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COMMUNIQUE

La dernière évaluation des politiques et institutions nationales en Afrique révèle des résultats mitigés sur fond de conflits et d’instabilité


- 26 Juin 2014 modifié le 26 Juin 2014 - 13:41


La dernière évaluation des politiques et institutions nationales en Afrique révèle des résultats mitigés sur fond de conflits et d’instabilité
DAKAR (Sénégal), 26 juin 2014 - D’après la dernière analyse en date consacrée par la Banque mondiale aux politiques et institutions publiques en Afrique, 20 % des pays de ce continent ont amélioré leur environnement en 2013, dans l’optique de stimuler la croissance et de faire reculer la pauvreté.
 
L’« évaluation de la politique et des institutions nationales » (plus connue sous son acronyme anglais « CPIA ») mesure chaque année les performances des pays pauvres. Depuis 1980, les notes de la CPIA servent à déterminer l’allocation de prêts sans intérêts et de dons aux 39 économies africaines éligibles à une aide de l’Association internationale de développement (IDA)*, le fonds du Groupe de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres de la planète. 
 
La CPIA mesure la qualité des améliorations des politiques et institutions publiques à l’aune de 16 indicateurs du développement, dans quatre domaines : la gestion économique, les politiques structurelles, les politiques d’insertion sociale et d’équité, ainsi que la gestion et les institutions du secteur public. Les pays sont notés sur une échelle allant de 1 (note la plus faible) à 6 (note la plus élevée) pour chaque indicateur. La note globale est la moyenne des quatre domaines évalués.
 
La note globale de la CPIA a augmenté pour huit pays d’Afrique subsaharienne, et reculé pour huit autres. C’est la République démocratique du Congo qui affiche la plus forte progression, avec une note relevée de 2,7 à 2,9. L’approfondissement des réformes de sa politique publique dans de multiples domaines a permis au Rwanda d’améliorer sa note et de figurer ainsi en tête du classement, aux côtés de Cabo Verde et du Kenya. En revanche, le Soudan du Sud et l’Érythrée, qui sont tous deux aux prises avec de profondes difficultés, affichent les plus mauvaises notes. Les pays qui sortent d’un conflit, comme la Côte d'Ivoire, ont, eux, amélioré nettement leur environnement. Sur la même période, la note de la République centrafricaine a fortement baissé, ce qui montre qu’un conflit annihile rapidement les avancées enregistrées sur le plan de la politique publique.
 
 « Bien qu’un certain nombre de pays enregistrent de très bons résultats, en moyenne, les pays d’Afrique éligibles à une aide de l’IDA affichent toujours de moins bonnes notes pour leurs politiques et institutions publiques que ceux d’autres régions, explique Francisco Ferreira, économiste en chef de la Région Afrique à la Banque mondiale. Il reste encore beaucoup à faire en Afrique pour que la région puisse bénéficier de services publics efficaces et d’administrations transparentes et efficientes. » 
 
On observe des différences sensibles entre catégories de pays. Pour les pays fragiles, qui se débattent avec des problèmes de gouvernance profondément enracinés, la note globale de la CPIA est de 2,8, soit un niveau bien inférieur à celui que connaissent les pays qui n’entrent pas dans cette catégorie (3,5). En outre, alors que la qualité des politiques et institutions des pays africains non fragiles est aujourd’hui comparable à celle des pays non fragiles de toutes les autres régions, il n’en va pas de même pour les États d’Afrique fragiles qui continuent d’enregistrer des scores plus bas que dans le reste du monde. 
 
« Les pays fragiles, et tout particulièrement les pays sortant d’un conflit, sont à l’origine de plus de la moitié de l’amélioration des notes globales de la CPIA dans la région, précise Punam Chuhan-Pole, économiste principale pour la Région Afrique de la Banque mondiale et auteur du rapport CPIA. Les progrès observés dans les pays qui sortent d’un conflit montrent que la paix et la stabilité soutiennent l’amélioration de la gouvernance, et s’accompagnent d’une expansion économique, d’un recul de la pauvreté et de meilleures conditions de vie pour la majeure partie de la population. »
Le rapport de cette année se penche également sur le cas de Djibouti et du Yémen, les deux pays de la région Moyen-Orient/Afrique du Nord qui peuvent bénéficier de l’aide de l’IDA. Si ces deux États ont enregistré des notes stables par rapport à 2012, on observe, sur un horizon plus long, qu’aucun d’entre eux n’a amélioré sa note globale depuis 2005, et la note relative à l’environnement du Yémen a même diminué. À la suite des soulèvements du Printemps arabe, en 2011, les notes de la CPIA ont reculé dans toute la région MENA, avec une incidence à court terme sur le Yémen.
 
Les notes relativement solides attribuées à la gestion économique dans les différents pays indiquent que ces réformes gagnent du terrain en Afrique subsaharienne. En revanche, compte tenu des faiblesses persistantes sur le plan de la gouvernance du secteur public, une catégorie qui inclut des indicateurs tels que les droits de propriété, la gestion fondée sur des règles et la qualité de la gestion budgétaire et financière, les résultats dans ce domaine continuent d’être à la traîne par rapport à tous les autres domaines évalués par la CPIA. Cette situation met en lumière les problèmes enracinés auxquels se heurtent les pays d’Afrique qui cherchent à améliorer les conditions de vie de tous leurs habitants.
 
* L’Association internationale de développement (IDA), une institution de la Banque mondiale fondée en 1960, accorde des dons et des crédits sans intérêts aux pays les plus pauvres afin de les aider à mettre en œuvre des programmes qui stimulent la croissance économique, contribuent à la réduction de la pauvreté et améliorent les conditions de vie des pauvres. L’IDA est l’un des principaux bailleurs d’aide aux 82 pays les plus déshérités du monde, dont 40 se trouvent en Afrique. Les ressources de l’IDA bénéficient concrètement à 2,5 milliards de personnes vivant avec moins de deux dollars par jour. Depuis sa création, l’IDA a soutenu des activités dans 108 pays. Le volume annuel de ses engagements est en constante augmentation et a représenté en moyenne 16 milliards de dollars au cours des trois dernières années, 50 % de ce montant environ étant destiné à l’Afrique.
 


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