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EDITORIAL

Flash sur les prochaines éléctions présidentielles au Tchad. (Sadam Ahmat)


Alwihda Info | Par - 16 Juin 2015 modifié le 17 Juin 2015 - 00:20

Les clivages entre partis politiques sont quasiment toujours restés les mêmes, les mêmes partis conservent leur place au sein de l’opposition face au MPS au pouvoir accompagné de quelques partis alliés.


Flash sur les prochaines éléctions présidentielles au Tchad. (Sadam Ahmat)
Les préparatifs des prochaines élections présidentielles s'accélèrent, tous les acteurs politiques du pays sont en pleine activité, en pleine démonstration en pré-campagne présidentielle. A moins d'un an des prochaines élections présidentielles de 2016, l'heure est venue de peser le pour et le contre et de faire ainsi une analyse précise sur les prévisions politiques quant aux prochaines échéances.
Le climat politique tchadien n'échappe pas au jeu de la démocratie d'où l'existence d'une majorité politique et d'une opposition démocratique.
Les clivages entre partis politiques sont quasiment toujours restés les mêmes, les mêmes partis conservent leur place au sein de l’opposition face au MPS au pouvoir accompagné de quelques partis alliés.

Qu’en est-il réellement du climat politique au Tchad ?
Le climat est quasi inexistant, le jeu des partis politiques s’est toujours avéré très faible, alors que la séparation des pouvoirs est garantie par la Constitution nationale, le parti au pouvoir détient non seulement le pouvoir exécutif mais aussi le pouvoir législatif avec une forte majorité parlementaire écrasante. A lui seul, le MPS rafle la majorité des sièges au sein de l’Assemblée nationale. Il faudra donc noter qu’à partir de ce moment précis, l’opposition démocratique bien qu’elle détienne les quelques sièges restants n’est plus représentative, elle ne fait que jouer un rôle de façade prouvant que si il y a opposition, il y a démocratie. Elle n’a donc aucune réelle influence dans l’activité législative, et ne peut en aucun cas soutenir des projets ou propositions de lois.
L’ensemble des partis membres de l’opposition sont en fait réduits uniquement au rôle de spectateur au sein du Parlement national.
La machinerie politique du MPS a largement écrasé l’opposition démocratique à l’issue des multiples élections l’ayant légitimé. Ceci s’explique par des failles visibles et nettement plausibles au sein même de l’opposition qui se résument en quelque sorte au manque de volonté politique et d’innovation et surtout de « jeunessification » des mouvements.

Quelles sont les failles de l’opposition politique et pourquoi reste-elle impuissante ?
Les principaux partis politiques de l’opposition membres ou non de l’Assemblée nationale n’ont cessé de rompre avec les traditions veillottes de sensibilisation. De plus le débat politique est au point mort depuis la nuit des temps, et beaucoup se permettront de dire que c’est le Pouvoir qui a confisqué le débat alors qu’en réalité il existe une certaine carence remarquable d’initiative de la part des partis politiques qui ne s’associent que très rarement avec les outils médiatiques et de communication et qui donc ne savent pas du tout se faire entendre et porter au plus loin leurs voix.
En dehors de M. Alingué, tous les autres chefs de partis refusent, eux aussi, toute sorte d’alternance et s’accrochent eux aussi à leurs postes. Absence d’innovation et de communication. Ils refusent d’admettre une certaine évolution des mœurs, des pratiques et des mentalités politiques.
Ce qui est le plus crispant et désolant est que ces mêmes partis sont « prolétaires » alors mêmes qu’ils estiment représenter le « Tiers-Etat » eux ne sont que les « Tiers – politiques ».
Absence de fonds, caisses vides, locaux incarnant la pauvreté ; les partis font face à un « prolétariat politique croissant ». Il n’y a que lorsque les élections s’approchent que ces tiers politiques trouvent le sourire car les subventions et autres sont les seules sources que ces derniers parviennent à récolter. Tout ceci caractérise parfaitement l’absence de sérieux politique, l’absence de vrais partis politiques organisés à l’image des partis occidentaux qui eux, ont une véritable organisation solide et puissante.
En somme l’opposition n’est plus représentative même si elle reste légitime.

