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POINT DE VUE

Le Sultanat de Dar-El-Kouti et la fuite, 103 ans plus tard ou pour qui (re) sonnera le glas !


Alwihda Info | Par Léon Kidjimalé Grant - 4 Septembre 2014 modifié le 4 Septembre 2014 - 13:43


Par : Léon Kidjimalé Grant

A travers une série de remarques, j'étais conduit à interpeller un compatriote musulman, trop partial dans ses prises de positions, certes justifiées en raison des exactions et des crimes des Anti-ballakas sur des civils musulmans.
 

Pour ce compatriote que je connais depuis l'enfance, la vue du problème est manichéenne. Il y a d'un côté les bons et de l'autre côté, les mauvais ! Exaspéré, je fus emmené à lui faire observer cette réalité historique  sous la forme de Statut sur Facebook.

« Les Arabes ont razzié l’Afrique subsaharienne pendant treize siècles sans interruption. La plupart des millions d’hommes qu’ils ont déportés ont presque tous disparu du fait des traitements inhumains. Cette douloureuse page de l’histoire des peuples noirs n’est apparemment pas définitivement refermée. La traite négrière a commencé lorsque l’émir et général arabe Abdallah ben Saïd a imposé aux Soudanais un ‘Bakht‘ (accord), conclu en 652, les obligeant à livrer annuellement des centaines d’esclaves. La majorité de ces hommes était prélevée sur les populations du Darfour. Et ce fut le point de départ d’une énorme ponction humaine qui devait s’arrêter officiellement au début du XXe siècle.’ »

En proposant d' écouter ceci :

 https://www.youtube.com/watch?v=jcIcd3T2BMw

 

En effet, mon interlocuteur, pour discréditer cette information authentique, avait cru bon de dire que c'est l'histoire, écrite par les Chrétiens, donc elle serait erronée ! Il en était   rien, car l'auteur, Tidiane N’Diaye de ce document  est un sénégalais musulman. Voici ce qui dit à son sujet :

 

En effet « Tidiane N’Diaye jetait un pavé dans la mare en 2008 avec « Le Génocide voilé » (Gallimard). Dans ce livre, l’anthropologue franco-sénégalais aborde sans tabous le sujet de la traite orientale dont ont été victimes des milliers de Noirs africains durant 13 siècles. Alors que la France vient de célébrer, le 10 mai, la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions qui donne un coup de projecteur sur la traite transatlantique organisée par les Occidentaux, Saphir News revient avec lui sur un pan de l’histoire de l’esclavage occulté. »

Cette référente a vite fait de le faire taire, bien évidemment. Mais avant de jeter l'éponge, il m'interrogea sur l'intérêt que je trouvais à faire ressortir ces pages de l'histoire sur le génocide Arabo-musulman sur les Noirs !

 

                                                           1/5                                          LGK

 

 

En guise de réponse, je le renvoyais à la lecture du livre , qui est le résultat d'un travail de recherches auprès d'auteurs Arabo-musulmans mêmes.

 

 

Conscient  de porter là, un coup rude à une ancienne connaissance, je précisais que l'on ne devrait point discriminer car  «  une victime kirdie ( c'est-à-dire Non-musulmane ) égale une victime musulmane, et que les familles endeuillées sont en droit d'exiger réparation, les unes comme les autres .

Or, ces jours-ci, la presse a fait état de la « création d'un État de DAR-EL KOUTI », au nord de la Centrafrique, issu d'une scission d'une partie de son territoire national, puis d'un démenti par le « chef d'état présumé » de cette république, qui n'est autre que monsieur Djotodia, qui sans le démentir, trouvait l’annonce prématurée! 

