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Djibouti, pays indépendant ou colonie éthiopienne : comment le dictateur Guelleh a vendu notre pays à l’Éthiopie


Alwihda Info | Par Mouvement patriotique "IOG doit partir" - 31 Mars 2017 modifié le 31 Mars 2017 - 08:49


Djibouti, pays indépendant ou colonie éthiopienne : comment le dictateur Guelleh a vendu notre pays à l’Éthiopie
Il n'a échappé à personne que le journal « jeune à fric » a consacré sa Une au tyran Guelleh dans son édition n°2933 (édition de l’Afrique de l'est), du 26 mars au 1er avril 2017. Et dans les pages intérieures une longue interview dite exclusive très complaisante. Une sortie médiatique sans doute chèrement monnayée. Lire à ce propos notre article, disponible sur cette page facebook, qui explique comment « le despote Guelleh fait gueuletonner « Jeune à fric » sur le dos du peuple djiboutien ». Le deal entre le despote Guelleh et « jeune à fric » est très clair : « Passe-moi le fric, je te passe la brosse à reluire ». Un journalisme bassement mercantile qui contrevient à la déontologie de ce noble métier. Une dérive que le journaliste d'investigation français, Vincent Hugeux, a dénoncé dans son livre-enquête « les sorciers blancs : enquête sur les faux amis français de l’Afrique ». Il y a consacré tout un chapitre aux pratiques pour le moins mafieuses de ce journal, un chapitre intitulé « médias sans foi ni loi »: « Navire amiral de la flottille panafricaine, l’hebdomadaire Jeune Afrique, fondé en 1960, doit sa longévité à un pragmatisme commercial qui confine au cynisme. Car « JA » monnaie volontiers ses pages auprès des présidences. En contrepartie de l’achat d’espace publicitaire par les ministères ou les entreprises publiques, on obtient un cahier spécial à la tonalité bienveillante, voire un de ces longs entretiens censés asseoir votre stature d’homme d’État. En revanche, gare aux candidats qui ont l’outrecuidance de décliner « le plan de communication » qu’on a la bonté de leur offrir. Tout se paie, surtout quand on ne paie pas. A la clé, un singulier patchwork que le lecteur un tant soit peu initié ne parvient plus à lire au premier degré. Des reportages ou des analyses d’excellente tenue – pour un peu, on écrirait « de bonne facture – y côtoient des papiers flagorneurs et de portraits affligeants de déférence ».
Cela fait depuis belle lurette que ce torchon est perçu par les Djiboutiens comme le porte-voix appointé du sanguinaire Guelleh. A Djibouti, plus personne ne prête attention à la caisse de résonance du pouvoir en place ou n’accorde une once de crédibilité aux écrits de ce journal. Face à ce discrédit manifeste, la chaîne de propagande du couple présidentiel – la RTD (radio et télévision de Djibouti) – a été sollicitée pour assurer la promotion du dernier numéro de « jeune à fric ». Les journaux télévisés de la RTD ont consacré non pas un teasing mais de larges plages à l'interview dite exclusive de Guelleh dans les colonnes de son porte-voix appointé. Pas sûr que ce tapage médiatique ait pu convaincre grand monde.
Comme vous avez pu le constater, l'interview dite exclusive de Guelleh a été réalisée par l'inénarrable François Soudan, le directeur de la rédaction de « Jeune à fric ». Quand il ne publie pas une tribune laudative à la gloire de son ami Guelleh, il lui concocte une interview dite exclusive. Une brève présentation de ce journaliste s'impose. Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, l'homme n'est pas originaire du Soudan encore moins d'un autre pays africain. Il est bien né dans le nord de la France, en 1952. François Soudan est en effet un pur Ch'ti. Il est marié à une nièce du dictateur congolais Denis Sassou N’guesso, une certaine Arlette Nonault. Journaliste de formation, elle occupe actuellement le portefeuille du Tourisme et des Loisirs du pouvoir en place au Congo-Brazzaville. « Je vois en lui l'incarnation du talent dévoyé », avance une journaliste qui a travaillé à ses côtés avant de le dépeindre comme « un animal à sang froid, cynique et sans une once d'éthique » et qui « fait avec brio le sale boulot ». Pour savoir un peu plus sur le personnage, nous vous invitons à lire l'excellent papier publié sur le site web « le monde.fr ». Un portrait signé par le journaliste Thomas Hofnung et intitulé « François Soudan, journaliste et bel ami des présidents africains ».
