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AFRIQUE

Les pays africains s’engagent pour accélérer les progrès sur l’Initiative de la Grande muraille verte


- 5 Mai 2016 modifié le 5 Mai 2016 - 13:05


Oasis in Libya. Crédit photo : Sources
Oasis in Libya. Crédit photo : Sources
Dakar, 4 mai 2016 - Les ministres des pays africains situés au nord et sud du Sahara et leurs partenaires au développement se rencontrent à Dakar, au Sénégal, dans le cadre d'une conférence de haut niveau organisée par l'Union africaine, afin d’encourager les progrès de la Grande muraille verte - la plus grande initiative de développement rural pour l'Afrique.

« Dix ans après le démarrage de l’initiative, au départ accueillie avec beaucoup de scepticisme et de moquerie, la Grande muraille verte est aujourd’hui considérée comme l’une des plus innovantes et audacieuses initiatives de l’histoire de l’humanité - une vraie ‘merveille du monde’ », a déclaré Janet Edeme, au nom de Tumusiime Rhoda Peace, Commissaire du Département de l’Economie Rurale et d’Agriculture de la Commission de l’Union africaine.

La conférence fait suite au récent Sommet de Paris sur le climat (COP 21), lors de laquelle les décideurs mondiaux et les partenaires clés du développement se sont engagés pour une enveloppe supplémentaire de 4 milliards en faveur de la Grande Muraille Verte, au cours de 5 prochaines années.

Le renouvellement des engagements ravive l’espoir que la Grande Muraille Verte atteigne son objectif audacieux de transformer la vie des populations les plus pauvres du continent par la restauration de la productivité des terres dégradées.

« Nous comprenons tous que l’Initiative grande muraille verte va au-delà de la simple mise en place d’une bande de verdure, pour être une stratégie de valorisation des potentialités des zones sahélo-sahariennes, avec une réelle implication des acteurs à la base et des collectivités locales », a martelé le Ministre sénégalais de l’Environnement et du développement durable, Abdoulaye Balde. « De nos efforts et convictions dépend déjà notre survie ».

« L’Initiative Grande muraille verte offre une plateforme opérationnelle pour répondre au défi du développement des terres arides africaines », a déclaré Jamal Saghir, Conseiller régional du Vice-président pour l’Afrique du Groupe de la Banque mondiale. « La Banque Mondiale accélère son soutien à la résilience au climat de l’Afrique, à travers son plan d’affaires climatiques de l’Afrique – un programme qui priorise le soutien de la Banque Mondiale aux actions renforçant la résilience en Afrique ».

La Grande muraille verte – une partie de la solution

46 % des terres africaines sont actuellement touchées par la dégradation des terres, menaçant les moyens d’existence de près de 65 % de la population du continent. L'action prévue le long de la Grande muraille verte vient donc au moment opportun. En 2015, plus de 20 millions de personnes dans le Sahel étaient en situation d'insécurité alimentaire. Les populations les plus vulnérables face à la pauvreté et à la faim vivent dans les zones rurales. Une grande partie de leurs revenus provient de l'agriculture.

La main d’œuvre non qualifiée provenant des zones rurales n’est plus aussi facilement absorbée dans des villes qui ont déjà atteint leur point de rupture. Face à l’absence d'opportunités, les migrants économiques qui en ont les moyens entreprennent de longs voyages, souvent dans des

conditions désespérées. Beaucoup risquent leur vie à la recherche d'une vie meilleure sur le continent européen. Davantage sont attendus rapidement - des millions sûrement, alors que le changement climatique amplifie la menace déjà posée par des ressources naturelles en déclin.

« Chaque jour, à la télévision, on voit les impacts de la dégradation des terres au Sahel », a souligné Camilla Nordheim-Larsen de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification. « Les inondations au Niger, les massacres de Boko Haram dans le bassin du Lac Tchad, les crises alimentaires dans la Corne de l’Afrique, et les attaques terroristes au Mali et Burkina Faso. Le cycle de pauvreté et le manque d’opportunités alimentés par la baisse de productivité des ressources naturelles sont à l’origine de tout cela. »

Face à ces défis urgents, la Grande muraille verte est pleine de promesses et constitue une partie de la solution : elle offre aux populations la possibilité d’améliorer leurs perspectives économiques et de combattre le changement climatique ; elle donne aux jeunes sans emploi une raison de rester, au lieu de migrer ; et elle encourage dans le même temps le renforcement de la stabilité politique.

“Le Ghana n’est pas encore membre de l’Initiative, mais nous avons demandé à y prendre part, car nous devons combattre un ennemi : le changement climatique. Le secteur privé devrait aussi en être, pour créer de l’emploi pour les jeunes et les femmes », a déclaré Maham Ayariga, Ministre ghanéen de l’Environnement, des sciences, de la technologie et de l’innovation.

« Au regard des défis croissants du changement climatique, le besoin de stratégies de gestion des risques appropriées doit être souligné », a déclaré Bukar Tijani, sous-directeur général de la FAO et représentant régional pour l'Afrique, dans un message à la conférence. « L’emploi des jeunes et la croissance économique inclusive, incluant l’autonomisation des femmes, sont essentiels, particulièrement à la lumière des problématiques d’urbanisation et de migrations et compte tenu des dividendes qui pourraient résulter, pour l’Afrique, de sa population jeune et en constante augmentation », a-t-il ajouté.

Définir la voie à suivre

Depuis son lancement en 2007 par les Chefs d'Etat africains, l’initiative a déjà enregistré des progrès significatifs. Au Sénégal, par exemple, plus de 11 millions d'arbres ont été plantés ; au Nigeria, 20 000 emplois ont été créés dans les zones rurales ; et en Éthiopie, 15 millions d'hectares de terres dégradées ont été restaurés.

La conférence sera l’occasion de faire le bilan des résultats obtenus et de définir la voie à suivre pour que la Grande muraille verte réalise pleinement son potentiel de cordon de sécurité pour les populations les plus pauvres du continent, et leur permettre, non plus seulement de survivre, mais de prospérer sur leurs terres ancestrales.

Pendant la Conférence, les partenaires définiront une feuille de route pour la mise en œuvre des engagements de Paris, afin de renforcer les moyens d’existence des communautés locales et d'améliorer la résilience au changement climatique, tout en partageant des connaissances le long de la Grande muraille verte et au-delà. A l’issue de la première journée de la Conférence, les Ministres se sont déjà engagés à mettre en œuvre les conclusions de la rencontre, dans la Déclaration de Dakar.


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