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AFRIQUE

Le Mali ne sombrera pas dans l’obscurantisme terroriste islamiste


Alwihda Info | Par Farid Mnebhi - 15 Janvier 2013 modifié le 16 Janvier 2013 - 00:31


Avant d’entamer mon propos, il serait cohérent de brosser rapidement la sitation qui prévalait au Mali avant le 11 janvier 2013, date de l’intervention militaire française dans ce pays ami et allié.
Depuis 2012, le Mali se trouve divisé en deux pays. Au Nord, la région était contrôlée par des groupes islamistes, qui s'en sont emparés par la force et ont décrété l'indépendance de cette région en avril dernier. Ils y font régner la terreur. Au Sud, le pays restait sous autorité du gouvernement légal.
Cependant, le 07 janvier 2013, la situation s'est subitement aggravée avec l’avancée des rebelles islamistes qui ont franchi la ligne de séparation des deux Mali, et ont fini par pénétrer armés dans la ville de Konna, bastion stratégique leur permettant de progresser ensuite plus au Sud vers Bamako, la capitale.
C’est ce casus belli qui a accéléré la décision de la décision de Paris à intervenir militairement pour protéger le Mali d’une catastrophe sécuritaire et humaine et éviter que ce pays ne devienne un Etat terroriste.
Uine intervention justifiée en raison de l’incapacité de l’armée malienne à affronter ses hordes terroristes suréquipées, bien entrainées et estimées à 6.000 individus dont de nombreux Pakistanais, Afghans, algériens, libyens, mauritaniens, nigérians, polisariens tandis que les Touaregs sont minoritaires.
Aussi face à cette nouvelle menace pour la paix et la sécurité internationale, le Président français pris la décision d’engager les troupes françaises au Mali afin de mettre hors d’état de nuire ces terroristes jihadistes d’AQMI, du MUJAO, d’Ansar Dine ainsi que leurs alliés touaregs du MNLA et ce, afin d’entraver l'établissement d'un État narcoterroriste.
C’est ce grave risque de voir le Mali devenir un sanctuaire de groupes terroristes qui dépasserait la zone malienne pour englober toute la région sahélienne mais d’autres Etats comme le Nigeria où sévissent les Boko Haram et la Somalie avec le Shebabs qui fait que l'intervention militaire française est totalement justifiée.
Une intervention qui a reçu le soutien de la communauté internationale mais aussi de nombreux pays africains et organisations internationales.
A noter que sur ce chapitre, l’Algérie, qui s'est toujours opposée à une intervention militaire, a opéré virage à 180° en donnant sa neutralité bienveillante à l’intervention française, s’abstenant toutefois d’affirmer son soutien, en acceptant le survol de son espace aérien par l’aviation militaire française, en bouclant ses frontières terrestres avec le Mali et en abandonnant les narco-islamistes d'Ansar Dine, ses alliés traditionnels, reçus par Bouteflika en 2012 en grandes pompes et présentés par le gouvernement algérien comme des interlocuteurs valables pour trouver une solution politique à la crise.
Malgré ce changement du pouvoir algérien, il se doit de signaler que la presse algérienne se montre très critique envers la France et sa décision d'intervenir militairement au Mali. De nombreux quotidiens algériens, n’ont pas manqué de condamner fermement l'attitude de la France dans la gestion de la crise malienne.
Il est vrai, que ces quotidiens algériens répondaient à des instructions de certains clans, notamment les généraux qui ont toujours été extrêmement réservés à cet égard, pour ne pas dire hostiles.
Une hostilité qui peut s’expliquer comme suit :
1/ la région du sahélo-saharienne regorge de richesses minières et d’hydrocarbures.
Aussi, un contrôle de ces cercles du pouvoir algérien sur ces hordes terroristes et séparatistes permettra aux foreurs de l’entreprise algérienne Sonatrach, en créant un vide de contrôle, de pouvoir se déplacer en toute liberté dans cette zone.
