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AFRIQUE

La « petite » défense d’Habré plaidera-t-elle dans le vent ?


Alwihda Info | Par PAPE NDIAYE - 25 Juillet 2015 modifié le 25 Juillet 2015 - 22:45


CAE : Après avoir réquisitionné et commis d'office trois avocats

La « petite » défense d’Habré plaidera-t-elle dans le vent ? Crédit photo : Sources
La « petite » défense d’Habré plaidera-t-elle dans le vent ? Crédit photo : Sources
Si  le procès de  l’ancien président tchadien Hissène Habré est qualifié d’historique,  force est en tout cas de reconnaître le décor de rarissime. Car c’est la première dans l’histoire d’une Cour d’assises au Sénégal, fut-elle une Cour africaine,  qu’un accusé refuse de comparaitre. Pire, l’accusé, à savoir Hissène Habré, a entrainé dans sa logique tous ses avocats. Il s'agit d'une situation inédite, mais admise sous certaines conditions par le Code de procédure pénale.  Parce que, dans de pareils cas, ce Code donne au président de la Cour le pouvoir d'ordonner la comparution de l’accusé, au besoin par la force. « Si l’accusé refuse de comparaître, sommation lui est faite au nom de la loi  » afin qu'il comparaisse. Un huissier doit rendre compte sur procès verbal de la sommation et de la réponse de l'accusé. « Si l'accusé n'obtempère pas à la sommation, le président peut ordonner qu'il soit amené par la force devant la Cour » nous explique un avocat sénégalais ayant suivi l’ouverture du procès d’Habré.  Dans l'hypothèse où l'accusé serait obligé de comparaître et où il  troublerait les débats de la Cour comme ce fut le cas d’avant-hier, le président ordonne son expulsion de la salle d'audience.  Dans ce cas, il est gardé par la force publique, jusqu'à la fin des débats, à la disposition de la Cour. L’accusé peut être gardé n’importe où, dans une salle du tribunal par exemple. D’ailleurs, c’est ce qui s’est passé puisqu’une fois expulsé, Hissène Habré a été retenu dans une pièce du palais de justice jusqu’à la fin de l’audience avant d’être reconduit à la prison. Et hier, lors de la deuxième journée de l’audience, le président Hissène Habré n’a pas perturbé l’audience contrairement à ce qui s’était passé lors de la cérémonie d’ouverture.  Seulement, l’accusé a opté pour  une autre stratégie, celle de la sagesse et du silence. Un silence de dépit et de défi tout à la fois ! Pour montrer sa détermination du fond de son box, Hissène Habré cherchait du regard la moindre présence de ses avocats ou ex-conseils pour les chasser de la salle. Comme quoi, pour la défense, il n’en veut plus ! Face à cette situation, le président  Gberdao Gustave Kam a requisitionné et commis d’office trois avocats pour combler le vide. Il s’agit de Mes Mbaye Sène, Mounir Ballal et Abdou Nging.  Elle leur a donné 45 jours pour étudier le dossier de leur « client ». Ce qui entraîne automatiquement l’ajournement du procès jusqu’au 7 septembre prochain. Un vrai plan « B » ! Mais même à cette date, c’est-à-dire à la reprise, le président Habré ne changera guère de position. Il l’aurait fait savoir hier à ses parents qui lui ont rendu visite dès son retour du Palais de Justice. Cela nous pousse à dire que les avocats  commis pour M. Hissène Habré à savoir Mes Mbaye Sène, Mounir Ballal et Abdou Nging risquent de plaider dans…le vent ! Et dans ce cas, le président Gberdao Gustave Kamo va, sans doute, dérouler son plan « C » pour en finir avec Habré…  

PAPE NDIAYE
« Le Témoin » quotidien sénégalais



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