Quels sont les changements attendus au sein de l’opposition avant 2016 ?

Le comportement de l’opposition démocratique doit s’adapter au comportement du parti au pouvoir et c’est ce qui malheureusement n’a pas été le cas pendant plusieurs années.
Ce n’est pas l’influence policière du régime qui constitue aujourd’hui une vraie barrière à la progression de la démocratie mais c’est surtout la désunion des partis de l’opposition qui pose véritablement le principal souci de la faiblesse croissante de celle-ci.
Il faut finalement aussi admettre qu’on ne peut prétendre défendre une image de la démocratie alors même que dans son propre parti celle-ci est bafouée et c’est ce qui se passe actuellement et depuis toujours dans plusieurs partis de l’opposition.
On retrouve toujours les mêmes têtes, à croire que le parti est dépourvu d’élections primaires permettant aux militants de choisir une icône représentative.
Cette opposition se fout du peuple et n’a pas le poids représentatif recherché, ce qui veut dire qu’en réalité le peuple n’est plus représenté au sein de l’Assemblée nationale.
Prolétaires de naissance, les partis politiques de l’opposition, sûrement du mauvais côté du « buffet », sont quasiment tous dépourvus de moyens économiques et financiers.
La faute n’en revient pas à l’Etat, ou à ses maigres subventions, elle revient au manque d’organisation économique des partis qui ont refusé de construire et d’ériger un socle et ensuite un empire économique autour du parti.

L’Opposition doit voir autrement mais comment ?
Il faut unifier les partis politiques, s’unir sur un consensus, s’unir par une convention qui permettrait d’organiser la gestion de l’opposition et principalement les intérêts communs convoités.
Le consensus existe toujours, mais il faut aller le chercher, ensuite l’opposition doit s’auto financer par leurs propres activités d’investissements économiques. C’est-à-dire que pour que les partis politiques puissent quitter ce stade de prolétariat doivent impérativement créer une machine entrepreneuriale et économique créant des entreprises gérées par les militants permettant de générer des revenus au profit de la caisse de l’union politique.
Face au Pouvoir, l’Opposition n’a d’autre choix que d’être unie, telle est la configuration politique imposée.
Le plus important à suivre pour celle-ci, en ce qui concerne les futures échéances électorales, est de se concentrer non pas sur les élections présidentielles mais sur les élections législatives.
L’opposition doit arracher un grand nombre de sièges au sein du Parlement avant de poursuivre le fauteuil présidentiel.
C’est à partir du Parlement que l’histoire peut basculer, il faut ainsi poursuivre l’idée d’une opposition majoritaire et unie. Pour y parvenir, l’opposition doit concrétiser un programme politique assagit, compréhensible et exécutable pour les années à venir tout en incluant au maximum la jeunesse qui ne demande qu’à participer massivement à la vie politique quotidienne du pays, car c’est bien elle qui est majoritaire dans le pays et qui y conserve et conservera toute la grandeur de sa place au sein de la politique nationale.
Il faut cesser de captiver, de confisquer les manettes directionnelles des partis au sein de mêmes mains des figures certes des personnalités politiques, car cela résulte à l’usure du pouvoir, l’usure politique aboutissant à une défaillance politique considérable puisque nul changement et nul innovation est pénétrable.
Les programmes politiques ne doivent pas être présentés qu’à la veille des élections nationales, d’où l’hypocrisie politique à grand échelle réduisant la solvabilité et la confiance des militants.

Alwihda
Sadam ahmat
3ème année en Droit
Université du Maine - France

Sadam Ahmat
Rédaction d'Alwihda Info. En savoir plus sur cet auteur

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