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TCHAD

Etudiants tchadiens : Le gouvernement doit se réveiller


Alwihda Info | Par Alwihda Info - 10 Mai 2014 modifié le 10 Mai 2014 - 00:27



Des étudiants tchadiens d'Algérie en grève de la faim, réclament le paiement des bourses.
Des étudiants tchadiens d'Algérie en grève de la faim, réclament le paiement des bourses.
Le gouvernement tchadien va-t-il continuer à entretenir des relations tendues avec sa masse estudiantine ? A l'intérieur, les conditions d'études restent catastrophiques malgré quelques progrès, à l'extérieur, le gouvernement envoie des bacheliers dans des universités étrangères chaque années mais ne s'en préoccupe pas. Dans les deux cas, le Tchad contribue à l'échec de sa jeunesse.

Tout se fait à la dernière minute. La désorganisation de l'administration tchadienne est l'un des premiers facteurs, notamment quand on apprend que 70% des fonctionnaires du ministère de la Fonction Publique ne sont pas au travail. Preuve que l'administration tourne au ralentie. Le Tchad a les moyens de payer les bourses et même de les augmenter mais est victime de la désorganisation de son administration, au point de dépêcher à la va vite une délégation pour payer des bourses.

C'est une honte pour le Tchad qui crie à tort et à travers son ambition de devenir la vitrine de l'Afrique. L'affaire d'Algérie a fait beaucoup de bruits et ternit l'image du Tchad. « Ces dirigeants qui n'investissent que dans "le béton" et "la défense" alors que leur refrain quotidien c'est "éducation et santé", or en réalité ils n'en ont rien à foutre de ces deux secteurs », s'indigne Mahamat Bachar, un ressortissant tchadien à l'Île de la Réunion.

Les problèmes de bourses des étudiants tchadiens à l'étranger ne datent pas d'aujourd'hui. Dans plusieurs pays du monde, les étudiants tchadiens ont toujours été confrontés aux mêmes problèmes. Le gouvernement doit résoudre une fois pour toute la question du paiement des bourses aux étudiants et comprendre qu'investir sur la jeunesse n'est pas une perte, au même titre qu'il investit des milliards de Francs CFA pour protéger ses frontières. Si le représentant du Tchad à l'ONU vantait fièrement la semaine dernière devant le Conseil de Sécurité les capacités sécuritaires du Tchad grâce à ses investissements, il doit pouvoir faire de même pour le secteur de l'education.



Des opportunités ratés

A Chypre, un étudiant tchadien -fils d'un ancien ministre- est entrain de monter un projet avec le recteur de son université qui se dit prêt à offrir des bourses d'études aux étudiants tchadiens.

En Corée du Sud -l'un des modèles les plus exemplaires en terme d'éducation- le Président d'une université est prêt à offrir des bourses d'études aux étudiants tchadiens en master ou en doctorat de business administration et Hotel management.

Au Canada, une université affirme avoir proposée à maintes reprises au gouvernement tchadien d'envoyer un quota d'étudiants, sans que ce dernier n'ai répondu. 

Le Tchad n'est même pas en mesure de profiter des opportunités qui viennent à elle.

Au Burkina Faso

Burkina Faso. Le 31 mars 2014, les étudiants tchadiens de Ouagadougou ont fait une marche pacifique devant l'Ambassade du Tchad au Burkina-Faso pour attirer l'attention du gouvernement tchadien sur leur sort. Victimes de la désorganisation, le ministère de tutelle au Tchad n'avait pas payé les frais de scolarités à l'université de Ouagadougou.

En Russie

RUSSIE. « Nous vivons dans la misère totale, un an sans bourse et puis la loi Russe ne permet pas aux étudiants étrangers de travailler pendant les périodes scolaire. Le gouvernement tchadien doit voir notre sort, pourtant le Tchad est un pays pétrolier qui produit plus de 220.000 barils par jour et on nous donne 150.000 Francs CFA par an », explique Issakha Mahamat, étudiant tchadien en Russie.

Au Sénégal

SENEGAL. Il y a quelques jours, le Tchadhantrophus Tribune rapportait que les étudiants tchadiens au Sénégal membres de l’ASSET sont à couteau tiré avec la délégation tchadienne du ministère de l’Enseignement supérieur venu de N’Djamena pour leur octroyer les aides forfaitaires. Le bureau de l’ASSET a jugé nécessaire de savoir le montant de l’aide que l’Etat veut leur allouer. Chose que les fonctionnaires venus du Tchad ont refusée. Alors tout de go, le bureau des étudiants avait convoqué une assemblée extraordinaire afin de prendre l’avis de l’ensemble des étudiants avant toute décision. Et celle-ci tomba, refus total tant que le montant sorti du trésor public n’est pas connu. Les fonctionnaires du ministère demandèrent de contacter leur administration avant toute procédure.

En Centrafrique

CENTRAFRIQUE. Ils étaient environ 700 étudiants dans les établissements publics et privés en RCA. Chaque année, ils organisaient des nouvelles élections pour renouveler les structures de décisions de leur association dénommée "Association des étudiants tchadiens en Centrafrique". Les 678 étudiants tchadiens n'ont jamais bénéficié et étudié avec une bourse du gouvernement tchadien, "à l'exception des gestes de charité offerts par le chef de l'État chaque fois qu'il effectue une visite en RCA". Dernièrement, une poignée d'entre-eux avaient été abandonnés pendant plusieurs semaines sur le tarmac de l'aéroport militaire M'Poko de Bangui. De plus, le gouvernement tchadien ne s'est pas préoccupé d'une éventuelle réinsertion de ces centaines d'étudiants tchadiens qui ont fuis les violences en RCA.

Des propositions intéressantes qui doivent inspirer le gouvernement pour résoudre le problème des bourses (Cf : Communiqué du M3F)

1. Créer l'Agence nationale des bourses (ANB), organe sous la tutelle du Ministère de l'enseignement supérieur exclusivement chargé de la question ; la doter d'un budget propre, revu à la hausse chaque année. Les bourses seront désormais versées mensuellement. Par ailleurs, le montant des bourses sera modulé en fonction du coût de la vie dans le pays d'accueil.
 
2. Procéder à un recensement précis des étudiants tchadiens actuellement à l'étranger avec l'aide des chancelleries, afin de ne laisser aucun étudiant en déshérence.
 
3. Conditionner l'octroi de la bourse à la réussite des études supérieures. Cette bourse sera automatiquement annulée en cas de deux redoublement successifs, ou en cas de poursuite des études au-delà de l'âge de 30 ans. 
 
4. Accorder une bourse plus élevée de 50 % aux récipiendaires de la mention « très bien » (25 % dans le cas d'une mention « bien ») au baccalauréat tchadien et les accompagner dans leurs démarches d'inscription dans une université d'étrangère ou encore dans celles d'obtention du visa. Pour le reste, sélectionner les boursiers appelés à partir à l'étranger exclusivement sur des critères scolaires (dossier scolaire, résultats du baccalauréat et entretien de motivation). 
 
5. A moyen terme, avec le développement du secteur formel, instaurer un plafond calculé sur le revenu des deux parents au-delà duquel le montant de la bourse accordée à l'étudiant sera divisé par deux.