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EDITORIAL

EDITO : Les grandes manœuvres politiques ont commencé


Alwihda Info | Par Eve Malonga - 21 Février 2016 modifié le 21 Février 2016 - 20:13


Eve Malonga
Rédactrice en chef adjointe

BANGUI (LNC) — Lors de ces élections présidentielles centrafricaines, le candidat Anicet Georges Dologuélé aura-t'il été victime de sa sulfureuse réputation de "magouilleur" de "malhonnête" au point d'avoir toujours collé sur sa peau ce surnom casserole peu flatteur de "Mr 10%" ?

A l'évidence, ni son argent avec lequel il a mené sa campagne, dont la source reste toujours une inconnue, ni son gros battage médiatique avec un parti l'URCA, sorti de terre en moins de trois ans n'auront suffi.
Battu par celui que l'on attendait le moins, Faustin Touadera le ténébreux Matheux, "Un loser" aurait-il dit de lui en privé, un candidat indépendant, connu pour son caractère fade, son isolement politique, la chose est étonnante.

Mais voilà, comme toujours en RCA, pour gagner, ce n'est pas auprès du peuple qu'il faille faire les yeux doux, mais auprès des politiciens locaux influents, servant de relais d'influence.
Et à ce jeu là, Dologuélé le communicateur, en les négligeant, s'est retrouvé Gros-Jean comme devant. D'autant plus qu'il s'est bâti très rapidement une réputation d'arrogant hautain sûr de son fait.

De Regina Konzi Mongot à Jean-Serge Bokassa, 21 des candidats battus au premier tour se sont tourné vers Touadera, et pas vers lui. Sa confiance en sa personne lui aura joué des tours, même si...

Même si, selon nos sources, encore, des truquages massifs à ces élections auront été constatés.
Dologuélé s'en est plaint, mais l'Union Africaine lui aurait suggéré de tirer sur le frein à main, "pour la paix en Centrafrique". Car il comptait bien encore avant hier contester la victoire de Touadera auprès de la Cour Constitutionnelle de transition pour "fraudes organisées" constatées de son adversaire, et aussi au passage du déséquilibre de soutien des en principe indépendants à cette élection, de la part de la présidente de la transition soi-même entre autres, ayant en toute discrétion posé son appui à son adversaire.

De nos sources, la fameuse rencontre entre l'ex porte parole de l'A.N.E Ngouande-Baba et Dologuélé au domicile de son frère, aurait porté sur les plaintes de Dologuélé contre le favoritisme accordé par le gouvernement de transition à son adversaire.

Contraint de reconnaître la victoire de Touadera, le coeur serré, Samedi dans la soirée, AGD de déclarer :

« Pour la paix, je fais donc le choix de respecter les résultats publiés par l’A.N.E, de renoncer à saisir la Cour Constitution de Transition de tous recours en annulation et de reconnaitre F.A Touadera comme Président de tous les Centrafricains ».

Déclaration perfide, exposant bien clairement son refus intime d'acceptation de cette victoire qu'il estime toujours volée !
Dologuélé bien décidé à contester cette victoire avait fait venir à Bangui des avocats internationaux de renom pour l'aider à bâtir son dossier auprès de la Cour Constitutionnelle de Transition, dont ceux du sénégalais Karim Wade, le célèbre fils de son papa.

Dologuélé frustré, à Bangui, le ministre de la communication Bruno Yapandé interdisait même mercredi à sa porte parole la diffusion sur les ondes de la télévision, d'un droit de réponse sur les attaques de son adversaire, au motif de "pour éviter de mettre le feu."
Ainsi, ne pourra-til plus se plaindre officiellement sur les "fraudes organisées" et les "urnes fictives" de son adversaire Touadera.
Toujours est-il que, lui, comme son adversaire n'ont aucun projet pour le pays, à part savoir se vendre eux-mêmes.

On ne change pas le monde avec du verbiage démagogique et des déclarations d'intention.

Et à ce jeu là, Touadera le surprenant heureux élu n'avait nullement programmé sa victoire; aussi, arrive-t'il au pouvoir SANS PROJET CONCRET.


LA FRANCE MALGRE ELLE ENTERINE LES RESULTATS


La France attendait la victoire facile et "logique" de Martin Ziguélé, celui que son ambassadeur à Bangui Charles Malinas lui "vendait" chaleureusement comme "the right man at the right place", ce sera bien au contraire Faustin Touadera qu'elle ne connaît pas.
Mais elle ne voulait surtout pas de Dologuélé, ainsi ostracisé.
Déclaration de François Hollande :
« Le président de la République félicite chaleureusement Faustin-Archange Touadéra pour sa victoire lors du second tour de l’élection présidentielle en République centrafricaine. Il lui souhaite de réussir à rassembler le peuple centrafricain pour la réconciliation et le développement. La France lui apportera tout le soutien nécessaire ».

ELECTIONS BANCALES


Elections effectivement bancales en effet. Mais précisons que tout simplement, c'est la première fois dans ce pays que de véritables élections sont organisées. Toutes les autres dans le passé furent truquées, soit de l'intérieur, mais surtout de l'extérieur.

Des centrafricains s'illusionnent toujours sur la légalité de l'accession au pouvoir de Patassé. Ce fut un pis aller. Patassé fut "élu" par la France. Sur le reste, ce ne fut que des coups d'état.

Aussi, pour un diplomate américain sur place,

"Pour retrouver un semblant de cohésion politique et de légitimité dans ce pays par terre à tous les niveaux, où tout est à construire, il a fallu sacrifier des victimes expiatoires au nom de la paix civile, et Anicet Dologuélé en fut l'une d'elles, contraint de se taire et de taire ses amertumes. Logiquement, la Cour Constitutionnelle de transition aurait dû entériner ses protestations, afin de démontrer la transparence de la tenue de ces élections. Ce ne sera pas le cas. A quoi sert donc cette Cour Constitutionnelle ? Ce besoin de passer outre les principes élémentaires de la démocratie au mépris de la justice rendra-t'il légitime et crédible le nouveau président élu Faustin Touadera ? Seul l'avenir le dira. Car ne l'oublions pas, la Centrafrique est toujours en prise avec des rebelles incontrôlables gérant à leur guise plus de la moitié de ce pays. Et ces brigands tôt ou tard viendront réclamer leur dû pour s'être tenus calmes durant ces élections."


COPINAGES


L'appui de Martin Ziguélé et de sa redoutable machine de guerre son parti le MLPC aura aidé grandement à faire la différence. Car si Ziguélé est de plus en plus contesté en interne, et encore plus depuis sa chute électorale, son parti, vent debout a su faire la différence, en apportant un soutien franc et massif à Touadera.

Un cacique du MLPC pourtant s'amuse de son "président" :

"Martin, c'est notre Poher à nous. Une girouette. Ce n'est pas lui qui change, c'est le vent."

Depuis, on s'organise pour les places. Qui va aller où ?
Martin Ziguélé espérait la primature, mais le camp du vainqueur s'y oppose, Ziguélé est devenu trop clivant, et Touadera veut pas de sa cohorte de copains de l'AFDT - sa sorte de fédération politique rassemblant plusieurs partis, ce sera au mieux la présidence de l'assemblée nationale. A la primature, chez Touadera, on espère une tête nouvelle, et si possible incontestable.
Tous les soutiens politiques de Touadera espèrent de lui "un petit quelque chose" pour s'être mouillé la chemise et le pagne pour le "Président".

Ils ont "touaderisé", ils en attendent donc des récompenses avec des maroquins ministériels.

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© Février 2016 LNC – LAMINE MEDIA


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