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AFRIQUE

LES FORCES ARMEES ET LE DEVELOPPEMENT


Alwihda Info | Par - 13 Février 2013 modifié le 13 Février 2013 - 15:19

Ange Marie MALANDA, économiste, juriste
Secrétaire général du Club Prospectives et Alternatives (CPA)


Dit-on souvent que l’armée a pour fonction essentielle la protection de la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Etat contre les agressions extérieures. Celle ci est placée au cœur même de l’Etat ; elle est l’institution centrale de l’Etat, et sans doute l’institution originaire dans la mesure où une communauté se forme toujours dans la perception d’un péril, d’une menace extérieure nous dit Jacques CHEVALLIER. Et comme nous le savons tous la seconde fonction de l’armée est le maintien et le rétablissement de l’ordre qui signifie malheureusement au Congo Brazzaville la répression sanglante et meurtrière. Dans les pays dit souvent civilisés l’armée est le garant de la légalité républicaine, elle incarne la patrie pendant que chez nous en Afrique, elle est là juste pour défendre le pouvoir du chef suprême des armées. Aussi aujourd’hui sans reformes de structures, les revenus de notre pays ne cessent d’augmenter grâce à la hausse spectaculaire des cours du pétrole pendant que nous assistons à l’aggravation de la misère et de la précarité des pans entiers de la population. Le marasme des forces armées Congolaise ne reflète que l’inorganisation et l’incapacité de nos élites politiques qui par la mauvaise foi, la cupidité et la haine du peuple ont choisi de paralyser notre pays en divisant l’armée par le tribalisme, le favoritisme et le clientélisme au lieu de favoriser l’unité, le mérite et la discipline au sein de cette institution qui est le creuset même de l’unité et du patriotisme. En regardant les choses avec un peu de bon sens on constaterait que la particularité de l’armée est organique et structurelle dans la mesure où le combat qui est le motif premier du militaire exige une organisation particulière, monolithique, basée sur la hiérarchie, la discipline, l’unité et l’uniformité. Cette spécificité militaire se traduit par la référence à certaines valeurs : l’éthique militaire qui est fondée sur deux principes : la discipline et le don de soi assortie de l’exaltation des valeurs sociopolitique (patriotisme & nationalisme) et corporatives (fraternité, solidarité) souligne A. COLIN. Or les forces armées Congolaises depuis l’adoption du pluripartisme a perdu tous les repères qui font une armée digne. Comme la plupart des armées de l’Afrique Francophone, les forces armées Congolaises sont issues des traditions militaires françaises ; après l‘indépendance du Congo le 15 aôut1960 l’armée congolaise est la seule structure hiérarchisée du pays, elle se distingue par l’ordre, la discipline et le travail ; et à partir de 1969 tous les chefs d’Etat se sont appuyées sur elle pour se maintenir au pouvoir. Pour mon ami Blondin MABOKO MANGUEL l’armée constitue une institution d’ordre universelle. L’armée constitue d’abord un ordre avec ses rites, uniformes, drapeaux, chants, et codes. Elle apparaît comme un conservatoire de certaines valeurs fondamentales, honneur, discipline, esprit de sacrifice. L’armée est l’émanation la plus pure de la patrie. Son armature est un élément de force morale, d’ordre, de discipline et d’abnégation qui est à la base de toute collectivité indépendante. L’armée constitue une force de maintien de l’ordre. En cas d’impuissance du pouvoir, elle rétablit l’ordre. L’armée a le droit de s’emparer du pouvoir, de rétablir l’ordre et de relancer la machine économique avec le devoir de rétrocéder ensuite le pouvoir au civil une fois les équilibres retrouvés, cas du Mali ou Niger dans les années quatre vingt dix du vingtième siècle.. L’armée constitue un instrument de la politique extérieure, tant sur le plan de la défense que d’éventuelles actions préventives. La puissance d’une armée dépend de la qualité de l’armement, à cela s’ajoute la qualité de l’encadrement