 

http://www.lanouvellecentrafrique.info/etat-du-dar-el-kuti-retropedalage-de-la-seleka/

Il m'a semblé donc indispensable de sortir pour dire quelques mots, ou donner des références historiques sur cet État de Dar-El-Kouti, que l'on a voulu ressusciter. Il suffit pour cela, d'aller sur internet pour recueillir tout ce qu'il  convient de savoir sur cet état, fondé au 18ème siècle, et qui prospéra grâce aux « commerce des esclaves sud-sahariens ! »

                                                                      2/5                                                    LGK

 

LE DAR-EL-KOUTI

Empire Oubanguin de Sénoussi (1890-1911)

Bernard Simiti

Préface de Jean-Louis Triaud

L'Harmattan Congo

En mettant en perspective, les tragédies récentes de notre Pays et celles de son passé oubanguien, il apparaît que les mêmes causes  fondatrices du Dar-El-Kouti des Sénoussi et celles avérées ou non de Djotodia, sont similaires mais seule «la nature des deux marchandises» varie, à savoir des êtres humains, (certes non-musulmans (car, il est à noter que Sénoussi fut noir) et l'exploitation du territoire où ils demeurent...Bref disposer des esclaves et du territoire pour Sénoussi, disposer d'une partie du territoire avec des ressortissants presque entièrement musulmans et d'énormes ressources du sous-sol, sur la plus grande partie( en superficie et en richesses ) du territoire qu'il s'octroie, Djotodia, sous-entend, que les chrétiens' comme il les nomme), habitant ce qui reste du pays, seront-ils amenés logiquement à aller vendre leurs forces du travail, en tant que « travailleurs immigrés »...bref une forme d'esclavage, comme les Pakistanais dans les pays du Golfe ?

    On voit alors que l'esprit de réduire en esclaves est le même : Sénoussi les chassait pour les vendre, et réaliser de gros bénéfices financiers avec ses associés et autres sultans dont il dépendait tels que Gaourang ou Rabah. Djotodia expatrie les non-musulmans pour disposer d'une grande cour et l'exploiter, et les voir revenir en mendiants, domestiques ou salariés chichement rétribués !

Pour les ex-Sélékas, le but est double la richesse et l'impunité; ainsi, d'une part, ils exigeront les postes de Premier-ministre et autres postes clés dans le gouvernement, de l'autre espèrent-ils échapper à la Justice pour les crimes que la C.P.I. leur attribue durant leur passage éphémère aux affaires. Pour cela, ils ont compris qu'il leur faut instrumentaliser les tragédies avérées des Centrafricains de confession musulmane, et de leur faire miroiter cet état où vont couler le lait et le miel, bientôt...

C'est leur cheval de bataille, fera remarquer Abakar Sabone, leur comparse, qui semble s'être dissocié de leur sort !

En effet cela ressemble à  une fuite  en avant pour Djotodia et de Nourrédine pour échapper au CPI. Ils brandissent la partition en espérant entraîner d'autres avec eux dans l'abîme et la poubelle de l'Histoire... Espérons pour eux qu'ils auront une fin plus honorable que leurs prédécesseurs qui refusèrent naguère  de mettre fin à leur Commerce très lucratif ( de Vente des esclaves des ressortissants Oubanguiens, qu'eux et leurs paires ) qu'ils pratiquaient pour le compte des despotes Arabo-musulmans auxquels ils prêtèrent allégeance.

 

Ainsi tout redevient clair : " Dar-El-Kouti", est plus qu'un symbole. C'est un monde ancien qui est rappeler à la conscience de chaque centrafricain.

Écoutons ce qu' en avait dit Pierre Prins dans ses Mémoires de voyage : "Une histoire inconnue de l'Afrique Centrale" à la page 376 du tome1 : ce fut le 12 janvier 1911 ".

                                                                  3/5                                              LGK

 

 Sénoussi, son successeur direct Adem, sa puissance, tout s'était écroulé d'un seul coup...Une heure plus tard, l'affaire était terminée. Les bannières avaient disparu, presque sans combat, courant vers le nord en poussant devant elles leurs convois rassemblés  à la hâte... » Ce fut donc la fin dans la fuite. vers le nord encore !

