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INTERVIEW

Le retour au bercail du MDJT: illusion ou réalité ? Interview de Choua Dazi,


Alwihda Info | Par Alwihda Info - 24 Juillet 2010 modifié le 23 Juillet 2010 - 22:48

Après avoir passé plusieurs années dans le maquis, le président du Mouvement pour la Démocratie et la Justice au Tchad (MDJT), M. Choua Dazi, a décidé de regagner la légalité afin, dit-il, de contribuer à la construction de son pays. Son souhait, d’ailleurs plein de sens démocratique, est que le Tchad soit parmi les Etats de droit. Il émet également le vœu que l’administration soit dotée d’une bonne gouvernance. L’ex-maquisard demande dès son retour à N’Djaména à tous les Tchadiens de tirer des leçons de l’expérience du passé pour qu’ensemble nous puissions penser à l’avenir du Tchad.


A en croire le président, le Tchad est en train de retrouver sa place d’antan au cœur de l’Afrique, grâce à la main tendue du chef de l’Etat, Idriss Déby Itno, résolument tourné vers la paix, toute la paix, rien que la paix. M .Choua Dazi affirme que cette vision va de pair avec le développement et revêt le plus grand rêve de la jeunesse tchadienne. A  propos de  tous ces sujets, le président du MDJT s’est  confié à Alwihda Actualités pour  retracer quelque peu  son parcours  dans le maquis et nous  dire comment  et dans quelles conditions ont été menées les négociations. C’était la semaine dernière dans son bureau, sis à Diguel dans le 5ème arrondissement. Alwihda Actualités : Pouvez-vous nous retracer votre parcours dans le MDJT et comment vous en êtes arrivé à sa tête ? Choua Dazi: Je vous remercie de m’avoir donné cette occasion pour m’entretenir avec vous sur mon parcours dans le MDJT. D’abord tout le monde le sait très bien qu’après la disparition de feu Youssouf Togoïmi, le Mouvement a eu d’énormes difficultés. Les combattants et les militants étaient désemparés et désespérés car la situation était difficile : le nouveau commandant était totalement incapable de prendre ses responsabilités. De mauvaises idées commençaient à semer des zizanies au sein du Mouvement. Voilà l’une des causes des difficultés en dépit de ces mésententes. Le gouvernement en a profité pour nous déstabiliser et s’infiltrer au sein du Mouvement pour le diviser. Il faut avouer que le gouvernement est effectivement parvenu à ses objectifs en cette période-là. C’est en ce moment que j’ai décidé de m’engager aux côtés des frères combattants, surtout avec l’ex-président Hassan Marègue. Mon objectif est de renforcer le Mouvement. Nous avions également l’intention de poursuivre les négociations dans le cadre initial qu’avait entamées feu Youssouf Togoïmi. Pour nous, c’est d’arriver dare-dare à réaliser son but déjà entamé à Tripoli. Malheureusement, nous nous sommes heurtés à une forte réticence de certains responsables du Mouvement. Ceux avec lesquels, il y a eu un grand malentendu. Ce malentendu a débouché sur la tenue d’un congrès sous la pression des combattants. Ceci en vue de résoudre les problèmes qui les opposent. Le congrès a été organisé du 29 décembre 2004 au 9 janvier 2005 à Zoumri. C’est là que les congressistes ont porté leur choix sur moi et j’ai été élu président du Mouvement. J’ai été investi le 12 janvier 2005 à la tête du MDJT. Alwihda Actualités : Pensez- vous que la situation politique, économique et sociale a changé positivement au Tchad ? Choua Dazi: Oui, nous avons constaté ces dernières années un net changement au sein de la vie politique, économique et sociale. Sinon, je puis vous dire qu’il y a un besoin réel de temps pour récolter des fruits. Il est temps que les Tchadiens puis- sent réfléchir sur la construction réelle de leur pays. Les conflits inter-fils du Tchad doivent s’enterrer et cesser définitivement. Il va de notre devoir de considérer la valeur de la justice et de la légalité. Ceci dans le sens d’appuyer ces valeurs dans nos sociétés. Je pense que son excellence monsieur Idriss Déby Itno est positivement orienté vers la construction et le développement