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COMMUNIQUE

« La réalisatrice ne proclame pas sa féminité, elle bondit sur l’image »


Alwihda Info | Par Abdou Baya - 17 Octobre 2013 modifié le 17 Octobre 2013 - 12:59

Cordoue, le 17 octobre 2013. « Le tigre ne proclame pas sa tigritude, il bondit sur sa proie ». C’est en reprenant cette phrase de l’écrivain prix Nobel de la littérature Wole Soyinka, que la réalisatrice Laurence Attali illustre l’attitude d’un nombre croissant de femmes cinéastes aujourd’hui en Afrique. Selon Attali, elles doivent continuer de créer, d’agir, sans nécessairement proclamer leur féminité.


« La réalisatrice ne proclame pas sa féminité, elle bondit sur l’image »
Les propos de cette réalisatrice franco-sénégalaise ont été entendus dans le cadre des rencontres professionnelles du Festival de cinéma africain de Cordoue (FCAT), qui abordent entre autres le rôle des femmes créatrices dans le secteur du septième art en Afrique. Sont également au rendez-vous Narimane Mari, réalisatrice et productrice franco-algérienne, Arya Lalloo, réalisatrice sud-africaine et Guadalupe Arensburg, écrivaine espagnole spécialisée.

Narimane Mari, qui partage cette vision d’Attali, considère que la femme cinéaste doit ignorer la dimension du genre et des relations entre les sexes si elle veut parvenir à représenter le plus fidèlement possible la réalité. Notamment en Algérie, elle doit éviter de se positionner en tant que femme vis-à-vis du reste de son équipe ainsi que des bailleurs de fonds. En mettant de coté sa féminité, elle s’éloignera des codes sociaux qui reproduisent l’inégalité entre les sexes. En outre, Mari souligne qu’en Algérie l’Etat soutient la création de films qui abordent la situation de la femme dans la société ; cependant ils ne sont pas réalisés par des femmes. Selon Mari, c’est pour cette raison qu’une question devient de plus en plus pressante en Algérie : « quelles sont les voix qui parlent de la femme, et comment la représentent-elle ? »

La question se pose également de l’autre côté du continent, en Afrique du Sud. Mais selon Arya Lalloo, réalisatrice sud-africaine, il ne faut pas pour autant que les femmes réalisatrices se sentent contraintes à intégrer la problématique du genre dans les films qu’elles font. Se positionner d’abord en tant que femme au lieu qu’en tant que créatrice génère des barrières à l’expression. Ainsi, Lalloo préfère adopter une approche subtile dans ses films. Elle l’a fait lors de son dernier documentaire, Jeppe on a Friday. Il s’agit d’une compilation de témoignages et d’histoires de vie saisies dans un quartier de Johannesburg où le patriarcat est palpable. A première vue, les protagonistes sont les hommes : aucune femme ne témoigne devant la caméra. Mais suite à une analyse plus scrupuleuse, le spectateur se rendra compte que ce n’est pas parce que son corps n’apparaît pas dans l’écran que le regard de la femme est ignoré. C’est une équipe de plusieurs réalisatrices qui a tourné le film et ce sont elles qui ont instruit leurs interlocuteurs à répondre à leurs questions et à faire ce qu’elles veulent obtenir d’eux.

Les rencontres professionnelles du Festival de cinéma africain de Cordoue rassemblent des réalisateurs et d’autres agents de l’industrie du film, ainsi que des journalistes, dans le but de réfléchir de façon conjointe sur les enjeux des cinématographies africaines à l’heure actuelle. Inaugurées le mardi 15, ces rencontres se poursuivent jusqu’au vendredi 18 octobre, jour de la cérémonie de remise des prix du FCAT 2013.


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