 Il ne rester de tout cela que la résidence fortifiée du chef esclavagiste : le Tata *

 

      Patriotiquement : Léon Kidjimalé Grant  

                  

Notes :                                                                

 

*  le Dar el-Kouti), l'un des fils du Sultan Baguirmi, Sénoussi, s'enrichit dans le commerce, après s'être bâti une nouvelle capitale sur le plateau de Ndélé en 1896.

Après son intronisation, le Sultan Sénoussi, de son palais fortifié  le Tata,  envoyait razzier les esclaves aux quatre coins de la région de Ndélé et même au-delà. Certaines populations autochtones, pour échapper aux chasseurs d'esclaves, transformèrent les grottes de Kaga-Kpoungouvou en lieux de refuge et de résistance.

La ville de Ndélé était devenue le séjour préféré des commerçants  et des aventuriers de toute  la sous région venus notamment du Sila, de Sokoto, du Fezzan, du Ouaddaï et de Kano. Elle s'est véritablement créée après le démantèlement et l'assassinat du Sultan Sénoussi le 12 janvier 1911 par les troupes coloniales françaises. Libérés, les anciens esclaves et les anciens bourreaux se sont partagés  la plaine du Méagoulou et ont ainsi formé des quartiers en fonction des tribus. Aujourd'hui, beaucoup de ces quartiers portent leur nom.

 

1. Le Tata, Palais fortifié du Sultan Sénoussi

Le Tata, Palais fortifié occupe  une plate forme au dessus de la colline surplombant la ville de Ndélé. Il constitue un haut lieu de mémoire.

C'est en effet à partir de ce plateau que le Sultan Sénoussi ravitaillait les marchés d'Afrique du Nord en esclaves. Le Tata, Palais fortifié était un lieu de brassage de civilisations et de cultures.

Le Tata, est limité au nord-ouest par une chaîne de collines, au sud et sud-est par la rivière de Ndélé en amont appelée Méagoulou. Il est ainsi protégé par des remparts.

Ce Palais est construit sur une terrasse bordée par un plateau. L'entrée est sécurisée par une ouverture naturelle de 6m de large, constituée d'un bloc rocheux en piton de 25m de long sur 12m de large.

A l'intérieur du Tata et à l'arrière plan, se trouve la Résidence principale du Sultan Sénoussi avec dans le voisinage immédiat la demeure du personnel, celle de sa première épouse Oum Diwan  et enfin celle des autres femmes. Un peu plus loin et au nord de la Résidence principale, se situe les habitations des fils du Sultan, Djamel-Eddine et Kamoun. 

Au premier plan et en guise de rempart à la Résidence principale, sont construites vers le sud-ouest les habitations de Allah Djaba qui était l'un des principaux lieutenant du Sultan et celles de son fils aîné Adoum.  Au nord-est se trouvent celles des artisans tel que : Faki Issa, des chefs Banda,  des forgerons  comme par exemple le Chef Gbaga Yanda qui était un grand forgeron et armurier de cette époque. On y trouve également dans le site du Tata  le quartier des descendants des Djellaba.

 

  1.   La ville de Ndélé
  2.  

Aujourd'hui, la ville de Ndélé garde encore des quartiers dont l'histoire reste liée au règne du sultan Sénoussi, comme susmentionné.

                                                                              4/5                                                          LGK        

 

 

Aussi, on y retrouve  les quartiers des descendants d'anciens esclaves qui aujourd'hui font vivre le site. En effet, les habitants y font des rituels pour mettre la ville à l'abri des calamités naturels. Ils ont  également matérialisé par des amas de pierres les éléments qui permettent de reconstituer la mémoire : lieu où le Sultan Sénoussi est tombé pendant la bataille, lieu où son fils Adoum est décédé, etc.

Le site a été recensé par l'UNESCO dans le cadre du projet : Tourisme culturel sur route de l'esclave.