durable de notre pays. Le peuple tchadien doit saisir cette volonté du président de la République afin d’enraciner définitivement la paix chez les uns et les autres. Car la nation tchadienne a besoin plus que jamais de progrès, de stabilité et de prospérité. Alwihda Actualités : Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à aller en rébellion et rejoindre le MDJT ? Choua Dazi: J’étais d’abord opposant avec le régime dictatorial avant l’avènement du MPS. J’étais membre très actif du FROLINAT (Front de libération nationale du Tchad NDLR), l’aile de FAP (Forces armées populaires NDLR), qui s’opposait ardemment au régime de Habré. Quand le MPS a pris le pouvoir, le climat politique n’était pas du tout favorable pour que je puisse regagner le pays. J’ai préféré garder ma position d’opposant pour voir les choses de loin et de manière très claire. J’étais resté jusqu’à la création du MDJT bien que je ne fusse pas membre fondateur de ce Mouvement. Néanmoins, je partageais les idéaux de son leader. Nous étions en bon terme jusqu’à sa disparition. Après la mort de ce grand leader, je me suis engagé corps et âme pour contribuer à l’efficacité du Mouvement et le sauver des dérives. Le souci était de garder l’unité du MDJT et réaliser une paix générale dans la région. Alwihda Actualités : Pourquoi regagnez-vous la légalité maintenant ? Vos causes ont-elles trouvé de satisfaction ? Choua Dazi: Effectivement, si quelqu’un a pris une décision d’aller en rébellion et affronter le régime en place, il doit avoir certainement des causes et des motivations pour recourir à la violence jusqu’à un certain degré. Ces causes peuvent avoir pour origine des frustrations morales, physiques et matérielles. Ce sont elles qui nous ont conduits à la rébellion et ont maintenant trouvé gain de cause. Le président a orienté sa politique de redressement et a amorcé avec détermination le développement de notre beau pays, le Tchad. Alwihda Actualités : comment ont été menées les négociations avec le gouvernement ? Choua Dazi: Ecoutez, nous sommes arrivés sous les auspices du guide de la révolution libyenne, Mouammar Kadhafi. Celui-ci nous a incités à enterrer la hache de guerre et négocier avec le gouvernement tchadien. Nous avons accepté sa proposition et durant notre séjour à Tripoli, nous avons rencontré plusieurs délégations gouvernementales conduites tour à tour par Abdéramane Moussa, Adoum Younousmi et Daoussa Déby. La volonté des deux camps était de parvenir à une paix sincère, définitive et durable. Sauf que les délégations du gouvernement tchadien hésitaient et tergiversaient. Nonobstant ces hésitations, nous avons pris une position idéale qui est celle de la paix. Nous sommes restés en Libye pendant trois ans afin de parvenir à cet accord. Nous avons passé des moments très difficiles. Mais nous avons pu tenir. Nous avons conclu l’accord et nous sommes arrivés à un compromis de projet d’accord surtout avec Daoussa Déby. Cet accord a été signé le 22 avril 2010 entre Abdéramane Moussa et le MDJT conduit par moi-même sous les auspices de la grande Jamahiriya à Tripoli. Alwihda Actualités : N’eût-été le retour de l’ancien président Goukouni Weddeye et son implication dans les négociations, accepteriez- vous de regagner le pays ? Choua Dazi: Effectivement, le retour de l’ancien président Goukouni Weddeye avait facilité le ralliement de certains éléments du MDJT au gouvernement tchadien, ce qui avait contribué à la division du Mouvement. Concernant mon retour à N’Djaména, il n’y a eu aucune influence quelconque. Je l’ai décidé de moi-même et mes éléments m’ont compris après moult explications surtout sur la paix. C’est comme ça que nous avons engagé des pourparlers avec le gouvernement tchadien. Tout le temps que nous avons passé en Libye, l’ultime objectif est d’instaurer la paix durable dans la région, mais sous l’égide du guide de la révolution libyenne. Finalement, un accord répondant à la politique de la main tendue du président de la République Idriss Déby Itno, était intervenu à