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POINT DE VUE

Les islamistes sortent victorieux (suite)


Alwihda Info | Par - 17 Novembre 2011 modifié le 17 Novembre 2011 - 07:00

M. Belkhadem a troqué le modèle turc pour présenter les vertus du modèle islamiste malaisien


Les islamistes ont été toujours des instruments entre les mains des Américains. D'abord utilisés pour vaincre l'ex- Union soviétique en Afghanistan durant les année 1970 et tout au long de la guerre froide. Aujourd'hui, ils sont encore exploités par les Américains au cours des soulèvements des peuples arabes contre leurs gouvernants. C'est ce constat qui ressort, lors d'une conférence-débat animée conjointement hier par Salim Laïffaa et Mustapha Saïdj, deux éminents professeurs de sciences politiques et relations internationales, au Centre de recherches sécuritaires et stratégiques (Crss) de Ben Aknoun à Alger. Placée sous le thème «L'islamisme politique», cette conférence a vu, entre autres, la participation du secrétaire général du FLN, Abdelaziz Belkhadem et représentant personnel du Chef de l'Etat, des cadres universitaires, mais aussi des généraux algériens à la retraite. Concis et précis, le Pr Salim Laïffaa a soutenu que l'Islamisme, sous toutes ses appellations, constitue un danger pour les pays arabes où des partis à caractère religieux sont en voie d'arriver au pouvoir, notamment après la chute de certains régimes arabes. «Outre le caractère populiste de leurs discours, les islamistes ne comptent pas un projet permettant de bâtir un Etat de droit, et démocratique, encore moins un projet de société alternatif», a précisé le professeur, relevant que ces formations islamistes, dites modernistes et respectueuses des principes du jeu démocratique, sont incapables de constituer une alternative politique, qui prend la pensée scientifique dans la gestion des affaires de l'Etat et comme moteur pour le développement. Pis encore, Salim Laïffaa fait savoir que les islamistes, qui d'ailleurs entre eux agissent en rangs dispersés et selon des conceptions et doctrines différentes se trouvant à la limite d'une guéguerre, ne manifestent nullement des signes de cohabitation avec les principes universels de la démocratie où l'alternance au pouvoir soit respectée. «Les islamistes entretiennent des rapports extrémistes aussi bien vis-à-vis de l'Etat que du citoyen.
L'exemple des islamistes en Algérie en est une preuve renseignant, à plus d'un titre, sur le discours insurrectionnel prôné par les islamistes voulant, à tout prix, arriver au pouvoir», a encore souligné le conférencier. Lui emboîtant le pas, le professeur Mustapha Saïdj, qui, de prime abord, a fait remarquer que «les islamistes veulent, coûte que coûte de par le Monde arabe, un Etat islamique bien qu'ils ne se soumettent pas à la pratique religieuse. A partir de quoi, ils doivent d'abord mûrir leur pensée politique, avant d'entrer en course pour le pouvoir». Pour le conférencier, les islamistes n'arrivent pas malheureusement à séparer le religieux du politique. «Tous les Mouvements islamistes sont connus pour être en rapport conflictuel au plan national aussi bien entre eux qu'avec les autres formations politiques non islamistes», a indiqué le professeur de sciences politiques et relations internationales, ajoutant que les Islamistes se nourrissent de la doctrine américano-saoudienne, forgée selon les orientations et les directives de l'impérialisme américain. Une doctrine, qui, selon le conférencier, est mise en oeuvre par les Etats-Unis d'Amérique soucieux de leurs intérêts géostratégiques dans le Monde arabe, mais aussi de la sécurité d'Israël. En conséquence, les deux intervenants s'accordent à dire que les mouvements islamistes dans le Monde arabe se soucient plus des luttes internes et externes pour arriver au pouvoir que de proposer et mûrir un projet de société alternatif susceptible de traduire les aspirations de leurs peuples.
«Il n'y a qu'un Islam, tout le reste est absurde»
Abordant les modèles islamistes mis en promotion aussi bien par certains pays arabes que par l'Occident durant notamment les soulèvements des peuples arabes, les intervenants ont mis l'accent sur le modèle turc faisant jonction entre les militaires et les islamistes sur le partage du pouvoir. Pour Mustapha Saïdj, il y a trois courants islamistes en lice dans le Monde arabe. Le premier, dit-il, «c'est l'expérience turque qui après plusieurs décennies d'expérience et de combat politique, a su réconcilier et réunir militaires et islamistes pour bâtir un régime où chacun trouve son compte». Mettant la préservation des intérêts du peuple et le développement de leur pays au premier plan des actions de leur gouvernement, les Turcs s'en sortent bien. Et d'ajouter bien que l'expérience turque, saluée par l'Occident, attire bien des convoitises aujourd'hui, néanmoins celle-ci demeure un pur produit turc mélangé aux visions de l'Occident dont la Turquie est à moitié sienne. Cette expérience est en train d'être calquée, relève le conférencier en Tunisie, où le modèle turc est salué et soutenu par les islamistes sortis victorieux dans les élections précédentes pour la Constituante. Puis, il y a la deuxième expérience en l'occurrence l'expérience algérienne. Une expérience violente où les islamistes usant de tous les moyens pour arriver au pouvoir se trouvent confrontés à l'Institution militaire, qui, à son tour, ne lâche pas prise. Cet exemple peut voir le jour aujourd'hui en Egypte où les islamistes sont plus avantagés que les autres formations politiques dans la course au pouvoir. Néanmoins, l'Institution militaire en Egypte, qui détient les rênes du pouvoir, ne compte pas, au regard de l'évolution des événements dans ce pays depuis la chute du régime de Moubarak, de partager le pouvoir. Une telle situation, une confrontation des Islamistes à l'Institution militaire, peut reproduire le scénario des année 1980 avec la victoire de l'ex-FIS aux élections législatives. Alors que la troisième expérience est celle du Mouvement islamiste en Somalie «chebab». Cette expérience, qui est des plus violentes est, à en croire Mustapha Saïdj, susceptible de conduire droit vers «la somalisation de la Libye». Intervenant à l'occasion, Abdelaziz Belkhadem, sans ambages, a déclaré: «Il n'y a qu'un Islam, tout le reste est absurde». Et de renchérir: «Il n'y a que les partis nationalistes qui sont en mesure de traduire les aspirations de leurs peuples loin des injonctions étrangères.» A ce sujet, Abdelkader Mahmoudi, Pr des sciences politiques a relevé que le problème des dirigeants arabes est le fait qu'«ils se soucient plus de leur légitimité auprès des Occidentaux, que de leur légitimité auprès de leurs peuples».  Par