« Djibouti n'est la colonie de personne », telle est la phrase extraite de l'interview dite exclusive de Guelleh et qui a été mise en exergue en Une de « jeune à fric ». Colonie, le mot est lâché ! Le tyran s'est enfin décidé à dévoiler un secret de polichinelle, la colonisation de Djibouti par l’Éthiopie voisine. Mais il dit le contraire ce que vous avancez, pourrait-on nous rétorquer. Il est vrai que la phrase prononcée par IOG comporte ce qu'on appelle en grammaire une négation complexe (ne/personne). Seulement, cette négation est utilisée dans le but de faire croire aux gens ce qui est contraire à la réalité. En d'autres termes, le tyran Guelleh dit le contraire de ce qu'il pense. C'est une technique de communication qui consiste à tenir un discours trompeur.
Que Djibouti soit aujourd'hui entièrement entre les mains des éthiopiens, c'est une réalité que l'on ne peut nier. Il n'est donc pas saugrenu de dire que notre pays est devenue une colonie ou une province éthiopienne. En guise d'illustration, notre dépendance totale vis-à-vis de l’Éthiopie sur tous les plans :
- Les fruits et les légumes consommés à Djibouti proviennent essentiellement de l’Éthiopie. Ainsi en a décidé le pouvoir en place à Djibouti, une politique qui est d'ailleurs en vigueur depuis l'indépendance. Le régime de Gouled puis celui de son neveu Guelleh n'ont jamais jugé utile de limiter cette dépendance externe qui porte préjudice à l'agriculture nationale. A cause de la politique de ces deux fossoyeurs, notre agriculture reste peu développée et ne couvre qu'une infime partie, moins de 5%, des besoins nationaux. Une agriculture de subsistance. Pourtant, notre pays ne manque pas d'atouts en matière de production agricole malgré les conditions climatiques. C'est ce qu'a souligné une récente étude publiée à Djibouti, en janvier 2015. Selon cette étude, notre pays dispose « malgré les conditions agro-climatiques difficiles d'un potentiel de développement agricole, notamment dans les cultures maraîchers ou fourragères et les arboricultures fruitières », notent les auteurs de l'étude. Avant de déplorer que « seules 10% des terres arables de Djibouti sont cultivées » par des productions privées. Un pays n'est réellement indépendant que s'il subvient aux besoins alimentaires de sa population, ce qui est loin d'être le cas de Djibouti.
- En plus des fruits et légumes, le pays importe en masse de l’Éthiopie les feuilles d'un arbuste. Il s'agit du khat. Le Khat, quésaco ? Le khat, Catha edulis étant son nom scientifique, est un arbre de la famille des Célastracées. Le khat est un arbuste contenant des alcaloïdes amphétaminiques (cathinone) qui sont responsables des effets psychiques recherchés (excitation , euphorie) et d'effets sympathomimétiques. En effet, les feuilles du khat contiennent des alcaloïdes de structure apparentée à l'amphétamine. Le khat consommé à Djibouti est entièrement importé de l’Éthiopie voisine, une importation quotidienne de l'ordre d'une dizaine de tonnes. Le chiffre d'affaires du marché du khat est estimé à plus de 10 milliards de francs djibouti par an, soit 20% du PID du pays. Il s’agit d’un produit de consommation de masse, l’opium du peuple en quelque sorte. Une arme de destruction massive usitée par le régime sanguinaire de Guelleh pour asservir, assujettir, corrompre et rendre apathique le peuple de Djibouti. Un peuple « drogué » ne peut être souverain, esclavage et servitude volontaire sont leur funeste destin.
