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Djibouti: Qui est Abdi Youssouf Sougueh aka Qaaliyee, le ministricule ridiculisé dans l’affaire de la RTD ?


Alwihda Info | Par Mouvement patriotique "IOG doit partir" - 19 Août 2016 modifié le 19 Août 2016 - 06:06


Dans l’affaire du chassé-croisé à la tête de la RTD, celui qui a avalé le plus des couleuvres est sans conteste le ministricule Abdi Youssouf Sougueh. Et pour cause, il a accepté d’endosser sans broncher le rôle ingrat de courroie de transmission de l’oukase de haramous, à savoir le ridicule chassé-croisé à la tête de la RTD. Nous ignorons si les couleuvres avalés avaient du bon goût pour l’obligé sus-cité mais ce dont nous sommes sûrs ce qu’il sera dorénavant obligé de se coltiner un dirlo indiscipliné. Et ce jusqu’au prochain ordre émanant de Beit-el-wali. Faire subir des affronts à ses captifs ministres, les humilier en permanence est la marque de fabrique de la dictature de Guelleh/Khadra. Brimades, humiliations, violences verbales (parfois physiques) sont le lot quotidien des ministricules Djiboutiens. Au-delà d’instiller la peur, IOG fait subir ces actes avilissants à ses obligés juste pour le plaisir d’humilier. Il est sidérant de noter que les victimes deviennent par la force des choses consentantes et préfèrent subir les foudres de leur tortionnaire plutôt que de perdre leur strapontin.
L’humiliation à l’encontre du dénommé Abdi Youssouf lors de cette affaire de la RTD complète la longue liste de frasques du couple présidentiel qui a érigé l’avilissement en mode de gouvernance. Qui est ce personnage sans dignité? D’où vient-il et comment a-t-il été coopté ?
Il est né en 1973 à Ali-sabieh, chef-lieu du district portant le même nom. Élève moyen, il a obtenu laborieusement un baccalauréat technologique en 1995. Ce qui lui a permis de suivre les enseignements du BTS gestion PEM/PMI dispensés au lycée de Djibouti. En juillet 1997, il est embauché au Trésor national grâce au coup de piston de son oncle et okal général Omar Arreh Addeh (AUN). Il végète pendant plusieurs années au sein de cet établissement avant d’être bombardé en mai 2005 chef de service du recouvrement, poste obtenu par le biais d’une voie « sinueuse ». Aussitôt nommé aussitôt débarqué de ce poste, pour incompétence murmure-t-on. Après un court séjour à Kartoum comme payeur à l’ambassade de Djibouti, entre mai 2005 et janvier 2006, retour dans la ville qui la vit naître. Il est détaché au service de la compatibilité du district d’Ali-sabieh, comme payeur de cette région (entre février 2006 et septembre 2010). Et c’est dans sa ville natale qu’il met en pratique ce qui deviendra sa marque de fabrique, « le vol à la souris ». Pas le mouse jacking, la technique de vol de voitures par piratage informatique mais une technique de haut vol qui consiste à ponctionner dans les caisses sans éveiller les soupçons. Du vol à petite dose ou en surfacturant les dépenses publiques. Ces faits nous ont été rapportés par un commerçant de la ville d’Ali-sabieh et un ancien collègue qui a travaillé à ses côtés. Illustration de cette technique: pour récupérer son dû, le commerçant était sommé de gonfler sa facture afin de permettre au payeur de se servir au passage. A moins d’un vrai audit sur le budget, il est difficile de détecter ces manœuvres frauduleuses. Si Abdi Youssouf a longtemps sévi au district d’Ali-sabieh sans être inquiété, il sera heureusement pris les doigts dans les pots de confiture lors du retentissant scandale du « projet sida ». C’était la période où il officiait comme agent comptable du projet sida. Dans un rapport d’audit, le fonds mondial contre le sida a mis à jour un énorme détournement des fonds alloués à la lutte contre la pandémie du siècle qu’est le sida. Le rapport d'audit en question expose les résultats des travaux d’enquête de l’Unité des enquêtes du Bureau de l’Inspecteur général du Fonds mondial sur les subventions de cet organisme à Djibouti. Le rapport a été rendu public en octobre 2012. Le montant du détournement est tout simplement effarant. L'enquête a révélé que « sur les 23,1 millions USD décaissés au titre de ces subventions à juin 2012, 8,2 millions USD (soit environ 35 %) n’étaient pas utilisés conformément aux dispositions de l’accord de subvention et étaient employés en infraction de celui-ci. Sur ce montant, 755 553 USD étaient liés à des transactions constituant des fraudes, des détournements et des abus, 2,45 millions USD étaient liés à des dépenses non recevables, 115 000 USD concernaient des virements inappropriés de fonds de subvention sur un compte bancaire non autorisé et des dépenses supplémentaires de 5,4 millions USD n’étaient accompagnées d’aucun justificatif ou étaient assorties de justificatifs insuffisants ». Le rapport établit donc que 1 540 357 790 francs Djibouti, ont été détournés par les autorités djiboutiennes, soit plus du tiers des subventions allouées. Si le gros du détournement massif a atterri dans les poches du couple présidentiel et dans une moindre mesure dans celles du ministre de la santé de l’époque, le voleur patenté Abdallah Abdillahi Miguil, il serait étonnant que le sieur Abdo Youssouf n’ait pas pris sa part du