 

Le Tata, Palais fortifié du Sultan Sénoussi, aux dires de l'explorateur français Auguste Chevalier, était semblable à ceux des sultans de Ségou et de Sikasso. Mais celui de Sénoussi est placé au centre d'un grand trafic international. A partir de  Ndélé, le Sultan  Sénoussi ravitaillait les marchés à esclaves du 

                                                                        

Soudan, de l'Egypte et des pays du Moyen-Orient. Les multiples nationalités signalées à Ndélé durant la période de plein épanouissement du Dar-El-Kouti, sont autant de témoignages.

 

Cet ensemble peut également être comparé à l'île de Gorée qui symbolise le trafic transocéanique des esclaves noirs. Si Gorée est une implantation européenne et tournée vers l'occident, le Tata de Sénoussi et ses éléments complémentaires marquent une autre dimension de la même « traite négrière » mais tournée vers l'Orient. Si le premier c'est-à-dire l'île de Gorée est bien connue, le second (le Tata du Sultan  Sénoussi) l'est relativement moins.

 

NB :  Les épopées de Sénoussi ont été contées à nos frères centrafricains du Nord depuis leur tendre enfance, de quoi susciter des idées chez des personnages éruptifs  et ambitieux tels que Nourrédine Adam, Djotodia ou l'intellectuel , centrafricain de confession musulmane, Hamat Mal- Mal Essène, penseur de cette mésaventure moderne...Les héritiers naturels et spirituels du Sultan Sénoussi sont nombreux à N'Délé, un immense travail de mémoire doit être entamé et inscrit dans le programme scolaire de centrafrique et du monde. C'est par le savoir que nous pourrions exorciser ce génocide qui a laissé des traces dans l'inconscient collectif et qui explique que les centrafricains, même fonctionnaires, sont capables de travailler sans percevoir un salaire, qui est un dû . Ignorer son histoire, c'est se condamner à la reproduire.Ne soignons plus les complices de notre propre tragédie !

                           « le bourreau tue toujours deux fois ».

 

                                                     Elie Weisel

 

La référence des notes ci-dessus :

cf :   http://whc.unesco.org/en/tentativelists/4004/

 

 

 

 

                                                                    

                                                                  5/5                                                 LGK  

 

De la pérénité  de l'esprit esclavagiste, ou la proposition de William Lynch

 

« 
« Je dispose d’une méthode qui vous permettra de contrôler définitivement vos esclaves noirs, et qui a fait ses preuves dans ma propriété. Je vous garantis à tous que si vous l’appliquez correctement, elle vous permettra de contrôler vos esclaves pendant au moins 300 ans. Ma méthode est simple, tout membre de votre famille ainsi que vos ouvriers blancs peuvent l’utiliser. Je fais ressortir un certain nombre de différences parmi les esclaves; il me suffit de reprendre ces différences, de les agrandir, de les exagérer. Puis je suscite la peur, la méfiance, l’envie, la méfiance en eux, afin de les contrôler; par exemple, prenez cette liste de différences: l’âge, la couleur, l’intelligence, la taille, le sexe, la superficie des plantations, l’attitude des propriétaires, le lieu d’habitation des esclaves (vallées, montagnes, l’est, l’ouest, le nord, le sud), le type de cheveux des esclaves (fins ou crépus), la taille des esclaves (grands de taille ou courts). Je vais ensuite vous donner une stratégie d’action pour mettre tous ces éléments ensemble; mais avant tout, j’aimerais vous dire que la méfiance, le manque de confiance en soi, est plus efficace que le respect ou l’admiration. L’esclave noir, après avoir reçu ce lavage de cerveau, perpétuera de lui-même et développera ces sentiments qui influenceront son comportement pendant des centaines voire des milliers d’années, sans que nous n’avions plus besoin d’intervenir. Leur soumission à nous et à notre civilisation sera non seulement totale mais également profonde et durable. N’oubliez jamais que vous devez opposer les adultes et les noirs âgés aux plus jeunes, les noirs à peau foncée aux noirs à peau plus claire,la femme noire à l'homme noi r ».

 

http://www.afrostyly.com/afro/divers/willie_lynch.htm