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INTERVIEW

La présidence de la BAD: le candidat du Tchad BEDOUMRA KORDJE parle de ses expériences, ses visions et sa passion à servir l'institution continentale


Alwihda Info | Par - 12 Mars 2015 modifié le 12 Mars 2015 - 13:28

Dans cette interview exclusive accordée à alwihda info, Bédoumra Kordjé, le candidat du Tchad à la présidence de la BAD, parle de ses expériences, ses visions et sa passion à servir l'institution, par delà, le continent. "J’ai une longue expérience, en tant que décideur public et international, en matière de leadership, de conduite de dialogue, de développement de partenariat bilatéral et multilatéral, de gestion stratégique axée sur les résultats. Mon expérience est exceptionnelle et unique au sein de la BAD où j’ai passé 29 ans dans les Opérations jusqu’à la responsabilité de Vice-président chargé des services institutionnels en passant par le poste de Secrétaire général. J’ai parcouru la BAD de long en large, si bien que je peux prétendre, mieux que quiconque, avoir une parfaite connaissance des rouages de la maison BAD, et la meilleure manière appropriée de mobiliser cette machine sans perte de temps." a-t-il souligné.


alwihda info photo
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Quels sont les premiers projets de réformes qu’attaquerait Mr. Kordjé, si jamais il fait une percée à la présidence de la BAD ?
 
L’Afrique ne manque pas de réformes ! Les pays africains sont à des degrés de développement divers : les émergents, ceux à revenu intermédiaire, les pays à faible revenu, les États dits fragiles… Les réformes doivent s’adapter à la situation de chacun, le plus important étant que ces réformes puissent concourir à l’intégration régionale. Car, je le répète, en dehors de l’intégration régionale, point de salut économique et social pérenne pour notre continent ! C’est pourquoi la BAD, dont la mission première est d’améliorer les conditions de vie des pays individuellement et collectivement, doit mettre les moyens tous azimuts afin de faciliter et accélérer cette intégration. Nous aurons bien sûr des domaines spécifiques de réformes à prendre en compte dans chacun des pays. De même dans un continent qui a des besoins immenses, les priorités sont partout. Cependant, je pense qu’il faut d’abord renforcer la BAD, lui permettre de jouer, de façon plus importante, son rôle de financement du développement. C'est-à-dire aller chercher les sources de financement là où elles se trouvent, aussi bien au niveau des pays que hors de ceux-ci, faire en sorte qu’on puisse mobiliser les ressources et travailler dans l’intérêt du continent africain. Il faut ensuite se concentrer sur des domaines qui sont une priorité majeure pour les Etats africains. Ces préoccupations immédiates, ce sont les questions de l’emploi des jeunes et de l’autonomisation des femmes, de l’intégration régionale qui, aujourd’hui plus que jamais, doit aller au-delà du discours. C’est aussi la seule réponse valable pour les questions de sécurité et de paix. Les crises passées et actuelles dans de nombreux pays qui détruisent plusieurs années de développement d’un pays, et leurs coûts cumulés rappellent avec acuité la nécessité d’intégrer au mieux les questions de paix,  de sécurité et de gouvernance, reconnues par tous comme un préalable au développement économique et social. Mais on ne peut pas faire tout cela si l’on ne met pas les Africains au-devant de tout, si le capital humain n’est pas au centre. Mon avantage est que je connais  la maison, je sais où il faut agir et ce qu’il faut faire  pour atteindre rapidement la performance.
 
Quels sont les atouts de sa candidature qui le favorisent face à ses adversaires ?
 
J’ai une longue expérience, en tant que décideur public et international, en matière de leadership, de conduite de dialogue, de développement de partenariat bilatéral et multilatéral, de gestion stratégique axée sur les résultats. Mon expérience est exceptionnelle et unique au sein de la BAD où j’ai passé 29 ans dans les Opérations jusqu’à la responsabilité de Vice-président chargé des services institutionnels en passant par le poste de Secrétaire général. J’ai parcouru la BAD de long en large, si bien que je peux prétendre, mieux que quiconque, avoir une parfaite connaissance des rouages de la maison BAD, et la meilleure manière appropriée de mobiliser cette machine sans perte de temps. A cela s’ajoute mon expérience gouvernementale au Tchad comme Ministre du Plan, de l’Économie et de la coopération internationale, puis Secrétaire Général de la Présidence – poste stratégique pour la compréhension le fonctionnement d’un pays au niveau le plus élevé – et enfin aujourd’hui comme Ministre des Finances et du Budget. Je peux donc me targuer d’avoir eu une bonne préparation pour être immédiatement opérationnel et efficace à la tête de la BAD au service de l’Afrique.
 