et de l’instruction. Les Etats considèrent leurs industries d’armement comme un facteur essentiel d’indépendance nationale ; car leurs produits satisfont d’abord les besoins nationaux de défenses. Dans la logique occidentale comme le dit si bien mon ami JP MAKHOKHO SHEREDAN. En regardant du coté des Etats-Unis d’Amérique on se rend compte par la politique Américaine de la commande publique, l’Etat est le principal acheteur des produits issus des industries militaires et c’est lui qui donne l’autorisation d’exporter ces biens. Au Congo Brazzaville, l’Etat peut relancer l’industrie textile en commençant par habiller les forces armées Congolaises par le biais de la commande publique créant ainsi du pouvoir d’achat et des emplois. L’exportation facteur d’économie d’échelle, d’effet d’apprentissage, de réduction de coûts unitaires et des indicateurs de compétitivité favorise la survie des industries d’armement, subventionnant ainsi une partie d’indépendance. Si Aux Etats-Unis d’Amérique, l’industrie de défense fortement subventionnée sur fonds publics est un instrument de politique extérieure en permettant le contrôle de la défense des Etats clients et exerce le rôle du gendarme de l’ordre mondial. Pour les autres pays l’exportation est elle-même une indépendance économique ; même si elle offre l’occasion des relations industrielles, commerciales et stratégiques avec les principales puissances de ce monde. Notre armée ne fabrique même pas les armes qu’elle utilise confirmant de la sorte que le Congo dit Brazzaville même dans le domaine de la défense nationale demeure une colonie qui continue de dépendre de l’extérieur cinquante après son accession à la souveraineté. Même si cette vaillante armée a soutenu les régimes militaro dictatoriaux pendant toute la période du monopartisme. Nous disons même que l’armée a été au pouvoir (Commandant Marien N’GOUABI, général Jacques Joachim YHOMBI OPANGO et général Denis SASSOU NGUESSO et l’expérience du comité militaire du parti) illustre bien ce propos. Elle a souvent renforcé la tyrannie de ces régimes. Bien qu’elle soit officiellement apolitique, au Congo dit Brazzaville l’armée n’est pas à l’écart de la politique, puisqu’elle est au pouvoir, notons qu’il y a au moins quatre généraux dans le gouvernement de la république. A ce niveau nous soulignons qu’au Congo Brazzaville l’armée n’est pas assujettie ou placée sous les ordres d’un pouvoir civil ; même si certains nous disent que L’armée placée sous les ordres d’un pouvoir civil est normalement assujettie, politiquement et juridiquement. Ici encore le pouvoir n’est pas civil, il reste militaire malgré la mise à disponibilité du général d’armée Denis SASSOU NGUESSO qui préside aux destinées de notre pays. Son rôle se développe avec la montée des tensions politiques et des antagonismes sociaux qui contredisent même les valeurs auxquelles elle est attachée et rendent l’obéissance aléatoire : elle va être poussée, en fonction de sa propre logique, à réagir devant ce qu’elle considère comme une menace. Cela veut dire qu’elle n’intervienne pas toujours dans le sens de la conservation sociale et du maintien ou de la restauration de l’ordre menacé (événement de janvier1992). Etant convaincu qu’avec un peu de discipline, d’ordre et d’amour de la patrie nous avons les potentialités et les capacités de favoriser la rédemption de notre pays, et pour le faire il faut reconstruire notre armée sur la base de l’éthique militaire. Ainsi l’armée dans notre pays peut et se doit de contribuer à la reconquête de l’arrière pays et à l’amélioration de la qualité de vie des ruraux. Dans un pays comme la France l’armée participe à l’économie et aux Etats-Unis c’est elle qui est à la pointe des performances technologiques qui font la fierté de l’occident. Notre ami Rufin Médard pense qu’au stade actuel le Congo Brazzaville n’a pas besoin d’une armée puisque celle-ci ne produit même pas ses équipements, elle dépend de l’importation du matériel venu de l’étranger, il faut dans ce cas redéployer vers