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AFRIQUE

La détermination du Tchad dans la lutte contre le paludisme


- 13 Février 2017 modifié le 13 Février 2017 - 01:02


ADDIS ABEBA, ÉTHIOPIE (30 janvier 2017) – Au moment où le continent africain connaît des progrès historiques dans sa lutte pour une Afrique sans paludisme, l’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme (ALMA) a récompensé huit pays africains ayant montré leur détermination et leur esprit d’innovation dans la lutte contre cette maladie.

Aujourd’hui, au 28e sommet de l’Union Africaine, les prix d’excellence 2017 de l’ALMA ont été décernés aux pays suivants :

  • Le Botswana, le Cap-Vert, les Comores, la République démocratique du Congo, l’Éthiopie, le Swaziland et l’Ouganda, pour leur impact sur l’incidence et la mortalité du paludisme ;
  • Le Tchad, pour son leadership dans la lutte contre le paludisme.

« Grâce à un leadership africain fort et à de nouveaux partenariats innovants, nous réalisons des progrès sans précédent dans la lutte contre le paludisme, » a déclaré Son Excellence Idriss Déby, Président du Tchad et actuellement à la tête de l’ALMA. « Le succès de ces pays montre le puissant impact que peuvent avoir un réel engagement et un financement suffisant. »

En 2015, le Tchad a obtenu suffisamment de moustiquaires imprégnées d'insecticide pour atteindre une couverture opérationnelle de 100%. De plus, la même année, plus de 70% de la population dormait sous une moustiquaire. Malgré une légère augmentation de l'incidence du paludisme entre 2010 et 2015, le Tchad a continué de faire de la lutte contre cette maladie une priorité.

« L'engagement par le Tchad de ressources supplémentaires démontre la détermination du pays à lutter conte le paludisme », a déclaré Joy Phumaphi, Secrétaire Exécutif de l’ALMA. « Ce genre de leadership est essentiel si nous voulons poursuivre les progrès et mettre fin pour de bon à cette maladie. »

La remise des prix d’excellence 2017 de l’ALMA intervient six mois après l’adoption du « Catalytic Framework » (Cadre catalytique) lors de la 27e Conférence des chefs d’État de l’Union africaine  en juillet dernier. Afin d’éliminer le paludisme du continent à l’horizon 2030, ce cadre offre aux pays africains une feuille de route visant à accroître les ressources nationales consacrées à la lutte contre la maladie, à étendre l’utilisation de l’innovation et de la technologie, et à améliorer les infrastructures de santé.

« Félicitations au Tchad », a déclaré le Dr Mustapha Sidiki Kaloko, Commissaire aux affaires sociales à la Commission de l'Union africaine. De plus, il a ajouté, «je salue l’engagement sans faille de l’ALMA dans la lutte pour mettre fin à la malaria. À cet égard, le Cadre catalytique fournit une orientation stratégique pour guider les pays dans la lutte contre le paludisme jusqu’à son élimination. »

Depuis 2000, le taux de mortalité due au paludisme a chuté de 62 % sur le continent pour l'ensemble des catégories d'âge, et de 69 % pour les enfants de moins de 5 ans. L’augmentation du nombre de personnes dormant sous des moustiquaires imprégnées d’insecticide ou protégées par pulvérisation intradomiciliaire, le dépistage et diagnostique des enfants et le traitement des femmes enceintes ont contribué de façon significative à la diminution de l’incidence et de la mortalité en Afrique. Ces succès interviennent alors que les pays africains accroissent les financements nationaux destinés à combattre le paludisme.

Le rôle grandissant des leaders africains est aussi illustré par la constitution récente de l’End Malaria Council, un groupe composé de leaders engagés, issus des secteurs public et privé, qui s’est réuni pour faire en sorte que l’éradication du paludisme reste une priorité mondiale. Cinq des neuf leaders de ce Conseil sont africains : S.E. Idriss Déby Itno, président du Tchad ; S.E. Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Libéria et ancienne présidente de l’ALMA ; S.E. Jakaya Kikwete, ancien président de la Tanzanie et président fondateur de l’ALMA ; Graça Machel, créatrice de la Fondation pour le développement communautaire ; et Aliko Dangote, PDG du Dangote Group.  Le Conseil explorera des approches innovantes pour développer de nouveaux outils et générer des fonds.

De plus, l’ALMA collaborera étroitement avec le nouveau directeur du Roll Back Malaria Partnership, le Dr Kesetebirhan Admasu, ancien ministre de la Santé d’Éthiopie.

Le paludisme reste une menace cruciale en Afrique – c’est encore la région de la planète où la prévalence du paludisme est la plus élevée. En 2015, sur 212 millions de nouveaux cas de paludisme dans le monde, 195 millions se sont déclarés en Afrique, et sur 429 000 décès liés au paludisme dans le monde, 394 000 ont également eu lieu sur ce continent.