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AFRIQUE

La société Spcrs finalement dissoute et liquidée : Accusé de sabotage, l’ex -Pca Ibrahima Diop s’explique !


- 21 Février 2014 modifié le 21 Février 2014 - 18:55

Dans notre dernière édition, nous révélions que la Société de promotion et de commercialisation du riz au Sénégal (Spcrs Sa) allait être dissoute et liquidée. Comme nous l’acrivions du reste, les administrateurs et associés avaient déjà calé une date pour enterrer cette société éphémère puisqu’elle n’a vécu que trois « longues » années. Et dans la douleur et la souffrance financière ! Jeudi dernier, comme l’avait si bien annoncé « Le Témoin », les décideurs ont finalement fait recours à l’euthanasie pour sa dissolution et sa liquidation. Une procédure dénoncée par certains associés qui accusent le désormais ex-Pca, Ibrahima Diop « Croix du Sud », d’avoir provoqué la mort de la Spcrs. Face à ces accusations, le patron de « Tds » réplique et s’explique !


Par Pape NDIAYE

Sur la base d’un capital de 500 millions fcfa, la Société de Promotion et de Commercialisation du Riz au Sénégal (Spcrs) avait été créée en 2011. Elle avait pour objectif de promouvoir et de commercialiser le riz local ou riz de la vallée. La défunte Spcrs avait également pour but d’organiser, de stabiliser et de sécuriser la mise sur le marché du riz sénégalais en quantité et en qualité répondant aux besoins des consommateurs. En cas
 
de besoin, la structure devait intervenir pour sécuriser le marché national comme le font les acteurs de la filière oignon, quitte à faire stopper par l’Administration toute opération d’importation de riz au Sénégal. Cette initiative du commerçant Moustapha Tall avait été saluée par l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade, qui avait manifesté sa volonté d’appuyer la création d’un projet visant à promouvoir la filière du riz local. Joignant le geste à la parole, comme nous l’avions expliqué dans notre avant-dernière édition, le président Wade avait libéré un montant de 7 millions fcfa par le biais de son ancien ministre du commerce Amadou Niang. Cette participation financière était destinée à payer un cabinet pour les études de faisabilité, c’est-à-dire de vérifier si, « théoriquement », le projet était cohérent avec la stratégie et les moyens de l'entreprise. C’est dans ces conditions que la Société de promotion et de commercialisation du riz au Sénégal (Spcrs Sa) avait été créée. Elle avait comme administrateurs et associés, tous les acteurs du riz : commerçants, importateurs, cultivateurs, transporteurs etc… Ainsi chaque actionnaire avait eu à libérer un montant de 10 millions fcfa soit les trois quarts du capital. À l’arrivée, il y avait un capital global de 125 millions fcfa pour le démarrage des activités. Hélas, quatre ans après la création de la Spcrs dont le président du conseil d’administration (Pca) était M. Ibrahima Diop « Croix du Sud », rien n’avait été fait ! Pire, la Spcrs croulait sous le poids des créances jusqu’à ce que le personnel soit sommé par le bailleur immobilier de libérer ses locaux.
 
Le jeudi 13 février dernier, administrateurs et associés se sont réunis en assemblée générale extraordinaire dans les locaux de « Tds » (Tiger denrées Sénégal), l’entreprise de Ibrahima Diop « Croix du Sud ». But de ce conclave ? Proposer la dissolution et la liquidation de la Spcrs. Ce qui a été fait
 
malgré l’absence de plusieurs associés qui se sont plaints de n’avoir pas été convoqués. Comme ce fut le cas du commerçant-importateur Bocar Samba Dièye. N’est-ce pas Ibrahima Diop ? « Non ! Bocar a été convoqué… À la sortie de la réunion interministérielle sur le riz, je lui en avais parlé ! » dit-il. Sur la gestion jugée « gabegique » de la société, l’ex-Pca Ibrahima Diop a expliqué qu’en dehors du directeur général démissionnaire et du petit personnel, aucun administrateur n’était rémunéré. « A vrai dire, la faillite n’est pas la seule cause de la dissolution de l’entreprise puisque les associés n’ont jamais respecté leurs engagements consistant à libérer le restant du capital » a tenu à préciser M. Ibrahima Diop. Et l’ex-Pca d’accuser l’Etat de n’avoir jamais accompagné la structure. Explication : « le président Wade avait pris des engagements qu’il n’a jamais respectés comme mesure d’accompagnement c’est-à-dire prendre en charge les frais de location du siège de la Spcrs, construire des hangars et apporter d’autres financements. Et puisque nous ne pouvions plus mener des activités, les associés ont pris la décision de liquider la société. On était en faillite ! » reconnaît l’ex-Pca, M. Ibrahima Diop. Dans la foulée, il fustige le comportement de certains associés cagoulés qui, selon lui, ne s’agitent que pour fuir leur responsabilité.
 
En créant cette société, a rappelé M. Ibrahima Diop, la structure était une société privée mais ayant une mission de service public tendant à promouvoir le riz local et stabiliser le marché. « Tout le monde y trouvait son compte. Les paysans détenaient 33 % du capital tandis que les 67 % revenaient aux importateurs, commerçants et transporteurs. Malheureusement, depuis sa création, la Spcrs était laissée à elle-même ! Cela se comprend du fait que certains associés s’étaient engagés uniquement pour faire plaisir à Me Abdoulaye Wade » se désole M. Ibrahima Diop, directeur
 
général de Tiger Denrées Sénégal (Tds). Considéré ces trois dernières comme le N° 1 de l’importation de riz au Sénégal, Ibrahima Diop « Tds » avait-il voulu ou souhaité la mort de la Spcrs, laquelle visait à stopper l’importation du riz ? Cette liquidation était-elle une liquidation à « l’amiable » compte tenu de l’absence de certains associés ? Dans les coulisses et dans le milieu des commerçants, certains associés se disent convaincus que la structure a été sacrifiée sur la base d’un forcing, pour ne pas dire d’une forfaiture.
 
Une chose est sûre, le grand importateur de riz Moustapha Tall a décidé de faire une conférence de presse pour dénoncer ce qu’il qualifie d’« injustice » tout en exigeant le remboursement de ses 10 millions fcfa représentant sa participation au capital. La bataille du riz est donc lancée. Et lorsque des « riziculteurs » se battent entre eux, ce sont les marmites qui souffrent et les ventres qui pleurent !
 
Pape NDIAYE
« Le Témoin » N° 1154 –Hebdomadaire Sénégalais ( FEVRIER 2014)


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