2/ Il est de notorité publique qu’AQMI est une pieuvre créé par l’Algérie, constituée d’anciens membres du Groupe Islamiste Armée (GIA, créé après la confiscation de la victoire du Front islamique du salut (FIS) aux élections législatives en 1992 et d’anciens membres des forces armées algériennes.
Un mouvement qui a été infiltré par les services algériens qui opérent un certain contrôle sur ce mouvement terroriste.
3/ quant aux liens qu’entretient l’Algérie avec le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA), qui demande l’indépendance du Nord du Mali, il est certain qu’ils sont d’un intérêt crucial pour les autorités algériennes.
Il n’est nullement question pour le pouvoir algérien qu’une quelconque contagion indépendantiste touareg se déroule sur son territoire.
4/ le pouvoir algérien est également fortement soupçonné de vouloir créer une zone grise au Nord du Mali car c’est une région où il existe un trafic de drogue très important, dans lequel certains cercles très élevés maliens et algériens sont impliqués.
Pour toutes ces raisons, l’Algérie restera très passive, comme si elle attendait de voir la suite des événements avant de se prononcer. En cas d’obtention de l’indépendance de l’Azawad, l’Algérie pourra dire qu’elle n’a pas contré le MNLA.
Pour l’Algérie, ce ne serait pas totalement négatif puisqu’elle pourrait éventuellement asseoir plus facilement son influence sur un AZAWAD nouvellement indépendant que sur le Mali, pays avec qui les relations ne sont pas très bonnes.
En cas d’échec, elle pourra se présenter comme non solidaire du mouvement, ou faire office de médiateur, rôle qu’elle a déjà joué dans la rébellion de 1990 et qu’elle joue aujourd’hui avec le Burkina Faso.
Tout se passe comme si l’Algérie laissait faire pour savoir sur qui elle pourra avoir le plus d’influence, afin de tirer le maximum d’opportunités le moment venu.
C’est ce rôle ambigu que joue l’Algérie au Sahel qui pose de nombreuses interrogations sur la crédibilité des positions prises par les décideurs d’Alger.
Des décideurs algériens qui se sont évertués à bloquer toutes tentatives d’enrayer le terrorisme, la criminalité internationale et le trafic de drogue dans la région sahélo-saharienne en mettant en veilleuse le Comité d’Etat-Major Opérationnel Conjoint (CEMOC).
Une entité mise en place en 2010 par le Niger, la Mauritanie, le Mali et l’Algérie pour lutter contre AQMI mais qui n’a jamais menée une opération conjointement par ces pays.
L’Algérie ne dispose t’elle pas d’un budget et de forces militaires suffisantes pour écraser les terroristes et les bandes de criminels qui circulent librement sur son territoire national ?
C’est cette position attentiste de l’Algérie et sa volonté cachée de voir la région sahélo-saharienne sombrer dans le chaos qui ont généré le démembrement du Mali, la déliquescence du pouvoir central de Bamako, la souffrance du peuple malien.
D’ailleurs, les maliens sont très amers envers leurs voisins du Nord et sont reconnaissants envers la France.
Il importe, aujourd’hui que la force africaine annoncée se constitue le plus rapidement possible et se mobilise sur le terrain et que les responsables politiques maliens s’unissent face à cette agression qui menace l’existence même du pays.
En effet, si la France n'était pas venue aux côtés du Mali, ce pays n'existerait plus, ce serait autre chose que le Mali parce que ces intégristes seraient arrivés jusqu'à Bamako et aurait commencé à menacer l'Afrique, mais aussi la France et l'Europe.
Le Mali ne sombrera pas dans le radicalisme, l’obscurantisme et l’intolérance des terroristes islamistes. Il en va de la sécurité internationale et de la paix dans le monde. La communauté internationale est totalement mobilisée à cet effet.
Cette crise malienne est déjà à l'origine du déplacement de près de 150.000 réfugiés dans les pays voisins et 230.000 déplacés à l'intérieur du pays. Des chiffres qui sont en constante augmentation.
Farid Mnebhi.


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