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AFRIQUE

La vision du candidat Bedoumra Kordjé : "Agir pour une Afrique émergente"


Alwihda Info | Par - 10 Avril 2015 modifié le 10 Avril 2015 - 16:30


SYNTHESE DE LA VISION DU CANDIDAT BK

Bedoumra Kordjé. Crédit photo : Sources
Bedoumra Kordjé. Crédit photo : Sources

La vision de M. Kordjé Bedoumra, candidat du Tchad, intitulée « AGIR POUR UNE AFRIQUE EMERGENTE» s’articule autour de 5 priorités stratégiques :  (a) accélérer l’intégration économique régionale pour créer un marché africain dynamique et compétitif ; (b) faire de l’emploi des jeunes et l’autonomisation des femmes, une priorité absolue pour un développement inclusif et durable du continent ; (c) promouvoir le développement du capital humain ; (d) promouvoir une meilleure intégration des questions de paix, de sécurité et de gouvernance dans la conception et la mise en œuvre des programmes de développement ; (e) transformer la BAD pour en faire une institution plus innovante et axée sur l’efficacité de sa contribution à l’émergence du continent africain.

 

Priorité n°1 : ACCELERATION DE  L’INTEGRATION ECONOMIQUE REGIONALE POUR CREER UN MARCHE AFRICAIN DYNAMIQUE ET COMPETITIF. Cette priorité devrait se réaliser à travers les axes suivants : (i) la réalisation accélérée des infrastructures physiques régionales, en particulier les transports, l’énergie et les Technologies de l’Information et de la Communication. Il s’agit de lever les principaux obstacles physiques au commerce interafricain par le bitumage des routes régionales, l’amélioration de la compétitivité grâce au développement d’accès à l’énergie et  soutenir la mise en place accélérée des moyens modernes de communication ;  (ii) soutien aux communautés économiques régionales pour la mise en œuvre effective des plans et programmes d’intégration. A cet effet, la Banque devrait notamment signer avec les différentes communautés économiques régionales (CER),  un contrat d’obligation commune de résultats dans l’intégration économique ; (iii) promotion et  partage du savoir, des expériences et  coopération entre les pays africains.

 

Priorité n°2 : EMPLOI DES JEUNES ET AUTONOMISATION DES FEMMES : UNE PRIORITE ABSOLUE POUR UN DEVELOPPEMENT INCLUSIF ET DURABLE. Cette priorité est sous-tendue par  2 axes : (i) Promotion en faveur des jeunes et des femmes, de l’entreprenariat et développement des PME/PMI à travers la création d’un Fonds Africain de Financement des PME/PMI et l’augmentation des  capacités du Fonds Africain de Garantie ; (ii) Promotion  d’un développement rural qui valorise l’emploi des femmes et des jeunes et préserve durablement l’environnement. Il s’agit d’une part de prendre des mesures pour permettre l’autonomisation des femmes et l’emploi des jeunes, et d’autre part d’éliminer  les imperfections et défaillances  institutionnelles qui handicapent le développement du secteur privé.

 

Priorité n° 3 :  DEVELOPPEMENT D’UN CAPITAL HUMAIN EDUQUE, FORME ET EN BONNE SANTE POUR UNE AFRIQUE MAITRE DU SAVOIR ET DE SON DESTIN, qui implique 2 axes : (i) Faire de l’école et de la formation universitaire et professionnelle, un outil de gain de confiance en soi pour la future génération et développer, sur le sol africain, un capital humain en quantité et qualité et (ii) développer les pôles d’excellence orientés vers la recherche fondamentale et appliquée pour les secteurs stratégiques et mettre à contribution la Diaspora.

 

 

PRIORITE N° 4 : PROMOUVOIR UNE MEILLEURE INTEGRATION DES QUESTIONS DE PAIX, DE SECURITE ET DE GOUVERNANCE DANS NOS PROJETS ET POLITIQUES DE DEVELOPPEMENT. Cette priorité comprend 3 axes : (i) Le renforcement de la gouvernance économique ; pour cela, il faut  accélérer et adapter les réformes aux situations de chaque pays pour permettre à l’Afrique de profiter pleinement des effets bénéfiques de ces réformes et promouvoir un développement économique décentralisé et inclusif qui réduise les disparités entre les régions, les villes, les milieux urbain, périurbain et rural ; (ii) définition de programmes plus adaptés pour les zones de conflit accentué, tenant  compte du fait que les pays africains sont à des degrés de développement divers : les émergents, ceux à revenu intermédiaire, les pays à faible revenu et les pays caractérisés par des situations dites de fragilité ; (iii) La maitrise des facteurs et l’anticipation des causes des conflits. La Banque, en concertation et en accord avec les pays, doit jouer un rôle majeur dans la réalisation des études spécifiques sur les facteurs et les causes de ces conflits, assorties de plans de réalisations à court, moyen et long termes. Ces outils permettront aux pays et aux partenaires de développement, de mobiliser les efforts susceptibles de réduire et d’anticiper la plupart des risques futurs.

