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POINT DE VUE

L’OUA : Une institution africaine au service de l’occident colonialiste


Alwihda Info | Par - 26 Août 2011 modifié le 24 Août 2011 - 23:05


Par Al Hadj Garondé Djarma.

S’il y a une organisation qui n’a résolu aucun conflit depuis sa genèse c’est bien celle là. Née en Mai 1963 à Addis Abeba, l’OUA a plus servi la cause de l’occident colonialiste que celle de notre continent.
 
Récapitulons ensemble quelques dossiers des conflits qu’elle a lamentablement échoué dans ses tentatives.
 
Le premier dossier était celui du Congo Kinshasa à la première Conférence de cette organisation tenue au Caire en Juillet 1964. La délégation de ce pays a été conduite par le Premier Ministre Moïse Eshombe ! Dès son arrivée dans la capitale égyptienne, Moïse Eshowbé fut arrêté et des Chefs d’Etats comme l’algérien Ahmat Ben Bella le qualifiait de musée ambulant du néocolonialisme en Afrique. Le Président Guinéen Sékou Touré le traitait de l’homme de paille, de l’homme de la société minière Belge de Katanga. Pour Kwawé Nkrumah du Ghana il est l’assassin du Premier Ministre légal du Congo, Patrice EmeryLumumba. Il était la marionnette, le laquais et l’argent stipendié de l’Occident. Seul bilan de cette conférence panafricaine fût la désignation de l’intellectuel guinéen Diallo Celli comme Secrétaire général de cette institution panafricaine en date du 22 Juillet 1964.
 
Le 2èmedossier très sensible que l’OUA a eu à traiter était celui de la Rhodésie du Sud. En effet le 11 Novembre 1965, un colon nommé Tan Smith proclama unilatéralement l’indépendance de ce territoire africain qui comptait quatre millions de noirs contre 200 000 colons blancs venus de la Grande-Bretagne. Suite à cette gifle infligée à la session extraordinaire de l’OUA tenue à Accra (Ghana) qui se solda par un échec car des chefs d’Etats comme Houphouët Boigny, Léon Bah, Senghor, Maurier Yameogo Bokassa qui recevaient des instructions fermes de De Gaulle ont fait échouer la Conférencepour plaire à leur maître de l’Elysée.
 
Le 3èmedossier sur la table de l’OUA fut celui de Biafra en 1967. Un certain Général Ojubu de l’ethnie Ibo proclama la sécession de sa région, violant ainsi la charte de l’OUA. Des pays  comme la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Tanzanie, la Zambie, le Malawi et retenez bien la France du Général de Gaulle ont reconnu la sécession. Au Tchad malgré le diktat du Président français Charles de Gaulle, le Président Tombalbaye refuse de céder respectant ainsi l’article 6 de la Charte de cette organisation de la non ingérence d’un Etat membre. Cette prise de position a valu à notre Président une compassion du Président Nigérian le Général Yacubu Gowon. L’ancien Président déclarait je cite : « C’est grâce au Président Tombalbaye que la sécession biafraise a été vaincue (lire plaidoyer pour Tombalbaye écrit par Bernard Lannes Cedo-cument est disponible au CEFOD).
 
Le 4èmedossier est celui de l’Angola, un territoire qui a connu cinq cents ans de colonisation portugaise, l’Angola avait 5 mouvements de libération dans son maquis. Celui du Docteur Agosthino Neto du M.P.L.A, du Dr Joseph Savinbi de l’UNITA, de l’Ingénieur Holden Roberto du F.N.L.A et le quatrième est le FLC (Front de Libération du Cabinda).
 
Le leader du MPLA a combattu au maquis pendant 19ans, celui du FNLA pendant 12ans, l’UNITA pendant 5 ans au maquis et le FLC pendant quelques mois. Après une table ronde tenue, la date de l’Indépendance fut fixée pour le 11 Novembre 1975. Avant cette date butoir toutes ces forces de différents tendances furent regroupées à Luanda dans la capitale de l’Angola. Suite une série de désaccords persistants, des affrontements éclatent entre le MPLA et la coalition FNLA et l’UNITA. Après plusieurs jours d’après combats le MPLA : le Mouvement pour la Libération de l’Angola réussit à chasser de la capitale le tandemUNITA – FLNA et proclama l’indépendance le 11 Novembre 1975 à Luanda la capitale, le Docteur Joseph Savimbi proclama à Wambo sa région natale son indépendance, et Holden Roberto choisit aussi son terroir pour proclamer aussi son indépendance et le FLC  lui se volatilise comme une goutte d’eau sur du fer rouge avant de se reconstituer par la suite. La coalition ne s’avoue pas vaincu et la guerre reprend et ce n’est que le 22 Février 2001 date de la mort du Docteur Jospeh Saviwbi que la guerre s’arrêta définitivement.
 
