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INTERVIEW

L'entretien de Ngarlejy Yorongar avec Alwihda Actualités


Alwihda Info | Par Alwihda Info - 22 Janvier 2011 modifié le 20 Janvier 2011 - 16:18


L'entretien de Ngarlejy Yorongar avec Alwihda Actualités
La Coordination des Partis politiques pour la Défense de la Constitution (CPDC) a enfin eu gain de cause sur l’incompétence du Président de la Ceni par les plus hautes autorités du pays. Le 4 janvier 2011, au cours d’une rencontre qui a eu lieu au palais rose, le Président de la République IDI a donné son aval sur la destitution de Ngarmadjal Gami de ses fonctions. Il ressort que Gami revêt une personnalité manipulable donc doté d’une incompétence notoire.

Comme les leaders des différents partis, Ngarlejy Yorongar, Coordonateur du FAR (Fédération Action pour la République), candidat aux futures élections législatives de février 2011, applaudit le départ de Gami et fustige son comportement. Il propose des gens capables de faire un jeu franc.

PROPOS RECUEILLIS PAR DOUNIA TAO ET NAÏSSEM ELYSÉE

AA : Quel commentaire faites-vous par rapport à la réaction de la CPDC qui a porté ses fruits ?

Ngarlejy Yorongar: Est-ce que la CPDC vous a montré un seul document qu’elle a dénoncé les actes de la CENI en dehors de la déclaration sur les antennes de la radio Tchad ?
Je tiens à vous informer que j’ai écrit plus d’une dizaine de lettres au président de la CENI pour attirer son attention. J’ai intenté une action en justice contre ses trois décisions.

D’abord celle portant recrutement du personnel au bureau permanent des élections. Ensuite son dernier chronogramme et enfin sa décision approuvant la convention entre la Ceni et l’Union Européenne. J’ai même chargé un huissier pour aller le sommer de répondre à mes questions.

Si vous voulez je mettrais à vos dispositions tous ces éléments pour vous permettre d’apprécier vous même les actions concrètes que nous avons menées pour aboutir à l’éviction de M. Ngarmadjal Gami. Ceci dit, si la Ceni récupère la situation pour la publicité politicienne, je vous laisse à vos propos mais je sais de quoi je parle et l’opinion nationale comme internationale peuvent me témoigner évidemment.

AA : pensez-vous que le départ de M. Gami évitera certainement la fraude électorale ?

N.Y : Figurez-vous, le 26 février dernier, j’ai accordé une interview à vos confrères du journal Notre Temps, je disais ceci : Ngarmadjal Gami n’est le président de la Ceni que de nom et j’ai développé dans mon interview qui était cette personne.

Vous savez très bien qu’il y a eu des rumeurs sur la personne de Gami à la fin de son mandat à la tête du Set. Des sources concordantes indiquent que pour casser le Set, il aurait perçu 300 millions de Frs CFA de la main d’un ministre que je connais bien.

Certains journaux de la place en ont également parlé en son temps. Ceci pour vous amener à comprendre qu’il a été d’avance préparé pour ce poste pour faire un travail de sous-main. Donc personnellement je ne suis pas étonné qu’il ait aujourd’hui quelques ennuis liés à sa personnalité. Je l’ai rencontré à la Cour Suprême où j’ai dû échanger avec lui, mais il m’a été donné de constater qu’à la suite de cette confrontation, il n’est pas un homme de nature à défendre l’intérêt national. Après cela, je lui ai adressé une lettre suite à la publication de la liste des candidats aux élections législatives. Dans cette lettre, j’ai relevé beaucoup d’anomalies parmi lesquelles les noms qu’il a introduits frauduleusement. Je n’ai pas manqué de les citer dans ladite lettre et dans les communiqués de presse. Et ce sont des noms qui ont figuré à la place d’autres noms régulièrement retenus.

A mon avis ce n’est pas un faux et usage de faux mais j’appelle ça un faux en écriture publique non falsification forfaiture et autres relevant de la cour criminelle d’où je me réserve le droit de le poursuivre en faux en écriture publique.

AA : M. le président s’il vous appartient d’opérer un choix sur un président de la CENI, à qui pensez-vous ?

