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INTERVIEW

Habré : "Un procès payé, un verdict commandé, une tête réclamée", pour les soufis du Sénégal


Alwihda Info | Par Pape NDIAYE - 27 Juillet 2015 modifié le 27 Juillet 2015 - 17:48

Qu’on l’invite ou pas, Serigne Fallou Dieng s’introduit dans tous les débats d’ordre national et international. Le procès de l’ex-président Habré Habré en est un ! Responsable des intellectuels Soufis du Sénégal et petit-fils de Serigne Touba, Serigne Fallou Dieng plaide dans l’affaire Habré.


Habré : "Un procès payé, un verdict commandé, une tête réclamée", pour les soufis du Sénégal
M. Serigne Fallou Dieng, Responsable des Intellectuels soufis du Sénégal
«   Déby paie un procès, commande un verdict et réclame la tête d’Habré… »

Le Témoin : Comment appréhendez-vous l’affaire Hissène Habré dont le procès s’est ouvert hier à Dakar ?

Serigne Fallou Dieng : Avec beaucoup de désolation et d’amertume de voir le Sénégal, pays de Téranga, abriter un tel procès synonyme d’une mise en scène servie aux caméras du monde entier. Car le procès contre Hissène Habré constitue un harcèlement  moral. Encore, un harcèlement  contre tous les dirigeants africains qui se refuseraient  de se mettre au diapason des politiques de domination économique occidentale. Donc, à vrai dire, c'est un procès qui transperce de très fortes incidences morales à la conscience collective sénégalaise. Il est regrettable  de voir le Sénégal transformer son terroir en couloir de la mort.

Cela veut dire que vous partagez l’avis de ceux qui le qualifient de procès de la honte… 
 
Plus qu’une honte ! Car le Cercle des intellectuels soufis, par ma voix, dénonce l’incompétence de cette juridiction qui est un tribunal incongru. Parce qu’il est constitué au nom d'un  principe de « compétence universelle »  dont le fonctionnement est factoriel exploratoire selon la  hiérarchie intellectuelle des formes céphaliques des races. C'est à dire selon que l'on porte encéphale de type « sacatre » : (les négros africains) ou  les (mongoles caucasiques).

Donc c'est en vertu de cette conception biaisée et univoque du principe de la compétence universelle que la Belgique s'est octroyée en 1993 et 1999, un arsenal de lois, qui octroie  aux juges belges une compétence pour juger des crimes quel que soit le lieu d'infraction et la nationalité de l'auteur. 

Et pour montrer et prouver que cette juridiction africaine est une juridiction sélective, toutes les actions judiciaires déclenchées contre des accusés de crimes de masse et de génocide se sont échouées sur les rochers de pression occidentale.  Sauf les Africains !  On peut citer l'affaire Total en Birmanie, l’affaire des Franck déposée le 14 mai 2013 contre les membres non identifiés des forces américaines etc. Sans oublier le président Paul Kagamé dont l’impunité et l’intouchabilité ont été validées par l’Occident alors qu’il est poursuivi par une ordonnance. La liste est loin d'être exhaustive… Il y a  dans la liste, des accusations contre Ariel Sharon et Yeron. De quoi brocarder le travail tendancieux et colonialiste de cette Cour pénale internationale (Cpi).

Serigne Bi, soyons un peu sérieux ! On ne peut pas laisser les gens gouverner dans la dictature sanguinaire sans qu’ils répondent un jour de leur tuerie…

Ecoutez ! Le Cercle n’a jamais cautionné les tueries de Habré, si tueries il y a eu, bien sûr !  Et nous restons catégoriques là-dessus.  Seulement, nous  dénonçons  avec véhémence ce tribunal mis en place par Idriss Deby, lui qui paye et  commande. Car non seulement il commande un verdict, mais encore il réclame la tête d’Habré.  Et pour montrer comment le peuple africain et  les défenseurs des droits de l’homme sont hypocrites, attendons le jour où Déby perdra le pouvoir,  ce sont les mêmes soi-disant victimes d’Habré qui vont se retourner contre lui. Et ce sont les mêmes Ong qui vont réclamer sa tête. Cela dit, tant qu’un dirigeant sera au pouvoir, il usera et abusera de son influence pour se tailler un statut d’impunité. L’exemple le plus récent, c’est celui du président  Blaise Comparé. Il a fallu qu’il soit chassé du pouvoir pour que des victimes sortent de l’ombre. 

En clair, vous soutenez Hissène Habré ?

Je ne soutiens ni l’ancien dictateur, ni l’ex-chef d’Etat, mais j’assiste l’homme et le musulman dans cette épreuve difficile.  Comme tous les Sénégalais, dans leur écrasante majorité,  soutiennent et assistent Hissène Habré dans son ultime  combat contre l'oppression d’Idriss Deby et les supports de la domination économique. D’ailleurs, vous me donnez l’occasion de féliciter et magnifier l'attitude constante  et épique d'un valeureux Sénégalais du nom de Mamadou Oumar Ndiaye (Ndlr : Notre Pdg et dirpub du Témoin).  Car sa position restitue les valeurs de reconnaissance, de solidarité et de charité enfouies dans le tréfonds culturel sénégalais. Justement pour dire que Mamadou Oumar ne s’est pas trompé de camp, or personne ne peut renier à Habré sa profonde intégration au Sénégal et son affection pour le pays. A preuve, il a embrassé la voie tidiania. Mieux, Habré était très lié à feu Serigne Saliou Mbacké. Son procès est d’autant plus injuste que les principes et recommandations de l’Islam protègent le réfugié.  

Donc,  dans les marchés comme dans les dahiras et partout, les Sénégalais   n'oublieront jamais Habré, un Sénégalais comme eux, qui porte le Sénégal dans son cœur.  Un Sénégalais d’origine tchadienne qui a partagé entièrement sa fortune avec toutes les catégories sociales du Sénégal. Alors que Déby, lui, n’a  donné une partie de sa fortune qu’aux bourreaux de son éternel adversaire à savoir Habré. Tout cela pour laisser dérouler une parodie de procès organisée par l'Occident. J’ai mal pour l’Afrique !

Propos recueillis par :
 Pape NDIAYE
« Le Témoin » quotidien


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