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POINT DE VUE

La position de la France par rapport à la décolonisation?


Alwihda Info | Par - 12 Août 2012 modifié le 12 Août 2012 - 06:50

Le système mis en place par la loi-cadre Defferre fonctionnait dans l.ensemble de manière satisfaisante. Il généralisait le suffrage universel et fusionnait les deux collèges destinés à élire les assemblées territoriales, désormais autorisées à voter le budget et à légiférer sur des matières locales.


'.indépendance de pays d.Afrique francophone fait partie de la stratégie du général de Gaulle qui a voulu mettre sur les rails une nouvelle France, en mesure de jouer un rôle mondial de premier plan. C.est une stratégie internationale pour la France fondée sur la liquidation des hypothèques qui pèsent sur la liberté d.action du pays, c.est une pratique qui consiste à se faire le porte-parole d.un monde muet ou passif pour dénoncer les dysfonctionnements du système international. La France de la 5ème République occupe une place importante dans le monde des années soixante et contribue à remettre en cause un ordre international que la Seconde Guerre mondiale paraissait avoir figé. Il ne faut pas aussi perdre de vue que le 5ème Congrès panafricain de Manchester (1945) a joué un rôle important sur la décision de la décolonisation en affirmant avec force le droit à l.indépendance et la volonté de libération, même par la violence.

Même si la loi-cadre Deferre de 1956 avait préparé l.évolution de l.Afrique noire vers une certaine autonomie, le général de Gaulle était bien décidé à poursuivre dans la même voie, conscient qu.il était de l.inéluctabilité du processus de décolonisation et de l.impossibilité dans laquelle se trouvait la France d.affronter en même temps plusieurs guerres d.émancipation. Dès son arrivée au Pouvoir, ses intentions sont claires sur ce point : « En reprenant la direction de la France . écrira-t-il dans les Mémoires d.espoir  « j.étais résolu à la dégager des [contraintes] astreintes, désormais sans contrepartie, que lui imposait son Empire » Ce qui est sûr, dans les territoires francophones situés au sud du Sahara, les problèmes à résoudre sont, il est vrai, moins ardus que ceux auxquels il a fallu faire face en Indochine et dans le Maghreb. Pas de mouvements nationalistes aussi anciens, ni surtout aussi puissants que dans ces deux secteurs de l.Empire. Pas davantage de fortes minorités européennes, pesant sur les choix gouvernementaux et constituant un enjeu difficilement contournable. En revanche, les élites locales fortement francisées exercent ici une influence sur les autochtones qui favorise le maintien de liens privilégiés avec la métropole. Si bien que l.essentiel a pu se jouer entre un petit nombre d.acteurs : les cadres des partis politiques organisés, des groupes numériquement faibles de colons rarement implantés de manière durable et les représentants des instances gouvernementales françaises.

Le système mis en place par la loi-cadre Defferre fonctionnait dans l.ensemble de manière satisfaisante. Il généralisait le suffrage universel et fusionnait les deux collèges destinés à élire les assemblées territoriales, désormais autorisées à voter le budget et à légiférer sur des matières locales. Elle créait dans chaque territoire un exécutif élu par l.assemblée territoriale et présidé par le gouverneur, mais dont le vice-président, issu des rangs de l.assemblée, était en général une personnalité prestigieuse: Houphouët-Boigny en Côte d.Ivoire, l.abbé Fulbert Youlou au Congo, Sékou Touré en Guinée, etc. Enfin, elle ouvrait largement l.accès de la fonction publique aux indigènes.

Ces réformes démocratiques n.ont pas détourné les leaders africains de l.aspiration à l.indépendance. Les deux grandes formations politiques, le Rassemblement démocratique africain (RDA) d.Houphouët-Boigny et le Parti du regroupement africain (PRA) du Sénégalais Léopold Senghor, la réclament avec insistance dès 1957, le premier concevant l'association avec la France dans un statut prévu par l.article 88 de la Constitution. Il ne faudra que deux ans pour que vole en éclats le bel édifice communautaire. Les premiers à réclamer leur indépendance sans rupture avec la Communauté seront le Sénégal et le Soudan de Mobido Keita, fusionnés en janvier 1959 en une République du Mali. Sous l.influence de Michel Debré le général de Gaulle finit par accepter d.adapter la Communauté plutôt que de la voir se dissoudre. Les autres Etats réclamant l.un après l.autre d.accéder à l.indépendance dans les mêmes conditions, la loi constitutionnelle du 4 juin 1960 ajoute à l.article 86 un alinéa prévoyant que tout membre peut, « par voie d.accords, devenir indépendant, sans cesser de ce fait d.appartenir à la Communauté ». Tous, exceptée la Guinée, vont opter pour cette formule, signer avec la France des accords bilatéraux de coopération et devenir membres de l.ONU. En 1961, les institutions communautaires disparaissent.
(...) Extrait du livre " les relations franco-tchadiennes"
Auteur Ahmat M. Yacoub Dabio
www.publibook.com