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POINT DE VUE

Forum de réconciliation de Bangui : Conduire les centrafricains à donner la priorité pour la RCA


Alwihda Info | Par Salomon KOTRO - 25 Avril 2015 modifié le 25 Avril 2015 - 16:35


Depuis le dimanche 24 mars 2013, l’avenir de la République Centrafricaine - trou du diable perdu au milieu de nulle part, riche de part ses richesses provenant de minerais non exploitées, de 5 coups d'Etat, champignon de mutineries de et de rébellion et de 55 ans de chaos institutionnel, classé 180ème sur 186 pour l'indice de développement humain va affronter le moment de vérité a travers le forum de Bangui.

Comme dans la vie de chaque homme, tous les jours une histoire s’écrit. Une nouvelle histoire de ce pays s'écrira à travers le forum de Bangui, dit forum de réconciliation. C'est une occasion ou chaque participant doit mettre de coté son ego et placer l’intérêt national au premier plan. Nous souhaitons que ce moment ultime de notre pays puisse produire les effets souhaitables et souhaités aux attentes du peuple qui n’aspire qu’à (sur)vivre en paix pour tourner définitivement la page de la risée, de la honte qu’elle a connu depuis fort longtemps. Je n’en doute pas de la capacité des centrafricains a surprendre le monde et d’aller a l’essentiel qui rassemble. Je sais aussi qu’Il y a dans le peuple centrafricain des trésors d’intelligence, de combativité et de vertu. Ce qu’il faut retenir c’est que la république doit rester fidèle à ses valeurs fondatrices de pays laïc de l'unité de dignité et du travail.

Ce pays ardent que nous aimons passionnément doit sortir grandi de ce forum de dernière chance pour garantir a chaque centrafricain un avenir meilleur a travers les reformes importantes pour combattre sans relâche l’insécurité et ramener la paix et ce, tout centrafricain doit mettre son énergie, toute sa force au service du pays, c’est l’engagement que nous devons tous prendre.

Depuis cinquante cinq ans que la République Centrafricaine est devenue indépendante, le 13 août 1960. Voici un demi-siècle passé, un groupe d’hommes s’est levé pour se battre non avec les armes mais avec de simples mots pour former ce pays laïc et démocratique. La Centrafrique est l’une des pays au monde d’avoir la langue nationale gage de l’unité et de la cohésion nationale.

Depuis, ce pays fait l’objet de coups d’Etat à répétition chaque décennie. C’est d’autant plus regrettable que l’une des tâches que nous devrions poursuivre devrait être la poursuite de la longue marche des ceux qui nous ont précédé, une marche vers la Centrafrique plus juste, plus égalitaire, plus libre, plus soucieuse du sort de chacun et plus prospère. Malheureusement, les cinquante années passées ont été un calvaire pour la population qui ne vit que dans un contexte de guerre, de misère et de toute sorte de maux, faute de la bonne gouvernance. Les différents régimes politiques qui se sont succédé à la tête de l’Etat trop sectaire, ce sont versés dans le clanisme et le régionalisme. Leurs pratiques sont dénuées de toute conscience de l’Etat, ayant pour objectif d’assoir une politique sur la base ethnique et non sur la compétence et le mérite.

Diriger un pays, c’est avoir la conscience de l’Etat, protéger, éduquer, et rassembler pour construire. C’est dans cette démarche que le forum de Bangui doit y atteler pour se projeter dans la construction de ce pays de demain.

Nous pensons que ce pays doit être en mesure de progresser et mérite d’être reformé avec des hommes et des femmes qui ont des idées, des convictions et la vocation de réussir. Cela inclus la diaspora, qui est à même de jouer un rôle cardinal dans le dénouement de cette situation inacceptable.

Depuis trois décennies la République Centrafricaine a souffert de mauvaise gouvernance, de désespoir, de dérives totalitaires et de la violation massive et répétée des droits de l’Homme. Il faut éveiller la conscience individuelle et collective des Centrafricains, susciter en eux le goût et l’attachement sans réserve a la vertu du travail comme seule source de richesse et gage de liberté de l’indépendance socio-économique, seule condition de base pour permettre a la Centrafrique d’être un pays ou il fait bon vivre.

La république de demain doit être juste, équitable, garante de liberté et du respect des droits de l’Homme. Elle doit être moderne pour garantir à chacun la liberté d’aller et venir.

Au vu de la crise politico militaire très aigue sans précédent que connait ce pays, Il est urgent de prendre en main les vrais problèmes que rencontre le pays depuis des années et faire de l’éducation la charnière de notre action, car si les gens sont bien formés, les conflits armés n’auront plus leur place dans la République. Il faut aussi associer tous les Centrafricains compétents sans exception à ce renouveau, afin que nous bâtassions l’avenir dont nous avons besoin dans un monde aussi dur. Au-delà des clivages partisans, ethniques et régionalistes nous réussirons.

Pour ceux qui auront la destinée de notre pays demain doivent avoir du courage. Le courage c’est aller tout droit devant soi. On doit en souffrir, on sera haï, détesté, méprisé, on recevra de la boue, on n’aura pas de d’applaudissement. Mais il faut savoir choisir entre applaudissement d’aujourd’hui qui sont d’un certains prix et ce qu’on se donne a soi-même, en se disant, j’ai donné à mon pays ce que je pouvais.

En sommes, depuis fort longtemps la voix de la division et du désaccord ont pu nous couvrir pour un temps sur celles d’intérêt général. L’immense responsabilité de ce forum de réconciliation doit conduire les centrafricains a donner la priorité pour la Centrafrique de justice, de paix et du vivre ensemble.

Salomon KOTRO
Ancien Député
salomonkotro@gmail.com