- Interconnexion électrique entre Djibouti et l’Éthiopie. Notre pays importe de l'électricité de l'Éthiopie, via une ligne électrique très haute tension. Un projet que le tyran Guelleh a activé dès son avènement à la tête du pays. En effet, c'est en novembre 1999 que lui et son ami Meles Zenawi (premier ministre éthiopien de l'époque) ont signé un accord de coopération portant sur l’interconnexion électrique des deux pays. Parmi les pseudo-avantages de cette interconnexion avancés par le régime de Guelleh, ont été avancés deux arguments : la réduction des coûts d’énergie pour les ménages djiboutiens et le raccordement massif. Balivernes. Le coût du kWh électrique à Djibouti n'a pas changé d'un iota, il reste toujours le plus élevé au monde. Selon les tarifs applicables pour l'année 2017 que l'on peut consulter sur le site de l’ EDD, le prix du kWh électrique à Djibouti est environ 0,29 euros. A titre comparatif, le coût de l'électricité le plus élevé en Europe est pratiqué au Danemark (0,17 €/kWh). Quant à l'Afrique, les prix du kWh en $ US sont ainsi pour les pays que sont le Sénégal avec 0,06, l’Éthiopie 0,07, le Rwanda 0,08, l'Afrique du sud 0,09, l’Ouganda 0,10, le Kenya 0,11 ou l’Érythrée 0,13. A propos du raccordement, il suffit de jeter un coup sur le site de l'EDD pour prendre connaissance que cet organisme ne « fournit de l'énergie à environ 33485 abonnés qui se repartissent comme suit (données de début 2005) : 581 abonnés MT (ou Grands Consommateurs BT), 32 904 abonnés BT ». Soit une infime partie des ménages djiboutiens, le reste de la population n'ayant tout simplement pas accès à l'électricité. Sinon, notre pays avait-t-il besoin d'importer de l'électricité en Éthiopie ? Non et ce pour la simple raison qu'il regorge déjà des énergies dites renouvelables, telles que le solaire et l'éolien. Des énergies non exploitées par le pouvoir en place, seulement 0,2% de la consommation électrique est d‟origine renouvelable dans notre pays.
- Importation de l'eau, le directeur de l'ONEAD a donné une interview au journal « la nation » dans laquelle il affirme que l’Éthiopie a « décidé de fournir un volume d'eau potable estimé à près de 100 000 m3 qui alimentera les villes d'Ali-sabieh, Dikhil, Arta et surtout la capitale Djibouti, depuis la vallée du Kulen dans la zone de Shinileh qui dispose d'énormes potentialités en eau, à travers des conduites d'une longueur totale de 358km ». Quelle générosité !
Fruits et légumes, électricité, eau, khat, etc, la dépendance de notre pays vis-à-vis de l’Éthiopie est de plus en plus flagrante. Et cela n'a rien de rassurant. Mais le pire est ailleurs. Cette dépendance n'a été en fait que la première phase du projet dit « intégration économique » entre les deux pays, un projet beaucoup plus dangereux et dévastateur. Qu'est-ce cette intégration économique ? Quel est son but sous-jacent ?
On appelle intégration économique la création d'un marché unique entre deux ou plusieurs états, elle se traduit par le développement de relations privilégiées entre les partenaires. A l'intérieur de ce marché, sont abolis toutes les barrières douanières et monétaires. Ce processus passe par plusieurs étapes : la première étant la zone de libre-échange, ensuite vient l'union douanière, la troisième étape est le marché commun et enfin la dernière phase est une union économique et monétaire.
L'intégration économique n'est pas en soi une mauvaise chose mais si votre partenaire a une autre acception du processus, il est difficile d'être sur la même longueur d'onde et de lui faire confiance. Qu'entendent-ils les éthiopiens par « intégration économique » ?