Le 5èmedossier qui fera couler beaucoup d’encre est la guerre civile au Tchad du 12 Février 1979. Après l’accord de Khartoum du 17 Septembre 1977 entre le CSM du Président Félix Malloum et le CCFAN de M Hissène Habré, une charte fondamentale sera signée le 25 Août 1978. Le 29 Août 1978, Hissène Habré est nommé Premier Ministre et forme son gouvernement le 31 Août 1978. Après quelques semaines de cohabitation, des divergences aigues surgissent entre les deux hommes et la guerre éclate le 12 Février 1979 à N’Djamena, Abéché et Biltine. L’ambassadeur de France et le Général français, Louis Forest réussiront à instaurer un cessez-le-feu. Les deux belligérants se rendront à Kano pour une conférence de réconciliation. Kano I débouchera sur la création d’un Conseil d’État dirigé par Goukouni Weddeye et Kano II se solda par un échec. Arrivés à N’Djamena un accord dénommé Accord de N’Djamena verra le jour le 17 Avril 1979 et il accouchera d’un gouvernement National de Transition dirigé par Me Lol Mahamat Choua. Un trimestre après la formation de ce GUNT un combat éclata entre les FAP et le MPLT en Juin 1979. Malgré ces affrontements le GUNT de Lol qui est le produit d’un consensus est resté et ce n’est qu’aumois d’Août de la même année qu’une Conférence dite de réconciliation verra le jour le 18 Août 1979 à Lagos et la désignation de Goukounni Weddeye comme Président et Kamoungué comme Vice-président se fera le 21 Août 1979. Le gouvernement de onze tendances sera formé le 11 Novembre 1979 à Douguia. Mais cette réconciliation sera éphémère car le 21 Mars 1980 les deux bandits enturbannés du Tchad (BET) s’affronteront et cette fois-ci c’est la grande guerre qui durera neuf mois. Le 15 décembre 1980 Habré sera vaincu et regagnera son fief traditionnel de l’Est du Tchad. Mais la victoire du GUNT sera une victoire à la Pyrrhus car le 7 Juin 1982, Hissène Habré entra triomphalement à N’Djamena et le GUNT à la vitesse d’une étoile filante atterrira hors de nos limites géographiques. Les forces neutres qui sont venues sous l’égide de l’OUA n’ont rien fait pour résoudre ce différend et c’est sous l’œil complaisant et inquisiteur du Général Nigérian Egiza et du représentant de l’OUA Me Diwit que l’acte du décès du GUNT est signé. Mais le GUNT reprendra les hostilités le 27 Décembre 1982  des combats éclatent à Gouro et encore le 20 Février 1983, les FANreviennent à l’assaut mais elles seront toujours repoussés par le camarade Oki Dagaché. Au lieu de chercher une solution définitive, cette guerre absurde durera quatre ans et c’est Hissène Habré qui est le victorieux.
 
Pour des raisons de pagination, je ne peux pas étaler tous les conflits parvenus dans notre continent, néanmoins, j’ai choisi quelques-uns que j’ai jugé plus importants.
 
Je conclue avec le dossier actuel qu’est celui de l’agression barbare de l’OTAN contre la Libye sous le regard de l’Union Africaine de Jean Ping ou plutôt l’utopie Africaine. Voilà cinq mois que l’OTAN déverse des tonnes d’obus et bombes sur la Libye et l’UA n’a même pas osé lever le petit doigt pour dire non à cette agression barbare d’un pays membre. Le Président français Sarkozy est le chef d’orchestre de ce complot odieux. Kadhafi qui a aidé financièrement beaucoup des pays africains est a abandonné à son triste sort.
 
Au cours d’un sommet de l’UA, les chefs africains l’ont nommé le Roi des rois en Afrique et voilà que ses sujets refusent de compatir avec lui. Ils observent un silence de cimetières car leurs maîtres de l’occident le châtieront.
 
Pourtant si ce n’est pas à cause de leurs armes sophistiquées, ces pays occidentaux n’ont aucune tradition guerrière honorable. Leurs échecs à Dien Bien Phu en date du 7 Mai 1954 et  celui de Saigon le 30 Avril 1975 plus leur enlisement en Afghanistan et en Jamahiriya prouve qu’ils sont des tigres en papier selon l’expression du Président Mao Tsé Eunq de la Chine populaire.