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AFRIQUE

Franc Cfa : La dévaluation imminente n’est pas à l’ordre jour !


Alwihda Info | Par - 13 Juillet 2017 modifié le 13 Juillet 2017 - 17:48

Le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale(BEAC), le tchadien Abbas Mahamat Tolli , a démenti mardi, 11 juillet 2017,au terme des assises de la deuxième réunion ordinaire du Comité de Politique Monétaire de la Beac pour l’année en cours:« des rumeurs persistantes d’une dévaluation imminente du Franc Cfa ».


Franc Cfa : La  dévaluation imminente n’est pas à l’ordre jour !
Face aux journalistes et au gouvernement de son institution monétaire, rassemblés mardi, au siège de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale(BEAC) à Yaoundé, Abbas Mahamat Tolli a insisté sur le fait qu’ « aucun facteur objectif ne plaide aujourd’hui en faveur d’un ajustement monétaire dans la CEMAC ». Depuis quelques temps, les rumeurs sur la dévaluation du franc CFA ont cours dans les réseaux sociaux et dans certains médias. Pour le gouverneur de la BEAC, "ces mesures apparaissent de manière épisodique sur la scène sous-régionale depuis le milieu des années 90, après la dévaluation intervenue le 12 janvier 1994". Abbas Mahamat Tolli explique que : « Ce phénomène n’est donc pas nouveau. Et, comme les autres fois, ces rumeurs sont sans aucun fondement. La spécificité aujourd’hui est que cette rumeur touche davantage la zone CEMAC,en épargnant cette fois-ci la zone UEMOA ». Le gouverneur de la BEAC estime que : « Depuis longtemps, le caractère fantaisiste de ces informations est apparu évident. Ainsi,l’un des épisodes les plus marquants de cette campagne remonte à 2011.A cette époque, la croissance économique de la CEMAC était solide, de 4,1°/° et l’inflation était modérée, s’établissant à 2,5°/°,en deçà du seuil communautaire. Le solde budgétaire global ainsi que le solde extérieur courant étaient, tous deux, excédentaires, représentant, respectivement, 2,3°/° et 1,1°/° du PIB. Enfin, les réserves officielles de la sous-région culminaient à 8000 milliards et le taux de couverture extérieure de la monnaie avoisinait 100°/° ». Au cours de son exposé, le gouverneur a rappelé qu’en 2011,bien que la CEMAC affichait des performances économiques bien supérieures à celles de plusieurs pays ou régions en Afrique, la question d’une dévaluation du franc CFA était toujours pernicieusement entretenue et répandue auprès du public. « Chat échaudé craint l’eau froide » « la situation économique et financière de la CEMAC aujourd’hui est différente de celle d’avant la dévaluation de 1994 » ; a rassuré le gouverneur de la BEAC. Pour Abbas Mahamat Tolli : « Une analyse comparative des situations économiques prévalant à la fin de l’année 1993,juste avant la dévaluation de janvier 1994,et en 2017 montre clairement que la sous-région n’est nullement au bord du précipice. De fait,la dévaluation est intervenue en 1994 pour résorber les déséquilibres économiques et financiers profonds apparus dans les pays africains de la zone Franc au cours de la seconde moitié des années 80,après l’échec des tentatives d’ajustement réel ». Poursuivant son analyse, le gouverneur de la BEAC soutient que : « En fin 1993,les économies de la CEMAC étaient caractérisées par une forte récession économique ;un déficit considérable et structurel des budgets des Etats ; un déficit important de la balance des paiements, consécutif à la baisse drastique des prix des principales matières exportées par les pays de la CEMAC(pétrole,café,cacao,coton,etc) ; un délabrement du système bancaire, un grand nombre de banques étant virtuellement en faillite ; un débit élevé du Compte d’Opérations ; et un taux de couverture extérieure de la monnaie largement inférieur à la norme minimale de 20°/° ». La situation actuelle A en croire le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale : « la situation actuelle est fondamentalement différente. Pour Abbas Mahamat Tolli : « le taux de croissance économique de la CEMAC serait supérieur :il est prévu en termes réels à 0,8°/° en 2017,contre -0,3°/° en 1993 ; et le taux d’investissement serait également supérieur ;il se situerait à 23,5°/° du PIB contre 18,8°/° du PIB à la veille de la dévaluation ;le taux d’inflation est prévu en moyenne annuelle à 1,6°/° en 2017,inférieur à la norme de 3°/°,contre -0,4°/° en 1993 ;le déficit budgétaire, base engagements hors dons serait largement inférieur, s’établissant à 3,5°/°,contre -0,4°/° en 1993 ;le déficit budgétaire, base engagements hors dons serait largement inférieur, s’établissant à 3,5°/° du PIB en 2017 contre 9,7°/° du PIB en 1993 ;le solde extérieur courant serait équivalent et se situerait à moins 7,9°/° du PIB en 2017 contre moins 7,5°/° du PIB en 1993 ; le taux de couverture extérieure de la monnaie serait largement supérieur, se stabilisant autour de 60°/° en 2017,contre 14,8°/° en 1993,témoignant d’un coussin de réserves officielles encore confortable, de près de 2 800 milliards de Fcfa en 2017,contre 165 milliards en 1993 ».Pour le gouverneur de la BEAC : « ces réserves officielles, qui garantissent la stabilité externe de notre monnaie représenteraient 2,1 mois d’importations de biens et services en 2017,contre 1,3 mois en 1993.Dans la même veine, le Compte d’Opérations de la BEAC auprès du Trésor français serait excédentaire de quelque 2600 milliards en 2017,contre un déficit de 78,6 milliards fin 1993.En moyenne, le taux de couverture extérieure de la monnaie était de 21,9°/° sur la période 1990-1993,contre 80,9°/° sur la période 2013-2016 et une prévision de 60,4°/° sur la période 2017-2020 ». La CEMAC détériorée Au cours de sa conférence de presse, mardi, à Yaoundé, Abbas Mahamat Tolli a reconnu que « la situation économique de la CEMAC s’est effectivement détérioré sous les effets combinés de la chute du prix du pétrole brut et de l’insécurité générée par les activités des groupes terroristes tels que Boko Haram ». Des mesures vigoureuses de redressement Le gouverneur de la BEAC rassure que « les mesures vigoureuses de redressement ont été engagées. Tous les pays ont convenu de discuter avec le Fonds Monétaire International, dans une démarche sous-régionale, afin d’obtenir des appuis financiers. A ce jour, la République Centrafricaine, le Cameroun, le Gabon et le Tchad ont déjà conclu leurs discussions avec le FMI et les premiers décaissements commencent à se faire. Ces accords ouvrent des perspectives particulièrement favorables en matière de mobilisation de ressources extérieures auprès des bailleurs de fonds internationaux ». Au total, l’ajustement budgétaire engagé par les Etats avec le soutien de la Communauté financière internationale, à en croire les autorités de la Beac, a d’ores et déjà permis de réduire substantiellement le rythme de baisse des réserves de change.

Ismael Lawal
Correspondant d'Alwihda Info à Yaoundé, Cameroun. +237 695884015 En savoir plus sur cet auteur