Dans la biographie du tyran Guelleh, l'on apprend que « l'amitié entre le premier ministre éthiopien Mlles Zenawi et IOG est à la base de l'intégration économique entre les deux pays ». Voici un extrait de cette biographie, un passage intitulé « l'Ami Meles » :
« Au fil du temps, l'amitié entre les deux hommes s'élargira à leur famille respective. Il arrivait que le premier ministre éthiopien et sa famille passent la Saint-Sylvestre chez IOG et les siens. Ils fêtèrent ainsi ensemble, en toute discrétion, plusieurs Réveillons dans la station balnéaire de l'île Moucha, au large de la capitale djiboutienne. L'ami Meles fera partie des personnes qui convaincront IOG, en 2010, de rempiler pour un troisième mandat, avec cet argument : « Ton peuple et le mien ont encore besoin de toi ». Une de leurs toutes dernières rencontres a lieu en juin 2012. Le premier ministre éthiopien conclut ce qui sera leur ultime conversation avec cette recommandation :
« Toi et moi sommes appelés à partir un jour. Faisons en sorte que les acquis du partenariat entre nos deux pays ne puissent être remis en question par nos successeurs.
« Mais si nous ne sommes plus là, comment s'en assurer ?
« En consolidant la complémentarité de nos économies communes qui favorisent l'intégration économique de nos deux économies. »
Deux mois plus tard, atteint par un mystérieux mal, Meles est évacué d’urgence vers un hôpital bruxellois, où il décède. Cette disparition fait de son ultime recommandation un testament. »
Nul doute que le traître Guelleh va respecter les dernières volontés de son ami Meles, à savoir la finalisation de l'intégration économique. Un processus qui a une toute autre signification pour Meles. Et c'est la Lettre de l’Océan Indien (LOI) datée du 4 Juillet 2014 qui a dévoilé le pot aux roses dans un article intitulé "IOG se met sous la protection d'Addis" :
« Le plan d'intégration économique imaginé par Djibouti et l’Éthiopie voisine induira, à terme, une sorte d'unification politique des deux pays. Ces dernières semaines, des dignitaires éthiopiens l'ont reconnu à demi-mot, l'un d'entre eux allant même jusqu'à utiliser la formule "un seul pays, deux chefs". La volonté éthiopienne de sécuriser son débouché portuaire djiboutien n'est pas nouvelle et, à Addis-Abeba, certains parlaient déjà en privé depuis des années d'une "fusion sous contrainte" avec le petit État voisin. Mais cette tendance, jusque-là latente, prend une certaine actualité, car le président djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh (IOG), a besoin du parapluie éthiopien dans divers domaines, y compris pour se garantir une immunité lorsqu'il aura quitté le pouvoir.
Fusion économique : Nombre d'entreprises installées dans le pays ne veulent pas entendre parler d'une fusion avec l’Éthiopie, de crainte de voir l'économie djiboutienne, aujourd'hui assez ouverte, adopter le système économique de son voisin, souvent très protectionniste. Pourtant, les actuels projets d'infrastructures (voies ferrées, routes…) favorisent une intégration économique
poussée entre les deux pays, amenant leurs gouvernements à une bonne entente politique. L’Éthiopie, liée à son voisin pour le transit commercial, craint au plus haut point de voir un jour Djibouti déstabilisé par les islamistes radicaux ou par l’Érythrée. De son côté, Djibouti est devenu dépendant de l’Éthiopie pour ses importations d'électricité, mais aussi du fait de l'octroi de terres à
Serofta, dans l'Oromia Regional State, pour cultiver des céréales
destinés au marché djiboutien, et de la concession d'autres terres près de Shinile (Est) pour le pompage de 100 000 m3 d'eau potable par jour et la construction d'un aqueduc de 70 km vers Djibouti. La société MAI Resources International (Switzerland) AG, présidée par le Suisse d'origine koweitienne Rashad Shawa, planche sur ce dernier projet avec les autorités djiboutiennes. Car l'eau qui sera pompée en Éthiopie pourra ensuite être vendue par le petit État à des pays du Golfe. »
En somme, l’Éthiopie n'est nullement intéressée par une intégration économique au sens communément admis du terme. Leur but est tout autre : coloniser entièrement notre pays avant de l'annihiler, voilà leur funeste dessein !
Dans son maléfique entreprise, l’Éthiopie n'agit pas seule. Elle s'appuie sur son cheval de Troie, le traître d'origine éthiopienne Ismail Omar Guelleh. Et c'est le tyran Guelleh qui est en train de finaliser le rattachement de Djibouti dans le giron de l’Éthiopie. Empêchons-le !
A suivre : la genèse du projet éthiopien de colonisation de notre pays