l’issue de la rencontre des deux délégations. C’est vraiment une volonté pacifique et je m’en glorifie. Alwihda Actualités : Attendez-vous à rejoindre un parti politique ou créer le vôtre ? Choua Dazi: Il existe plusieurs possibilités devant nous, le choix d’intégrer un grand parti politique qui existe déjà, ou soit transformer le MDJT en un parti politique. Il est prématuré de répondre à cette question de manière claire. Notre priorité pour le moment, c’est de faire intégrer nos éléments ou faire d’eux des militaires ou des civils dans les rangs de leur corps respectif. C’est après cela que nous allons chercher notre identité politique, Inch-Allah ! Alwihda Actualités : Quels sont les points essentiels de votre accord ? Peut-on dire que c’est la dernière faction du MDJT qui se rallie avec vous ou existe-t-il d’autres groupes restant au maquis ? Choua Dazi: Les points essentiels de notre accord signé le 22 avril 2010 à Tripoli sont entre autres l’amnistie générale à l’endroit des membres civils et militaires ainsi que des sympathisants du Mouvement pour la Démocratie et la Justice au Tchad (MDJT), la libération des prisonniers de guerre, la renonciation à la lutte armée comme forme d’expression par le MDJT, la participation du MDJT à la chose publique, c’est-à -dire dans toutes les structures de l’Etat, l’engagement du MDJT dans la bataille dans les rangs du gouvernement, le regroupement de stationnement provisoire des forces du MDJT, dans un endroit convenable d’avance et entre les deux parties, en attendant leur intégration dans les rangs des forces armées et de sécurité publique, la mise en place d’une commission chargée du suivi de l’accord. En cas de non application des dispositions dudit accord, par l’une des deux parties, l’autre partie pourra faire appel à la médiation de la grande Jamahiriya arabe libyenne populaire, garante de l’application du présent accord. Au second volet de votre question, je ne peux pas vous dire qu’il n’existe pas d’autres factions. Mais, qu’on sache que le MDJT légitime a déjà cessé le combat armé. Tout le monde sait que beaucoup d’éléments du MDJT ont rallié le gouvernement. Nous tenons à informer franchement l’opinion nationale et internationale qu’après notre accord du 22 avril dernier à Tripoli, ce n’est plus la peine que le gouvernement puisse collaborer avec des individus quelconques au nom du MDJT. Nous espérons que le MDJT a définitivement regagné la légalité et tourné la page de la lutte armée. Alwihda Actualités : Qu’est-ce que vous attendez concrètement du gouvernement ? Choua Dazi: Nous attendons la paix juste et durable dans notre pays, et le retour de la confiance totale afin de résoudre tous les obstacles sur notre chemin par une volonté politique ferme, et puis le gouvernement doit appliquer la notion de justice et de légalité dans la vie sociale, politique et administrative au pays. Pour cela, le gouvernement doit nous ouvrir la possibilité d’actionner le quinquennat social mis en œuvre en 2006 par le président Idriss Déby Itno. Nous souhaitons avoir une possibilité de participer à la vie politique pour apporter notre contribution, sans discrimination ni arrière-pensée. Alwihda Actualités : Quel est l’effectif de vos éléments ? Choua Dazi: Comme vous le savez, dans le passé, plusieurs de nos éléments ont rallié le gouvernement par la sensibilisation de l’ancien président Goukouni Weddeye et à cause de notre absence sur le terrain durant 3 ans. En dépit de notre esprit d’engagement dans la procédure de négociation de paix, le gouvernement a pu s’infiltrer dans les rangs de nos combattants avec l’appui tacite de l’ancien président Goukouni Weddeye, qui est considéré comme une personne ressource et natif du Tibesti. Sincèrement, le reste de nos éléments oscille entre 500 et 1000 combattants stationnés dans la région orientale du Tibesti. Notre siège est à Zoumri, localité située à 60km à l’Est de Bardaï. Interview réalisée par Arif Abdoulaye M. et Elysée Naïssem D.


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