 

PRIORITE N° 5 : TRANSFORMER LA BAD POUR EN FAIRE UNE INSTITUTION PLUS INNOVANTE ET AXEE SUR L’EFFICACITE DE SA CONTRIBUTION A L’EMERGENCE DU CONTINENET AFRICAIN

Sous cette priorité, le candidat se propose de : (i)  consolider les atouts de la BAD (solidité financière, capacité à mobiliser des ressources, accroissement du volume de ses interventions  tant en faveur du secteur public que du secteur privé, forte  visibilité, respectabilité et crédibilité) (ii) faire face aux défis opérationnels et de gouvernance ; (iii) mobiliser les ressources humaines (cultiver et maintenir un climat de confiance et de respect mutuel, de collaboration et de dialogue franc, réalisation de l’équilibre interne du genre et renforcement d’un processus de recrutement transparent).

 

PORTRAIT DU CANDIDAT KB

 

« Je suis candidat à la Présidence du Groupe de la Banque Africaine de Développement parce que j’ai foi en l’Afrique, en sa capacité à se transformer pour relever les nombreux défis auxquels elle est confrontée…Toute ma vie, j’ai travaillé pour le développement de l’Afrique, sous ses multiples et complexes dimensions ; les expériences particulières que j’ai acquises aussi bien à la Banque durant 29 ans, qu’au Gouvernement et au Cabinet du Président de la République du Tchad, m’ont préparé à cette mission ». 

 

Cet extrait du document de la vision qui accompagne le dossier de la candidature de Kordjé Bedoumra à la présidence de la BAD résume l’essentiel des atouts du candidat du Tchad : parfaite connaissance de la maison BAD, énorme capital d’expérience de gestion du développement au niveau national et solide foi en  l’avenir de l’Afrique accompagnée par la BAD. Tout se passe comme si l’homme, mû par une puissance supérieure, avait patiemment préparé son avènement à la tête de la première institution africaine de financement de développement du continent. 

 

Le parcours  de Kordje Bedoumra se résume en fait à deux grandes étapes: la BAD et l’expérience home.

 

Pour son retour au pays natal, l’actuel (depuis octobre 2013) Ministre tchadien des Finances et du Budget s’est vu assigné une mission précise assortie d’une feuille de route claire: doter le Tchad d’instruments modernes de gestion et de bonne gouvernance, afin de pérenniser l’essor économique galvaniser par les revenus pétroliers, pour un développement basé sur une économie diversifiée. Et ce monstre du travail bien fait,  de la pugnacité et de la rigueur, est en passe de réussir ce pari, à en juger par ces quelques résultats: le point d’achèvement de l’Initiative PPTE qui permettrait l’annulation de toute ou partie de la dette extérieure, et auquel le Tchad aspire depuis 2001, est attendu pour se semestre 2015 ; le Tchad a été admis le 15 octobre 2014 comme membre à part entière des pays de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives; en janvier 2014, le parlement a adopté une nouvelle loi organique mettant le Tchad en conformité avec les standards régionaux de la Communauté économique et monétaire des États de l’Afrique centrale et les bonnes pratiques internationales ; concomitamment, le circuit des dépenses publiques a été informatisé, tandis que la gestion des salaires et le recensement des fonctionnaires ont permis à l’Etat tchadien d’économiser désormais 17 milliards de F.CFA par an ; enfin, Kordjé Bedoumra, en coordination avec son collègue des Hydrocarbures, s’est attaqué à l’amélioration de la gestion des ressources pétrolières, qui constituent plus de 60 % des revenus du Tchad. 
 

Déjà à son entrée au Gouvernement en 2012 comme  ministre du Plan, Kordjé Bedoumra a dirigé l’élaboration effective du Plan national de développement 2012-2015. Ensuite, en février 2013, il est appelé auprès du Chef de l’Etat, le Président Idriss Déby Itno, comme Secrétaire général  de la Présidence, poste qui lui a permis de comprendre « la grande complexité et les enjeux de la gestion d’un pays, confronté à des défis multidimensionnels et compliqués à intégrer dans une bonne compréhension des solutions au développement d’un pays », comme il l’écrit dans l’introduction de sa vision.
 

A verser dans cette cagnotte d’expérience acquise sur le plan national, les responsabilités internationales qu’assume Kordjé Bedoumra :  Président du Conseil des Gouverneurs du Fonds Monétaire International et de la Banque mondiale (élu en octobre 2014 lors des Assemblées Annuelles de ces deux Institutions à Washington) ; durant l’année 2014, il a été Président du Conseil d’Administration de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale et Président du Comité Ministériel de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale. 
 

Quant à la phase Banque Africaine de Développement, Kordjé Bedoumra  y entre en 1983 comme expert en télécommunications, accède à partir de 1996 à des postes de direction, d’abord dans le secteur des Infrastructures, puis à compter de 2006, il dirige conjointement le département Eau et assainissement et celui de la Facilité africaine de l’eau. Puis il montre d’un cran pour devenir secrétaire général de la Banque (2008-2009), participant à ce titre à toutes les décisions politiques et d’orientation et culmine à la vice-présidence, en charge des services institutionnels.

De fait, si l’élection à la BAD était une simple question de compétence et de qualification professionnelle, on dirait sans risque de se tromper que Kordjé Bedoumra fait figure de favori parmi les 8 candidats dont toutes les déclarations et les visions sont unanimes pour reconnaître que les acquis de la Banque doivent être pérennisés et consolidés : qui mieux que cet homme connaissant par cœur les rouages de la Banque, est à même d’accomplir  avec le plus d’efficacité cette mission ? 


Mahamat Ramadane
Journaliste-reporter Alwihda Info. Tél : +(235) 63 38 40 18 En savoir plus sur cet auteur

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