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AFRIQUE

L'impossible percée de l'homosexualité en Afrique


- 11 Mars 2014 modifié le 11 Mars 2014 - 08:35


Par Cana Franck

L'impossible percée de l'homosexualité en Afrique
L'acceptation de l'homosexualité passe mal sur la terre africaine. C'est le moins que l'on puisse dire, car, elle y est davantage considérée comme une pratique contre-nature, voire animalière. Et si hier les concernés se faisaient discrets, aujourd'hui, leurs revendications soutenues avec moult pressions politiques et économiques par des états occidentaux, rencontrent une farouche opposition. D'autant plus que le diktat occidental est accompagné d'une agressive propagande médiatique.
 
En réalité, même en Europe, les résistances au mariage homosexuel sont légion et passées sous silence par la vulgate dominante. En France, à Fontgambault par exemple, le maire Jacques Tissier, soutenu par le conseil municipal a fait voter une délibération qui interdit la célébration de ce type d'union sur son territoire. « Il existe une loi naturelle, supérieure à la loi humaine. Car ces personnes quelle que soit leur dignité d’êtres humains, il y a lieu de reconnaître qu'elles sont radicalement incapables de procréer un être humain qui soit issu de cette union », soutient l'édile. Allant jusqu'à croiser le fer avec le préfet du département d'Indre-et-loire devant le Tribunal administratif de Limoges.
 
Disons que si la question avait été posée au peuple français par référendum, il aurait majoritairement dit non. D'aucuns estiment que la voie parlementaire a permis de contourner la volonté populaire. En Croatie, 65,76 % des croates ont dit non au mariage gay lors du référendum du 1er décembre 2013. Et à ce jour, sur les 28 pays de l'Union Européenne 20 d'entre eux n'autorisent pas ce genre d'union.
 
Au Sénégal les MSM ( Men having sex with men) comme on les appelle et les lesbiennes sont souvent rejetés par la société et, pour certains, obligés de se cacher. D'ailleurs, en juin dernier à Dakar, le président Macky Sall ne s'est pas privé d'affirmer son refus du mariage homosexuel face au président Barack Obama. « Ici, il existe une forme de pression sociale qui pousse la justice à sévir fortement », concédait l'actuel Garde des sceaux, maître Sidiki Kaba. La loi n'autorise pas non plus cette union au Zimbabwe. Et le code pénal de 2006 interdit la « sodomie » sous peine d'amende et d'un an d'emprisonnement. Répondant dernièrement aux ONG, le président Robert Mugabe, affirmait : « Le droit de l'homme que l'on a en tant qu'homme est celui d'épouser une femme, pas un homme, nous refusons ça ». Au Gabon, Sidonie Flore Ouwé, procureur de la république indiquait dernièrement que 6 gays avaient été interpellés pour avoir organisé un mariage coutumier illégal.
 
Et si au Congo Brazzaville les autorités semblent laxistes sur les actes sexuels publics entre gens du même sexe à Kintélé, du coté de la République Démocratique du Congo, le député national Steve Mbikayi est en croisade contre l'homosexualité. Il est l'auteur d'une proposition de loi interdisant ce comportement en RDC. Pour lui, celui-ci est un danger contre la pérennisation de l'espèce humaine et les valeurs africaines.
 
Que ce soit devant les étudiants de l'Université protestante du Congo le 25 février
 
dernier ou de l'Unikin à Kinshasa, il a insisté : « Il faut commencer par pénaliser l'homosexualité pour anéantir les antivaleurs et protéger le peuple congolais contre la dépravation des mœurs. Après avoir accepté le mariage homosexuel, aujourd'hui, en Europe il y a un débat pour commencer à apprendre la sexualité aux enfants à l'école primaire, la masturbation à 6 ans, à choisir son sexe...Certains pédophiles réclament que leur penchant soit reconnu comme une orientation sexuelle. En Suisse, on entend parler d'une légalisation de l'inceste...Il y a une dérive ».
 
En Afrique centrale, les rituels de sodomisation dans les cercles de la franc-maçonnerie, la contrainte homosexuelle dans les universités ou encore les orgies imposées par les autorités à ceux qui aspirent à une élévation sociale, sont rejetés avec force par les populations.
 
A y voir de près, l'Afrique du Sud où le mariage gay est légal demeure l'exception africaine. Nonobstant la fébrilité des états d'Afrique francophone, habitués à quémander l'aide internationale multiforme, le reste du continent s'oppose franchement à la dépénalisation de l'homosexualité. Menacé par les États-unis, l'Union Européenne et les ONG suite à l'adoption récente de la loi anti-homosexualité criminalisant cette pratique et sa promotion, le chef de l’État ougandais, Yoweri Museveni, est resté de marbre. « la bouche sert uniquement à manger et embrasser, le sexe oral transmet des vers, quelque chose ne va pas chez les homosexuels et l'homosexualité est suscitée par des groupes occidentaux. On connaît l'adresse du sexe, cette adresse (la bouche) n'est pas pour le sexe », rappelle-t-il. A propos des risques de sanctions économiques occidentales contre l'Ouganda, il soutient que l'Afrique n'a pas besoin de l'aide occidentale pour se développer.
 
Du reste, à travers le monde 77 états pénalisent les relations entre personnes de sexe identique. Sur le continent, les sanctions généralement prévues sont les coups de fouet, la peine de prison, souvent longue, et la peine de mort. L’Afrique croyante fait également obstacle aux « infâmes pasteurs homosexuels » tolérés sous d'autres cieux. Elle ne peut les comprendre dans la mesure où Dieu a toujours parlé du couple comme étant l'association d'un homme et d'une femme. « Ne vous y trompez pas : ni les débauchés, ...ni les efféminés, ni les homosexuels,...n'hériteront le royaume de Dieu », écrira l’apôtre Paul dans une missive à l'attention des membres de l'église de Corinthe.
 
Ainsi, pour les dirigeants vertueux, il en va même de la survie de l'espèce humaine, estimant que si les parents des homosexuels s'étaient comportés comme eux, ces derniers n'auraient pas pu naître. D'où l’impérieux devoir de porter l'estocade à cette tentative éhontée d'imposition des comportements déviants dans leurs pays. D'ailleurs, en guise d'avertissement, en Gambie, le président Yahya Jammeh a prévenu : « Si on vous prend, vous regretterez d’être nés ».



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