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AFRIQUE

Le Polisario perd un important soutien européen


Alwihda Info | Par Farid Mnebhi - 30 Juillet 2012 modifié le 31 Juillet 2012 - 00:31


Le gouvernement espagnol a décidé de procéder à l’évacuation de tous les humanitaires espagnols et d’autres nationalités de Tindouf.
Une décision qui intervient après la libération, le 18 juillet 2012 au Nord du Mali, des trois travailleurs humanitaires, deux espagnols et une italienne, enlevés en octobre 2011 à Rabouni en plein cœur de Tindouf par des terroristes islamistes avec la complicité du Polisario et des sécuritaires algériens, après qu’un accord ait été conclu avec les ravisseurs.
Selon certaines informations concordantes, cet accord portait sur la libération de trois terroristes islamistes détenus en Mauritanie ainsi que le versement d’une forte somme d’argent en euro.
A noter que parmi les terroristes libérés figure le dénommé Mamine Ould Oufkir, un élément important du Polisario et dont la libération avait réclamée avec insistance par le MUJAO (Mouvement pour l'Unicité et le Jihad en Afrique de l'Ouest, un groupe terroriste islamiste) mais aussi par les services algériens.
Pour expliquer les motivations du gouvernement espagnol qui ont conduit à l’évacuation de ses ressortissants présents dans la région, il serait adéquat de livrer un aperçu sur la situation qui prévaut à Tindouf et dans la région.
A Tindouf, la situation dans les camps des séquestrés sahraouis est devenue insurrectionnelle. De nombreux jeunes protestaires ont été blessé par balles et des dizaines d’autres interpellés alors qu’ils manifestaient à Rabouni contre le principal dirigeant du polisario, Mohamed Abdelaziz.
Face à ce climat tendu, l’armée algérienne a déployé des hélicoptères, qui survolent en permanence les camps de la honte à Tindouf, décrété l’alerte générale et soumis l’aéroport de Tindouf à des mesures sécuritaires draconiennes.
Il y a lieu de souligner que la colère de la jeunesse sahraouie séquestrée à Tindouf est la résultante d’une grave pénurie des produits de l’aide humanitaire, dont une grande partie est détournée par la nomenklatura du Polisario qui la met à la vente sur les marchés des pays du sahel pour s’enrichir, de l’inactivité endémique et de l’absence de perspectives dans les camps.
De plus, la grande majorité des sahraouis de Tindouf considèrent comme improductif le blocage par la direction du Polisario du processus de négociation avec le Maroc sur l’avenir du Sahara occidental.
D’ailleurs, ce malaise à l’intérieur des camps trouve un écho dans les rangs du Polisario, qui continue d’être miné par les démissions et les dissensions. La soudaine démission de Haj ahmed Berkalla du poste de ministre de la coopération et celle de Aliine Kantaoui, représentant des séparatistes en Suède, sont les dernières de toute une série de défections de plusieurs de ses responsables et la preuve irréfutable de la déliquescence du Polisario.
En outre, un rapport réalisé par le think tank US, Atlantic Council et le Soufan Group spécialisés dans les questions stratégiques internationales, affirme que l’existence avérée de liens étroits entre AQMI, le MUJOA et le Polisario constituait une menace pour la région du Sahel et du Maghreb.
Ce rapport intitulé « L’extrémisme islamiste hypothèque la renaissance de l’Afrique », confirme également que dans les camps de Tindouf les jeunes frustrés et désœuvrés sont devenus une proie facile pour les recruteurs des groupes terroristes, à la recherche de recrues pour mener leurs opérations de prise d’otages avec demande de rançons, de trafics de drogues et d’autres activités criminelles.
Ce même rapport dévoile le fait que la situation au Maghreb est d’autant plus grave qu’AQMI a été le bénéficiaire des circonstances de la chute du régime Kadhafi en profitant à souhait des flux d’armes et des militants qui avaient combattu aux côtés des forces loyales à l’ancien régime et a pu mener des opérations contre la Mauritanie, le Mali et le Niger.
