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EDITORIAL

Les "Amis du peuple syrien" renforcent la pression sur Assad


Alwihda Info | Par - 6 Juillet 2012 modifié le 6 Juillet 2012 - 16:40

Les 107 pays réunis à Paris appellent à une transition politique. Et demandent pour cela l'adoption urgente d'une résolution du Conseil de sécurité.


"A ceux qui soutiennent que le régime peut permettre d'éviter le chaos, je veux leur dire qu'ils auront et le régime le plus détestable et le chaos", a affirmé François Hollande à l'ouverture de la réunion des Amis du peuple syrien, vendredi 6 juillet à Paris. Par ces quelques mots destinés à la Russie et à la Chine qui ont bloqué à deux reprises des résolutions au Conseil de sécurité contre le régime syrien, le président français donnait le ton de la conférence.
Car quelques heures plus tard, c'est le ministre des Affaires étrangère Laurent Fabius qui, dans les conclusions de cette réunion, au nom des 107 pays et organisations représentées, demandait "l'adoption urgente d'une résolution du Conseil de sécurité, sous chapitre VII" de la Charte des Nations unies, chapitre qui prévoit la possibilité de mettre à disposition des moyens militaires. "Monsieur Bachar al-Assad doit quitter le pouvoir et le plus vite sera le mieux".
Après avoir laissé la parole aux opposants réfugiés à l'étranger mais aussi à quelques uns venus clandestinement de Syrie pour quelques jours, les diplomaties avaient pris la parole au cours de la matinée pour aller dans le sens de la présidence française. Dénonçant les exactions qui se poursuivent dans le pays, la centaine de représentants de pays et d'organisations internationales se sont succédées pour appeler à une transition politique en Syrie.

"Obtenir un résultat"

Très offensif, le représentant du Qatar avait d'ailleurs souhaité qu'un "résultat soit obtenu même sans le Conseil de sécurité". "Que ferons-nous si le statu quo persiste ?" a-t-il souligné. "Nos belles paroles ne suffiront pas a-t-il martelé, il faut prendre des décisions importantes".
Une vision quelque peu tempérée par Hillary Clinton qui a appelé à une résolution du Conseil de sécurité, mais en appuyant sur la nécessité de faire clairement référence au chapitre VII. "Nous devons saisir le Conseil de sécurité et exiger la mise en place du plan signé à Genève par la Chine et la Russie (…) en prenant en compte les conséquences en cas de non respect par le régime syrien de cette résolution, y compris sous chapitre VII", a affirmé la secrétaire d'Etat américaine.

"Notre peuple meurt"

Successivement, les représentants des pays et organisations ont affirmé ainsi que la communauté internationale ne peut continuer à laisser faire cette guerre civile, appuyant sur le danger d'une déstabilisation de toute la région. Les messages de fermetés ont donc succédé aux appels à agir toute la matinée pour défendre le plan de Kofi Annan et celui de Genève signé samedi dernier. Des messages renforcés par les propos des opposants très nombreux dans la salle et dans la "Maison de la Syrie" mise en place pour l'occasion.
"Nous avons besoin de l'aide internationale. Notre peuple meurt sous les coups du régime de Bachar al-Assad. Il n'est plus temps de parler, il faut agir", a ainsi encouragé Khaled Abou Salah, le porte-parole de la rébellion de Homs.
Un message clairement entendu et relayé, donc, par la moitié des membres des Nations unies présents à Paris ce vendredi. En l'absence de représentants russes ou chinois.

"Convaincre la Russie"

C'est d'ailleurs sur ce point que le ministre français des Affaires étrangères et longuement revenu durant la conférence de presse de présentation des conclusions de la réunion. "Nous avons quelques éléments pour convaincre les Russes et les Chinois du bien fondé de notre position", a affirmé le ministre.
"Ils nous disent "que va-t-il se passer après ?", sous-entendu "ce sera le désordre". Mais il n'y a pas plus grand désordre que celui qui est en cours en ce moment en Syrie", a indiqué Laurent Fabius. "Ils nous disent aussi : "Pas d'ingérence dans les affaires intérieures". Mais ce conflit a largement dépassé la question intérieure que ce soit pour des raisons de dignité de la personne humaine ou de déstabilisation de la région", a martelé le ministre.
"Ils nous disent encore ne pas vouloir perdre leur influence dans la région. Mais nous leur objectant que c'est en soutenant ce régime, justement, qu'ils risquent de la perdre", a enfin souligné Laurent Fabius.
Ces arguments suffiront-ils à convaincre la Russie et la Chine de ne pas poser de veto lors du vote de la résolution annoncée ? Le ministre est attendu la semaine prochaine à Pékin.

Source - tempsreel.nouvelobs.com
Abdstrike


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