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Lettre ouverte à Catherine Samba Panza, Chef d’Etat de Transition


- 19 Février 2014 modifié le 19 Février 2014 - 21:26


Mr. Gérard Nga BOUKANGA GONOGUELE
Mr. Gérard Nga BOUKANGA GONOGUELE

Objet : Lettre ouverte.

Son Excellence Catherine SAMBA PANZA, Présidente de la République, Chef d’Etat de Transition. Palais de la Renaissance. BANGUI 
 
Excellence, 
 
Il y a quelques semaines vous prêtiez serment urbi et orbi de servir et protéger le peuple centrafricain.  
 
Permettez qu’humblement par la présente nous puissions vous faire part de nos craintes de citoyen et attirer Votre attention sur ce qui risque de porter les germes d’un prochain échec de la Transition, synonyme de suicide collectif. 
En effet, au lendemain de Votre brillante élection à la magistrature suprême de l’État, nous Vous adressions nos Félicitations suivies de conseils où nous Vous rappelions l’adage selon lequel : « il n’y a pas de mauvais Chef mais de mauvais Conseillers » A l’appui de ces Félicitations, nous Vous avions envoyé un document écrit en guise de contribution citoyenne dans la conduite de la lourde charge qui sera la Vôtre. 
 
Le  27 janvier 2014, à travers la diffusion de la liste de Votre « nouveau-ancien » Gouvernement, nous nous sommes dit qu’à ce rythme, Vous risquez de rater une occasion de rentrer dans l’histoire de notre pays par la grande porte et pour cause : 
 
1) A la veille de Votre prestation de serment, Vous aviez pris l’initiative de rencontrer les belligérants de la présente crise non pas pour les « écouter » mais pour les « consulter » en vue de la formation du prochain Gouvernement. Malheureusement, sous la menace de leur canon, Vous aviez cédé à leur pression. 
 
2) Dans le discours que Vous aviez prononcé après Votre prestation de serment, Vous annonciez déjà les prémisses du format de Votre prochain Gouvernement qui devait avoir en son sein les représentants des anti-balakas, des selekas, et de l’opposition démocratique. Cette annonce nous a tous surpris et nous pensions qu’avec l’aide de Votre équipe de conseillers, Vous auriez dû Vous rendre compte des conséquences que cela devraient avoir sur le moral des victimes de la crise actuelle et des citoyens que nous sommes. Devrions-nous continuer à croire et à espérer que nous serons en sécurité dans notre pays avec Vous ? 
 
Madame la présidente, 
 
Pour avoir été pendant ces dernières décennies au cœur des initiatives de stabilisation politique dans le pays, Vous êtes bien placée pour faire le bilan des différents Gouvernements mis en place après ces crises. Des Gouvernements où des personnes non mandatées par le peuple et qui prétendent le représenter se sont distribués des postes au sommet de l’État avec les résultats que nous connaissons. Aujourd’hui, ces mêmes imposteurs font leur retour et se cachent derrière des artifices pour reprendre leur place à Vos côtés en vue de bloquer comme à leur habitude Vos initiatives et Vous acceptez. 
Comment pouvez-Vous admettre que des gens qui ont les mains pleines du sang des centrafricains viennent auprès de Vous narguer la République, le sang des martyrs innocents, victimes de leur soif sans limites du pouvoir, revendiquer des postes et les obtenir dans Votre Gouvernement ? 
 
Vous avez fait de la place aux responsables de massacres de plus de 5000 centrafricains dans le Gouvernement de la République. En retour, nous Vous demandons de nous montrer celle que Vous avez réservée aux représentants des victimes ? 
 
Pour enfoncer le clou et donner l’image d’un « gâteau Centrafrique » à partager, Votre Premier Ministre vient de déclarer ce jour sur les ondes des radios étrangères que les mécontents peuvent rester tranquilles, car il y a encore des postes à distribuer à la Primature et au sein de Votre Cabinet ouvrant ainsi la boîte de Pandore. Bravo le désordre…et vive la République des criminels. 
 