 
Qu’aviez-vous appris de vos années d’expérience gouvernementale qui vous servirait à la présidence de la BAD ?
 
Toute ma vie, j’ai travaillé pour le développement de ce continent, sous ses multiples et complexes dimensions ; les expériences particulières que j’ai acquises aussi bien à la Banque durant 29 ans, qu’au Gouvernement et au Cabinet du Président de la République du Tchad m’ont préparé à cette mission. Secrétaire Général de la Présidence de la République du Tchad, j’ai appris la complexité et les enjeux de la gestion d’un pays, confronté à des défis complexes, que je n’aurais appréhendés dans toutes leurs dimensions en tant que  fonctionnaire de la BAD. De ces expériences à l’échelle du pays, j’ai tiré une leçon dont la quintessence se résume au fait que l’œil de l’expert ne voit pas toujours certaines complexités inhérentes aux pays qui sollicitent l’aide au développement. Comme Ministre de l’Economie et de la Coopération Internationale, puis Ministre des Finances et du budget, j’ai mesuré le courage qu’il faut pour mener des réformes à l’échelle d’un pays afin de libérer les énergies de développement.
 
Quels sont projets de réformes qu’il ainitiéesau niveau national, sur le plan finance et budget ?
 
Malgré le contexte économique difficile lié à la guerre que nous impose le terrorisme international etaux baisses des recettes pétrolières au deuxième semestre, des résultats importants ont été réalisés dans le domaine de la gestion des finances publiques en termes d’amélioration et d’assainissement. Pour être succinct, nous avons mis en œuvre des réformes qui ont permis au Tchad d’obtenir le 1er août 2014, l’Accord du FMI au titre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC), et qui conduira, après plus de 10 ans d’attente, à la concrétisation de l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE), attendue pour le premier trimestre de l’année 2015.  De même, nous avons pu obtenir une augmentation de plus 15% des recettes fiscales hors pétrole  par rapport à l’objectif annuel. Nous avons également initié un recensement des fonctionnaires qui a permis d’assainir la base des données et de faire gagner à l’Etat environ 17 milliards de FCA par an.  Enfin, nous avons mis en place un mécanisme de suivi des recettes pétrolières ainsi que leur publication qui ont éminemment  contribué à ce que le Tchad soit  éligible le 15 octobre 2014 à l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE). Donc, globalement un pas important a été franchi dans l’assainissement des finances publiques et qui se poursuit en 2015 avec des actions importantes, telles que l’informatisation des impôts, l’audit de tout le portefeuille de l’Etat et la mise en place d’une comptabilité intégrée de l’Etat.
 
 
Quelles seraient ses visions pour l’économie africaine ? Quels rapports entretiendrez-vous avec les autres institutions à l’image de BAD dans le reste du monde. Et pourquoi ?
 
La BAD travaille déjà en coordination avec beaucoup d’organisations qui financent le développement tout en prônant l’intégration. Par exemple,  la CEA et l’UA sont les piliers de l’intégrationafricaine et doivent travailler de concert pour l’intérêtdes pays africains. Elles ont déjà une coordination desactions et doivent travailler à bâtir une vision commune,dans l’intérêt de l’intégrationafricaine. Ce n’est pas uneoption pour ces institutions, c’est une obligation !La Banque mondiale et la BAD, tout comme les autresinstitutions de financement du développement enAfrique, devraient davantage mettre en commun leursressources au profit des pays africains, et cela, dans l’espritde la Conférence de Paris de 2005 sur la coordinationet l’efficacité de l’aide.

Mahamat Ramadane
Journaliste-reporter Alwihda Info. Tél : +(235) 63 38 40 18 En savoir plus sur cet auteur

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