faut en effet envisager l'illusion à l'aune du critère de réalité plus que de vérité. Il est le contraire de la vérité - à savoir le mensonge, lequel peut-être corrigé dès lors qu'on en a pris conscience. Le mensonge persiste, puisqu'il masque ce qui est conçu, préalablement à travers un système de croyances ou de valeurs, comme réel. Si nous définissons temporairement le contexte comme l'ensemble de paramètres qui rendent possible une action, nous pouvons aussi le caractériser par l'indiscernabilité entre le réel et l'illusoire, le faisable et l'utopique, l'objectif et le subjectif, le mythe et la réalité, l'adoration et l'exécration.

Le dictateur IOG ne s’efforce pas dans le même temps d’en réveler les effets néfastes, qu’il en passe par la lettre pour en montrer les limites et les dangers.

Une grande partie de ses discours politiques est en consequence perçue comme sans portée réelle, comme irresponsable. La politique n’est plus seulement une politique spectacle qui met en scène les joutes politiques et présente les orientations comme des marchandises, elle devient une politique des simulacres, simulacres d’orientations, simulacres d’engagements, simulacres de spectacle.

Contrairement à ce qu’il veuille faire croire, la dictature n’a jamais eu – et ne peut jamais – avoir le moindre crédit populaire.

Les choix économiques ont été et restent un désastre de corruption, de misère, de maladies et de calamités les plus diverses.

Les choix dans les formations ont fini par donner les résultats non moins désastreux.

Tout le système est corrompu dans tous ses interstices.

Quant aux choix extérieurs, la dictature a fait aussi les choix, qui complémentent son mépris total aux sensibilités populaires. Particulièrement en se moquant éperdument des fondements identitaires de notre peuple.Et en parlant des fondements identitaires il ne parle de questions d’esthétique, mais de bases sans lesquelles la société ne fonctionnera jamais.

Assimilé au jeu, au simulacre, ou au mirage, il ferait donc office de pendant " négatif " non seulement du " réel " mais aussi de la " vérité ".

Mais, il suffit de voir comment est traitée la question de « l’accord cadre » pour mesurer le décalage entre le discours médiatique et la réalité du phénomène. On est dans la démesure en permanence. Pire encore: l'autisme est érigé en système de pensée.

Ne laissons pas les dirigeants meurtriers y échapper !Sommes nous prêts à ne pas accorder la moindre trêve à ces meurtriers !

Voulons-nous jouir de la liberté, ou bien allons-nous continuer à subir l’exploitation? Le tout va dépendre du choix du peuple djiboutien.

Mohamed Qayaad


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