la police ou la douane. Par contre nous pensions Patrick Yanisse président du Mouvement Africain de la renaissance démocratique institutionnalisée (MARDI) et moi-même qu’il faut rebâtir notre armée en s’appuyant sur l’éthique militaire et non sur le tribalisme, le clientélisme et le favoritisme. Nous pensons qu’il est temps de restructurer l’armée afin qu’elle s’inscrive dans la démocratie et qu’elle réponde aux besoins du peuple et du pays. L’armée doit être le creuset de l’unité nationale, elle doit être républicaine et le recrutement doit être transparent, national et équilibré. L’armée est le reflet de la Nation, le désordre, le marasme et l’affaissement de nos institutions se ressentent par la démoralisation, l’indiscipline et la confusion. Ainsi si nous voulons rebâtir l’Etat sur des bases, valeurs saines, dignes et authentiques, nous devons commencer par l’armée car comme le dit l’éminent penseur C. SCHMITT "l’armée est placée au cœur même de l’Etat, c’est l’institution centrale de l’Etat, et sans doute l’institution originaire, dans la mesure où une communauté se forme à partir de la perception d’un péril, d’une menace extérieure". Rufin Médard souligne que "les pays Africains ne connaissent pas des conflits interétatiques et il y a des accords de non agressions en dehors du désordre Rwandais au Congo Démocratique" qui relève de la convoitise des ressources naturelles de ce pays par les maîtres réels de l’Afrique qui ne sont que ceux qui gèrent, dictent et commandent aux destinée du globe. Voilà pourquoi justifie t’il que l’Afrique n’a pas besoin d’armée puisqu’aucune agression ne viendrait d’un pays voisin ; par contre il nous faut une police pour maintenir l’ordre intérieur soutient il. Sans remettre en cause sa vision, nous pensons que nous avons besoin d’une armée digne, disciplinée et organisée capable de s’investir pour le pays dans les domaines vitaux en temps de paix ! Cependant nous ne la souhaitons pas pléthorique, mais plutôt efficace et dynamique dans ses missions. Ayant recouvré la paix, il est normal que les forces armées Congolaises se mettent au service du développement économique et social de la patrie en leur confiant des tâches d’utilité publique, compte tenu de leur équipement et d’une main d’œuvre sélectionnée parmi les troupes réduiraient à fortiori les coûts de productions des travaux. L’histoire nous enseigne que l’idée d’employer l’armée à des tâches ne relevant pas de sa mission principale ne date pas d’aujourd’hui ; le président Abdoulaye WADE du Sénégal tout comme l’éminent économiste Camerounais Pierre MOUANDJO B LEWIS soulignent que l’armée Romaine au fur et à mesure de son avancée construisaient routes et ponts. Tout comme MABOKO MANGUEL chercheur et libre penseur Congolais soutient que le maréchal LYAUTEY en envisageant l’élargissement du champ de l’action militaire dans le rôle social de l’officier favorisa l’aménagement des infrastructures terrestres et fluviales en construisant cantonnement militaire, bâtiment administratifs, digues et ponts par le génie militaire en Afrique. Cinquante ans après l’indépendance notre pays le Congo dit Brazzaville perpétue l’économie de rente, donc accentuant la monoproduction au lieu de se lancer et d’approfondir par la diversification du tissu économique notre indépendance en vue de nous libérer des liens coloniaux qui nous maintiennent dans la misère et la domination. Dans la phase actuelle, il y a lieu de lutter, d’approfondir et de parvenir à la libération nationale de chaque pays d’Afrique au sud du Sahara. La fonction économique de l’armée serait caractérisée par le recours de celles-ci pour remplir des tâches extramilitaires apportant ainsi leurs concours au procès de développement patriotique dans divers domaines tels que la construction des routes, ponts, des logements sociaux, l’agriculture, la lutte contre les fléaux naturels, l’aménagement des digues, les forages, des puits dans le cadre de l’hydraulique villageoise, l’hygiène la santé, ou l’enseignement, campagne de vaccination