gâteau. A Djibouti, même si le gros « casho » est réservé exclusivement au couple présidentiel, le système permet tout de même à ses obligés de grappiller les miettes. Nul doute que l’agent comptable du « projet sida » ait filouté de menus morceaux du fonds alloué à la lutte contre le sida, dans la limite autorisée par haramous. Le fonds mondial contre le sida, un organisme onusien, qui compte parmi les rares programmes qui permettent le contrôle de la circulation de l’argent alloué à la santé en Afrique a constaté des graves irrégularités dans la gestion du « projet sida ». Une gestion défaillante et calamiteuse. L’enquête diligentée par cet organisme onusien a révélé des nombreux actes frauduleux tels la corruption, la collusion et la fraude. Dans un souci d’explication, il convient de rappeler les missions essentielles de l’agent comptable. Les missions de ce dernier sont clairement spécifiées dans les textes : on peut citer entre autres la tenue de la comptabilité, les opérations de trésorerie, l’encaissement des recettes, le paiement des dépenses, les communications financières et comptables ou encore la conservation des pièces justificatives. Le moins que l’on puisse dire que l’agent comptable Abdi Youssouf alias Qaaliyee n’a pas été à la hauteur comme l’atteste le rapport d’audit du fonds mondial contre le sida. « Les normes de gestion et de conservation des documents ont été peu strictes pendant la durée de vie de ces subventions. En fait, du fait des travaux du BIG, l’enquête à découvert que plus de 5,4 millions USD de dépenses imputées sur des subventions n’étaient pas correctement justifiées par des documents appropriés. », souligne-t-on dans le rapport. Parmi les nombreuses carences constatées dans la gestion du fonds, citons celles qui concernent directement notre homme : des lacunes dans la gestion des comptes bancaires et des espèces, des procédures de rapprochement bancaire inadéquates, un mauvais contrôle du budget et des carences dans les processus de gestion des ressources humaines et de la paie, comme l’incapacité de rapprocher les registres de paie et d’effectuer le versement des salaires en temps voulu.
Bref, Abdi Youssouf Sougueh a été un piètre agent comptable, de surcroît trempé jusqu’au cou dans une vaste escroquerie de détournement des fonds alloués à la lutte contre le sida. A la place d’une sanction méritée, sa gestion calamiteuse du « projet sida » lui a au contraire permis d’attirer les sympathies du couple présidentiel. En effet, c’est partir de l’affaire dite du sida qu’il a tapé dans l’œil de haramous et qu’il a gagné ses premiers galons de petit agent du système. En guise de récompense, Abdi Youssouf intègre le comité de la compagne électorale d’IOG pour la région assajog en 2011. Et quatre ans plus tard, il devient membre du comité central du RPP, en août 2015.
Parmi ses autres faits d’armes, Abdi Youssouf faisait partie de la petite nébuleuse qui mouchardait pour le régime. Lui et ses acolytes (parmi lesquels Hassan Idriss Samrieh, actuel ministre du travail, ou Omar Ahmed Wais, un proche du vieux Johar et président du conseil régional d’Ali-sabieh) renseignaient Hassan Modobé de la SDS sur les faits et gestes des opposants ou des simples assajogs. Un dicton populaire dit « l’habit ne fait pas le moine ». En public, Abdi Youssouf soigne son apparence pour apparaître aux yeux des gens comme un homme simple et sans histoire. Double visage. Il fait tout pour masquer son visage de félon, notamment en exhibant à toute heure et en toutes circonstances ses dents de bonheur.
Avant de conclure, il est important de s’arrêter un tout petit peu sur le surnom de ce gus, “qaaliyee”. Wax qaali ka dhigid est la signification exacte du surnom en somali, c’est-à-dire celui qui augmente le prix. Ce surnom lui a été donné lorsqu’il s’occupait de la boutique familiale à Ali-sabieh car, dit-on, il avait tendance à augmenter le prix des produits. Ceci explique peut-être cela.
Le 12 mai 2016, Qaaliyee a été nommé par le tyran Guelleh ministre de la communication, chargé des postes et des télécommunications, coiffant au passage sur le poteau tous les autres contribules qui remuaient ciel et terre pour décrocher le sésame (les Ali sheraton ou autres Qadiro). Un certain Mohamed gorille, autre contribule du ministricule, cherche toujours à comprendre comment le sieur Qaaliyee lui a chipé le strapontin qu’il convoitait. Après le coup de massue de la nomination de ce dernier, Gorille s’est laissé aller à quelques confidences sur la cooptation de Qaaliyee. Il a en substance déclaré ceci: “normalement, ce poste devait me revenir de droit. Je n’arrive toujours pas à expliquer comment Papa IOG ait choisi un soi-disant illustre inconnu du bataillon pour représenter notre sous-clan. Je crois que ce Qaaliyee a tout simplement rendu des bons et loyaux services bien plus spectaculaires que les miens. Pourtant, tout Djibouti est témoin que je me suis sacrifié pour faire élire le président Guelleh et permettre ainsi la pérennité du pouvoir de mes deux parents IOG/Khadra. Je suis même allé jusqu’à insulter le cheickh Bashir. En vain. Je dis chapeau Qaaliyee”.



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