Les conclusions de ce rapport sont confortées par la communauté internationale, notamment les grandes puissances, qui craint que la situation dans la bande du Sahel ne s’embrase davantage avec l’alliance de raison entre les hommes du Polisario et ceux d’AQMI.
Les premiers, bien entrainés aux techniques de la guérilla et connaissant parfaitement la région ont besoin d’argent. De leur côté, les chefs terroristes ont un lourd arsenal de guerre ramené du front libyen et beaucoup d’argent soutiré des prises d’otages occidentaux, ont besoin de renfort, notamment en hommes bien entrainés pour les aider à contrôler tout le Nord du Mali et les régions voisines.
C’est la raison pour laquelle de nombreuses capitales occidentales craignent le pire, à savoir une déstabilisation de toute la région sahélo-saharienne
Face à cette situation délétère qui prévaut à Tindouf et au Sahel l’Espagne a décidé l’évacuation de ses ressortissants et ceux d’autres pays de Tindouf mais aussi du Nord Mali.
Une décision annoncée par José Manuel Garcia-Margallo, Ministre espagnol des Affaires Etrangères et motivée par la forte recrudescence de l’insécurité dans les camps des séquestrés de Tindouf et dans la région sahélo-saharienne, devenus une plateforme terroriste.
Il serait également légitime de rappeler que le régime algérien a toujours prétendu s’autoproclamer le gendarme du Sahel et être le chef de file d’une structure régionale de lutte contre le terrorisme.
Or, il c’est avéré que cette structure était surtout un moyen pour Alger de tenter d’exercer une influence et de se valoriser auprès des Etats-Unis et des pays européens qui sont par ailleurs sévères sur la situation politique et économique de l’Algérie.
L’échec de la gestion sécuritaire algérienne est patent et s’explique par le fait qu’Alger s’est ingénié à écarter le Maroc.
Mais, tous les pays s’accordent à affirmer que rien ne pourrait se faire sans le Maroc qui est naturellement un pays du champ puisqu’il a des centaines de kilomètres de frontières avec la Mauritanie et l’Algérie.
La communauté internationale vient aujourd’hui de saisir le véritable jeu dangereux algérien dans la région. Un jeu d’autant plus vain que le Maroc est une puissance saharienne, sahélienne et africaine de premier ordre que personne ne peut ignorer.
Les événements récents démontrent que la stabilité dans toute cette partie de l’Afrique ne peut être garantie sans une forte implication du Royaume.
En conclusion, il est permis d’affirmer que, suite au laxisme et au tropisme des autorités algériennes, la région sahélo-saharienne est devenue le terreau fertile de toutes les dérives (terrorisme, trafic de tout genre, prise d'otages, extrémisme religieux) et que la décision prise par le gouvernement espagnol de rapatrier tous ses humanitaires témoignent également des accointances des responsables du Front Polisario avec ces milieux avec l’assentiment des sécuritaires algériens.
Avec ce geste fort, l’Espagne, dirigée par un gouvernement de droite, lance un message fort à l’Algérie, apporte un soutien sans équivoque à la proposition marocaine de règlement de la question du Sahara et reconnait les compétences avérées du Royaume du Maroc en matière de lutte anti-terroriste.
Les humanitaires ont été rapatriés avec leur plein consentement. Ils ne sont en aucun cas des fonctionnaires de l’Etat espagnol qui auraient répondu à des instructions. C’est librement, à leur demande et en connaissance de cause qu’ils ont choisi de quitter Tindouf et la région sahélienne. Le gouvernement espagnol n’a fait que répondre à leur requête pour assurer leur rapatriement en toute sécurité.
Enfin, par son soutien aveugle et incohérent au Polisario ainsi que par son incompétence en matière de lutte antiterroriste, l’Algérie s’est discréditée sur les scènes régionale, continentale et internationale. Un discrédit qui confirme la Berezina diplomatique algérienne sur tous les plans.


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