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REACTION

Les Américains luttent-ils réellement contre Al Shebab ?


Alwihda Info | Par Laurent Le Bloa - 21 Mars 2016 modifié le 21 Mars 2016 - 17:52

L'USAF a beaucoup communiqué sur une attaque de drones qui auraient tué 150 membres d'Al Shebab. Que se cache t'il derrière cette opération de Com'


Après plusieurs attaques meurtrières contre les forces de l'UASOM les forces américaines ont annoncé avoir tué 150 combattants Al Shebab lors d'une attaque conduite par des drones le 5 mars. L'opération a été médiatisée pour laisser penser que l'USAF allait intensifier les attaques de drones. Est ce bien la réalité, quels sont les buts recherchés et quelle en sera l'efficacité réelle, quels en seront les effets?

Ces bombardements sont une réponse directe à une série d'attaques meurtrières d' Al Shebab contre les forces de l'AUSOM. Les forces kenyanes et l'UASOM sont parvenues à chasser Al Shebab de Mogadiscio et de leurs autres bastions. Depuis Al Shebab s'est adapté, réorganisé et maîtrise le terrain face aux forces de l'UASOM retranchées dans leurs bases.Leur stratégie n'est pas de gagner du terrain mais de faire plier les opinions publics des pays africains de l'UASOM, en particulier du Kenya.

L'analyse des éléments en notre possession de l'attaque du 5 mars ainsi que du contexte montre une toute autre réalité. L' attaque a été exagérément présentée comme ayant été réalisée exclusivement par des drones d'attaque. Plus vraisemblablement il s'est agit de frappes réalisées par des avions américains avec le support de drones de renseignement. Dans la réalité ce sont Les Forces aériennes Kényanes qui effectuent régulièrement des raids contre les camps d'Al Shebab (certainement avec l'appui renseignement de drônes américains). Le 18 février au cours d'une attaque au moins tout aussi spectaculaire, les KAF ont tué Abdirhaman Mohamed Warsame le chef du renseignement d'Al Shebab et responsable du massacre de Garissa, ainsi qu'une dizaine de commandants d'unités. Même si Al Shebab conteste l'ampleur des pertes de l'attaque américaine, les capacités de renseignement américain, la capacité de frappe des chasseurs-bombardiers américains, ainsi qu'une opportunité toujours possible, rendent cette opération qui n'a rien d'exceptionnel, parfaitement crédible.

Cette attaque n'annonce pas pour autant une campagne d'attaques de drones. Les Forces Américaines au début de l'année ont fermé leur base de drones localisée à Arba Minch en Ethiopie.

Les Forces Américaines vont certainement mettre en oeuvre leur stratégie habituelle: L'élimination ciblée d'éléments importants d'Al Shebab jusqu'à dégrader leurs capacités et les désorganiser. Il ne s'agit pas d'éliminer ou de lutter contre Al Shebab, seulement de faire baisser leurs capacités de nuisance contre les forces de l'UASOM et hors des frontières, protéger leur pays et les intérêts américains à l'étranger (Forces américaines déployées, intérêts économiques, citoyens américains à l'étranger...).

Cette stratégie ne vise pas à résoudre les problèmes sécuritaires sur le territoire somalien, encore moins à progresser vers une solution politique. De plus ces opérations n'empêcheront pas les Shebabs ou l'Etat Islamique de se créer un fief au Somaliland ou au Puntland, deux zones relativement épargnées, où l'UASOM n'est pas présente.

La solution africaine à un problème africain que prône Obama consiste ni plus ni moins qu'à abandonner les Africains avec le minimum de moyens pour contenir la menace Al Shebab dans les limites territoriales de la Somalie. C'est déjà cette stratégie qu'ils appliquent au Yemen et cherchent à mettre en place en Afghanistan avant de se retirer. La situation sécuritaire en Somalie n'est pourtant pas favorable: Face au désengagement militaire américain Le Kenya se soucie de ne pas posséder ses propres moyens de renseignement. L'UE vient de décider de baisser de 20 pourcent ses subventions à l'UASOM.

Ces décisions sont plus que regretables alors que d'autres pays comme le Japon, la Chine, la Turquie... s'efforcent d'apporter leur aide et leur partenariat économique à la région.Une solution ne pourra émerger que si tous les problèmes sont traités simultanément: sécuritaires, politiques et économiques.


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