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COMMUNIQUE

Djibouti: diabolisation du FRUD et la criminalisation des actions de l'USN


- 1 Mars 2014 modifié le 1 Mars 2014 - 17:54

Toutes les manifestations pacifiques pour protester contre les fraudes massives ont été interdites et dispersées d'une manière violente. Sept manifestants ont été tués par les forces de l'ordre entre les 25 et 27 février selon les organisations des droits humains la LDDH dirigé par Omar Ali Ewado et la FIDH


Depuis le 22 février 2013  date à laquelle le chef de l’État, le parti unique de fait , le RPP qui domine la vie politique de ce pays depuis 1977,  ont subi un cuisant et humiliant défaite aux élections législatives, les actions pacifiques de la  coalition USN (formée de 7 partis politiques dont 3 sont légalisés) ont été réprimées férocement et criminalisées. 
Toutes les manifestations pacifiques   pour protester contre les fraudes massives ont été interdites et dispersées d'une manière violente. Sept  manifestants ont été tués par les forces de l'ordre  entre les 25 et 27 février selon les organisations des droits humains la LDDH dirigé par Omar Ali Ewado  et la FIDH. Les arrestations, les brutalités policières et  les tortures  sur les manifestants  se comptent en milliers. Il est très courant que de centaines de personnes soient entassées dans le centre de Nagad, et dans les locaux des commissariats , de la gendarmerie et du SDS pendant  de dizaines de jours en toute illégalité, où ils sont à la merci  des agents de l’État qui recourent systématiquement à torture. Plusieurs dizaines de personnes en portent les séquelles et certaines restent atrophiées à vie. Le jeune Sahal Ali  Youssouf est mort sous la torture le 7 juin 2013.
Les auteurs des tortures ne sont jamais inquiétés et  bénéficient de l'impunité totale, ce qui encouragent la poursuite de ces  pratiques barbares et inhumaines.
Plusieurs manifestants ou dirigeants  des partis de la coalition USN ont été arrêtés  et condamnés  par une justice aux ordres à de peine variant de 2 à 18 mois. Les cas les plus emblématiques  de la criminalisation de l'USN sont les condamnations à 18 mois de prison ferme   de 3  Oulémas, personnalités charismatiques membres de MODEL :  Abdourahman Souleiman  Bachir, Abdourahman  Barkat God et Guireh Meidal Guelleh à qui on reproche tout simplement d'avoir appeler à manifester contre les fraudes massives du scrutin législatif
Cette   action de criminaliser les forces politiques va de pair avec  la diabolisation de la résistance du FRUD.
Les représentants du pouvoir mènent une campagne de diabolisation du FRUD
Le FRUD est-il devenu à ce point menaçant?
Cette campagne  s'est amplifiée depuis  le 1er novembre à Obock où le premier ministre Abdoulkader Kamil accompagné  de 2 hauts dignitaires du régime: l’ancien ministre Ali Abdi Farah et proche de la 1ère dame, et Houssein Ali Gouled dit Sékou Touré (envoyé spécial d'Ismael Tané), a accusé la population de la région d’Obock, de soutenir les éléments armés du FRUD,  de les nourrir. Il a reconnu, que les restrictions alimentaires qui touchaient toute la région en dehors de la ville d’Obock,  n’étaient rien à côté des représailles que les habitants allaient subir  s’ils continuent d’appuyer les rebelles. Il a dit que le blocus alimentaire  sera draconien, les  écoles vont fermer et que l’Armée va assurer l’ordre et la sécurité. Il s’est rendu aussi dans la journée à Khor Angar (70 km d’Obock) où il a tenu le même discours de menace.
Le 8 novembre le 1er ministre à la tête d’une forte délégation gouvernementale dont le ministre de l’intérieur , s’est rendu à Tadjourah pour délivrer à peu prés le même message. Le ministre de l’intérieur Hassan Omar a accusé les combattants de FRUD d'être de mèche avec Al Shabab. Il a ajouté que depuis quelques temps des éléments armés perturbent notre stabilité dans notre région.
Le 1er ministre a stigmatisé les éléments armés, poseurs de mines et qui se déploient dans plusieurs zones et  qui ont pour mission d’empêcher la création du port de Tadjourah et la voie ferrée Tadjourah  Makalé (en Ethiopie auTigré).
Le 5 novembre  ce sont Le Préfet de Dikhil Mohamed Cheiko Hassan et le chef de l’Etat major de la Gendarmerie le colonel Zakaria Hassan Adan qui ont profité de l’inauguration d’ un poste de la gendarmerie à Gor’o Bus (100 km de Dikhil), pour diffuser le même message , en mettant l'accent sur la sauvegarde de la sécurité de la région,  et a demandé aux habitants de la région de lutter contre les extrémistes et tous les autres. qui déstabilisent la République de Djibouti.
Le colonel Zakaria a dit que la route Dikhil-Galafi n’est pas sécurisée, à cause des éléments armés qui viennent jusqu’à Yoboki, Allol,, Gaggadé  qui créent l’insécurité, qui taxent les clandestins éthiopiens et somaliens en partance vers la péninsule arabique et qui emmènent des jeunes vers Érythrée.
La réaction de  notables d'Obock  de Tadjourah et de Yoboki a été unanime , comment faire face  aux éléments armés  si l’État lui même est incapable d’assurer la paix.
Ils se demandent surtout  jusqu’où peuvent aller les représailles, d’ores et déjà ils subissent un blocus alimentaire, ces régions sont interdites d’ONG, Obock est dans l’obscurité et sans eau courante depuis juillet 2013. Ces régions sont dans une situation de quasi famine, le PAM  a été interdit de  fournir les aides alimentaires à ces habitants qui en ont pourtant un urgent besoin.
Cette diabolisation de la résistance s'illustre aussi  dans la manière de traiter le prisonnier du FRUD Mohamed Ahmed dit Jabha: qui n'est reconnu ni  comme un prisonnier politique, ni comme  un belligérant , mais comme un être  à qui  on dénie toute humanité qui a subi toutes les formes de torture, sans accès aux soins, ni à l'avocat, sans jugement depuis 4 ans et toujours harcelé par des policiers revanchards. Le traitement infligé aux habitants du Nord et du Sud ouest depuis 37 ans est d'une barbarie telle que l'écrivain Philippe Decreane l' a comparé à la manière dont  les chasseurs traitent les faunes sauvages
Ce sont ces pratiques  que la population a rejetées d'une manière  quasi unanime aussi bien en ville que dans les campagnes. C'est à la population aussi de trouver les ressources nécessaires en elle même pour une scénario de sortie de crise , en évitant le chaos à la somalienne et à la centrafricaine. 
Il est temps  aussi que les puissances  qui coopèrent avec cette bande au pouvoir prennent la mesure de la déliquescence  de ce petit pays et  à défaut de contribuer  à la sortie de crise, réfléchissent  à 2 fois avant  de poursuivre plus loin cette coopération. 
 


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