Madame la Présidente, 
 
Dans l’optique de laisser libre cours à la justice internationale d’enquêter sur les faits vécus par le peuple centrafricain, Vous auriez dû faire Vôtre les constats suivants, faits par nous à savoir que: 
 
- La plate forme de l’opposition démocratique a échoué avec les Autorités de la première Transition qui a pris fin en janvier 2014. Compte tenu des objectifs poursuivis par cette plate forme, sa place ne serait pas au sein des organes de la Transition actuelle ; 
 
- La seleka, principale responsable de la descente aux enfers du peuple centrafricain a des comptes à rendre à la justice. Par conséquent sa place ne serait pas dans les organes de la présente Transition ; 
 
- Les anti-balakas ne sont pas responsables de la situation actuelle, mais font partie du problème et ont des revendications politiques à savoir le retour à la légalité constitutionnelle, c’est-à-dire le retour du Président BOZIZE au pouvoir. Dans ces conditions ils ne sont pas dans l’esprit de la présente Transition et leur place ne serait pas au sein des organes de la Transition en cours. 
 
Si l’opposition démocratique dans sa sempiternelle confusion d’analyse politique a refusé de faire partie de Votre Gouvernement, tel n’a pas été le cas des pyromanes de la seleka et anti-balakas à qui Vous avez déroulé le tapis rouge.  
Au final, nous ne cesserons jamais assez de nous interroger sur le but de la lutte des « droits de l’homme » de la RCA, mouvement auquel Vous faîtes partie ?  
 
Comment pouvez-Vous accepter dans Votre Gouvernement des gens porteurs illégaux d’armes à feux et de machettes ? Vous auriez pu nous convaincre de la pertinence de Votre initiative si Vous faisiez du désarmement intégral de ces forces négatives une condition de leur entrée au Gouvernement. En procédant ainsi, Vous mettez à mal l’opération sangaris et les actions de la MISCA.  
 
Vous n’étiez pas été élue pour un mandat présidentiel, mais pour conduire une Transition politique devant déboucher à terme sur des Élections générales. Vous auriez dû impérativement éviter d’importer les conflits que se livrent les trois entités citées ci-dessus au sein du Gouvernement en y intégrant leurs représentants sous quelque forme que ce soit. Pareil Gouvernement va préfigurer l’image du sur place, du blocage et à terme de l’échec de la Transition. 
 
Pour nous résumer, nous avions voulu par la présente Lettre ouverte Vous faire part de notre désapprobation de la liste gouvernementale que Vous venez de rendre public qui n’est autre chose qu’une insulte à la mémoire des victimes du conflit en cours.  
 
L’ex Président Joachim YHOMBY OPANGAULT du Congo Brazzaville disait qu’en politique, il ne faut jamais rater le départ car synonyme d’échec à l’arrivée.  
 
Vous aviez été élue et à Votre tour, Vous avez nommé un Premier Ministre pour servir et non pour rendre service. 
QUE DIEU PRENNE SOIN DE LA CENTRAFRIQUE. 
 
Veuillez agréer, Excellence Madame la Présidente de Transition, l’expression de notre Très Haute et Patriotique Considération. 

Mr. Gérard Nga BOUKANGA GONOGUELE Dakar, le 19 Février 2014  
Coordonateur Général Adjoint du Collectif Touche pas à Ma Constitution 
Tél. : 00221771232959 - Email : gerard_boukanga@yahoo.fr




1.Posté par Ahmat le 20/02/2014 10:07 (depuis mobile) | Alerter
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2.Posté par Marie-Ange PIRIOUA le 25/02/2014 17:49 | Alerter
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Bonjour,
Vous avez dit l'essentiel.
Ma prière c'est que ces paroles arrivent au coeur de Madame la Présidente.
Nous n'avons d'autres choix que de sortir de cet abîme. Nous devons faire un état des lieux - identifier, nommer les maux, punir ceux qui ont failli, rendre justice aux victimes.
La justice passera, c'est le cri de tout un peuple.
Inutile de vous déguiser, vous qui avez plongé le pays dans le chaos.
La justice aura une vertu éducative, curative pour le peuple centrafricain qui, subresauts après saubresauts, au fil des crises s'est cru tout permis. Le temps de l'impunité est passé.
Nous ne pouvons nous permettre le luxe d'échouer. Pour ne pas passer par la parole de sagesse de YHOMBY OPANGAULT, nous devons arracher le masque de nos visages, reconnaissons que nous avons péché.
N'y a-t-il d'autres centrafricains valables que ces chefs rebelles qui vous avez ramenés au pouvoir ?
Ne pouvez-vous pas faire autrement ?
Soyez David, croyez, faites avec ce que vous avez ; la foi en votre pays.
Nous voulons encore vous soutenir et croire en vous et à la Centrafrique.

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