N.Y :j’ai quelques noms des gens à l’exemple de l’archevêque Mgr Mathias Ngartery qui, en 1996 avait claqué la porte lorsqu’on manipulait, tripatouillait les résultats. C’est un homme intègre qui peut faire l’affaire. Je pense également à l’évêque de Moundou M Kouraleyo, aussi à M Djitangar sans oublier M. Dobian Asngar. Ceux-là peuvent valablement remplacer M. Gami pour que le Mps ne puisse pas les manipuler, ce sont des hommes intègres qui peuvent bien résister aux pressions du Mps. Il n y a que le Mps seul qui fout la merde dans les institutions comme la Ceni, il y a aussi une forte implication de M. Desesquelle qui est, semble-t-il sur le point de partir. Alors si Desesquelle et Gami partent, j’ai l’espoir que les noms que je viens de citer puissent faire un travail confiant.

AA : pourquoi avez-vous un penchant pour ces religieux ?

N. y : mais ils représentent la morale, l’intégrité même si on constate souvent quelques brebis galeuses. Idriss Déby Itno, figurez-vous avait fait un appel aux pasteurs, aux prêtres et aux imams pour sillonner l’ensemble du territoire pour le compte de sa campagne, toutefois il y en a parmi eux qui sont restés fidèles à leur religion tout en ayant aussi une perception politique. D’où, en tenant compte de leur intégrité et de leur moralité on peut bien espérer que ces gens soient à mesure d’assumer valablement cette tâche d’une manière neutre et indépendante.

La bêtise de Gami c’est de croire que le comité de suivi est au dessus de lui et il lui obéît à l’œil et au doigt d’où la pagaille. Et je m’en vais vous dire qu’un homme qui jouit d’un brin de responsabilité n’accepterait pas de se faire marcher sur les pieds alors qu’il est indépendant si ce n’est pas Gami. Je donne un exemple : le dernier chronogramme est adopté à la présidence de la république et non au siège de la Ceni.

C’est à la présidence que le Président de la République a demandé qu’on adopte par acclamation ce chronogramme. Imaginez un peu, où est l’indépendance de la Ceni?

Autre chose, la Ceni dresse la liste des membres de démembrement, elle envoie au Président de la République pour la signature du Décret, le lendemain, le comité de suivi dit que ce Décret n’est pas valable. Il somme la Ceni de lui amener tous les procès-verbaux de désignation des membres de démembrent de la Ceni et refait une autre liste dont le Décret serait signé par le Président de la République en nous écartant nous autres. Imaginez comment on manipule le Président de la République ? Le même Président signe un Décret sur la base de la liste de la Ceni, signe un autre sur la base des informations du comité de suivi et n’annule même pas le premier Décret donc les deux Décrets coexistent concomitamment, je dis bien concomitamment. Plus grave, dans ces Décrets puisque la plupart de ces Décrets j’ai attaqué aussi.

Alors, dans ces Décrets le Président de la République vise les lettres de la Ceni et surtout celles du comité de suivi qui est une institution, un organe informel par ce que ce comité est mis en place par les signataires de l’Accord du 13 Août pour suivre un peu l’exécution de cet Accord. Il n’apparait nulle part dans la Loi, notamment dans la Loi 2O portant création de la Ceni qu’on parle du comité de suivi. Donc c’est une institution à caractère informel qui, en réalité n’a pas une base juridique.

Ce n’est pas parce que le Président de la République dit que je suis le garant de l’Accord que le comité de suivi peut se prévaloir de cette déclaration pour prétendre être au dessus de la Ceni.

AA : vous dites que vous avez intenté une action en justice contre le président de la Ceni, où en êtes-vous?

N. Y : mais on attend, hier c’était le verdict mais le juge empêché pour des raisons de santé d’où c’est reporté pour une date ultérieure, il faut attendre que la justice dise le droit et croit fermement que la justice dira le droit parce que les 13 Décrets du Président de la République relatifs à la Ceni que j’ai attaqué sont imbattables, mes moyens sont imbattables.

Ce n’est pas tout, je vais déposer d’ici cet après-midi ou demain un autre recours concernant la liste de la Ceni et les deux Décrets portant convocation du corps électoral et publication de la liste électorale. Je prends le cas de la convocation de la liste électorale, le décret est signé le 13 décembre 2010. Il faut que le Décret soit pris 60 jours avant les élections. Or du 13 décembre au 06 février, ça fait 54 jours. Ce qui veut dire que la loi est violée. Cette élection devrait en principe être annulée afin qu’on reparte sur des bases juste et juridique.

AA : les rumeurs courent que vous ne vous présenteriez pas aux élections présidentielles, les confirmez-vous ?

N .Y : mais, les rumeurs n’ont qu’à circuler. le moment venu je vous aviserais sauf que je n’ai pas encore pris ma décision cela ne veut pas dire que, je vais me présenter ou non. Je me prononcerais quand il le faut pour l’instant je m’occupe des législatives.


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