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Les forces franco-maliennes ont investi Tombouctou


Alwihda Info | Par - 28 Janvier 2013 modifié le 28 Janvier 2013 - 19:43

A Tombouctou, les militaires ont opéré une manoeuvre conjointe, terrestre et aérienne, avec largage de parachutistes, pour s'emparer dans la nuit de l'aéroport et des accès à cette ville-phare de l'islam en Afrique subsaharienne, située à 900 km au nord-est de Bamako.


Les forces franco-maliennes ont investi Tombouctou

BAMAKO (AFP) - Les soldats français et maliens se sont emparés lundi de la cité mythique de Tombouctou, dans le nord du Mali, où les groupes islamistes armés ont brûlé un bâtiment contenant de précieux manuscrits avant de prendre la fuite.

Dans le même temps, des rebelles touareg et des dissidents d'un groupe islamiste ont affirmé avoir pris le contrôle de Kidal, la dernière grande ville du Nord du Mali à ne pas avoir encore été reconquise par les troupes françaises et maliennes. Des chefs jihadistes seraient retranchés dans la région de Kidal.

A Tombouctou, les militaires ont opéré une manoeuvre conjointe, terrestre et aérienne, avec largage de parachutistes, pour s'emparer dans la nuit de l'aéroport et des accès à cette ville-phare de l'islam en Afrique subsaharienne, située à 900 km au nord-est de Bamako.

Puis une colonne de soldats français et maliens est entrée en ville, selon un colonel de l'armée malienne qui n'a pas souhaité être cité, information confirmée depuis Bamako par le maire de Tombouctou.

Français et Maliens contrôlent désormais la "Boucle du Niger", entre les deux principales villes du Nord du Mali, Tombouctou et Gao, au dix-huitième jour de l'intervention française, a souligné à Paris l'état-major des armées.

Mais les témoignages se multiplient sur la destruction de précieux manuscrits à Tombouctou, devenue la capitale intellectuelle et spirituelle de l'islam en Afrique aux XVe et XVIe siècles et une prospère cité caravanière.

"Crime culturel"

Une source malienne de sécurité a fait état d'un "bâtiment abritant les manuscrits, brûlé".

Le maire de Tombouctou, Halley Ousmane, qui se trouvait à Bamako, a confirmé: "J'ai eu ce matin mon chargé de communication au téléphone. Le centre Ahmed Baba où se trouvent des manuscrits de valeur a été brûlé par les islamistes. C'est un véritable crime culturel".

Certains des manuscrits de Tombouctou remontent à l'ère pré-islamique. L'Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba abrite entre 60.000 et 100.000 manuscrits, selon le ministère malien de la Culture.

Le maire de Tombouctou a également fait état de la mort d'un habitant, "brûlé vif" par les islamistes, parce qu'il avait crié "Vive la France".

L'opération sur Tombouctou survient deux jours après la prise, lors d'une offensive éclair, de Gao, plus importante ville du nord du Mali et un des bastions des combattants islamistes, à 1.200 km au nord-est de Bamako.

"Les choses se passent comme prévu et ce qui est important c'est que le Mali, petit à petit, est libéré" des groupes liés à Al-Qaïda qui, en 2012, avaient transformé sa partie nord en sanctuaire, a souligné lundi le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

"Exactions de l'armée malienne"

Après Gao et Tombouctou, les regards se tournent désormais vers Kidal, dans l'extrême nord-est malien, non loin de la frontière algérienne, la troisième grande ville du Nord du Mali, à 1.500 km de Bamako.

Là, des rebelles touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et des dissidents d'un groupe islamiste armé ont affirmé lundi contrôler la ville.

"Nous assurons ensemble la sécurité de la ville de Kidal", a déclaré à l'AFP Mohamed Ag Aharib, ancien porte-parole du groupe islamiste armé Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), passé à un groupe dissident, le Mouvement islamique de l'Azawad (MIA).

"Actuellement à Kidal, il y a des combattants du MIA et des combattants du MNLA, qui avaient intégré les rangs d'Ansar Dine et qui sont redevenus MNLA", a-t-il souligné.

Pour sa part, le MNLA a affirmé dans un communiqué que la ville de Kidal était sous son contrôle.

Les autonomistes touareg ont assuré ne pas rechercher la confrontation avec l'armée française ni avec la force africaine d'intervention, mais vouloir "protéger les populations contre les exactions de l'armée malienne".

La reconquête du nord du Mali s'accompagne en effet de craintes d'actes de vengeance contre les islamistes, qui ont commis de nombreux crimes: amputations, lapidations, exécutions, et à Tombouctou, destruction de nombreux mausolées de saints musulmans.

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a d'ailleurs demandé lundi aux autorités maliennes de prendre "des mesures immédiates" pour "protéger tous les Maliens de représailles", évoquant "des risques élevés de tensions inter-ethniques" dans le Nord, où la rivalité est forte entre communautés arabe et touareg d'un côté, noire de l'autre.

Selon une source de sécurité malienne, les principaux responsables des groupes islamistes armés se sont réfugiés dans les montagnes de Kidal, où leurs positions ont été bombardées samedi par des avions français.

A Addis Abeba, les chefs d'Etat de l'Union africaine (UA) ont estimé lundi à 460 millions de dollars le budget de déploiement de la force africaine, censée prendre à terme le relais des troupes françaises au Mali.

Plus de 6.000 soldats ouest-africains et tchadiens doivent à terme être déployés au Mali. La reconquête de Gao a ainsi été suivie de l'arrivée, par voie aérienne, de troupes tchadiennes et nigériennes venues de Niamey pour sécuriser la ville, une opération que l'armée française semble réticente à mener dans les villes reprises aux groupes islamistes armés.

Mais les autres troupes africaines n'arrivent qu'au compte-gouttes et leur déploiement est ralenti par de sérieux problèmes de financement et de logistique.



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