dans le Congo profond et où règne l’insécurité. Le chargé de l’environnement du club prospectives et alternatives Hervé Arial LOZAIRE fait remarqué que toutes ces activités s’accommodent bien de nombreuses compétences et de la grande disponibilité des forces armées Congolaises en temps de paix ; ainsi lui et moi militions pour l’installation des armées dans les campagnes où celles-ci doivent être cantonnées afin que l’agriculture, les bâtiments travaux publics tout comme les autres domaines économiques puissent bénéficier du savoir faire et de la dextérité militaires. Nous sommes parmi ceux qui souhaitent que les hommes en arme soient cantonnés dans les zones rurales et stratégiques afin que l’agriculture et certains secteurs jouissent de l’abondante main d’œuvre militaires parce que les récoltes et constructions réduiront les coûts élevés du train de vie de la troupe. D’ailleurs quand on se promène dans Brazzaville, Dolisie, Ouesso, Nkayi ou Pointe noire on voit encore les cantonnements militaires édifiés à l’époque coloniale par le génie militaire. Il serait même nécessaire que soit aménagé des espaces pour le sport afin de permettre à la troupe de s’adonner aux sports tout en préparant les compétitions sportives militaires entre toutes nos régions rappelons qu’inter club une équipe militaire avec un palmarès ; l’armée doit être le creuset où se forme l’élite sportive du pays. L’armée doit s’installer dans les campagnes au lieu de trainer dans les villes à longueur de journée dans l’oisiveté ou en perdant le temps devant COGELO (PMU). La fonction de développement permettrait l’intégration de celles-ci au sein de la population au point que l’Etat lui confierait le rôle de formateur et d’encadreur de la jeunesse dans des domaines comme l’agriculture, la construction des édifices publics et la formation civique etc. En dehors des armes, les militaires bien instruits, formés et éduqués pourraient prendre la craie, le stylo ou la seringue pour contribuer au rayonnement social et intellectuel dans les zones enclavées en milieu rural. Etant le principal instrument de l’Etat, il assurerait le rôle de l’Etat. La contribution militaire aurait ses limites dans le développement mais en cette phase de la vie nationale, il est impératif de restructurer l’armée et de redorer son blason. Le haut commandement militaire se doit de proposer au fier et courageux peuple Congolais une réflexion sur les sujets tels que : l’idéologie militaire, l’intégration nationale et le sens de l’honneur, tout en mettant en œuvre une politique de modernisation et de l’amélioration de la condition militaire sans omettre de redéfinir les rapports civil militaire. Depuis une décennie et demie, c’est le caractère pervers qui a miné l’armée et explique ce désordre d’aujourd’hui. Cependant le temps joue et nous enseigne que l’armée peut constituer un outil idéal en tant que facteur de stabilité, d’intégration et de développement, si le chef de l’Etat, en tant que chef suprême des forces armées Congolaises s’engage dans cette logique de restructuration profonde qui passe par le refondation de l’armée. Si l’armée est l’institution centrale de l’Etat et qu’elle soit dans un marasme profond, cela prouve que notre Etat est en déliquescence ainsi seul le président peut et doit avec l’appui du peuple impulser la restructuration de l’Etat en réhabilitant l’armée et comme me le dit souvent mon ami MANGUEL MABOKO Blondin avant de donner la liberté au peuple il faut lui garantir son existence souligne BLUM Léon. Nous disons avec beaucoup de conviction que l’armée est dans certains cas un facteur de modernisation politique et d’adaptation sociale permettant de surmonter certains obstacles structurels. En cette période de désordre, l’armée peut jouer un rôle historique en se ressaisissant. Nous Sommes le Congo Cessons d'Avoir Peur Pour Construire un Etat de Droit http://www.mampouya.com/ Pour Résilier ou Recevoir nos infos Ecrivez à patrickeric@sfr.fr


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