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LIVRE

Livre : La française Cara Vitto publie « LE SORCIER BLANC »


Alwihda Info | Par Franck CANA - 28 Février 2015 modifié le 28 Février 2015 - 23:14


Cara Vitto est née en 1970 près de Paris, à Boulogne-Billancourt. Après « L'élément 119 », elle vient de signer « Le sorcier blanc ». Un roman dans lequel Gérard Coutard, un français négociateur d'otages, est sollicité pour obtenir la libération d'Isidore Blanchard, un employé de la société pétrolière française Piborgaz, enlevé au Boutou. C'est un pays désormais combattu par une rébellion et dirigé par le dictateur Toittou Nzumbi depuis 31 ans.

Le négociateur rencontre plusieurs obstacles de taille tous aussi différents les uns que les autres. Il y a d'abord le chaos dans lequel se trouve ce pays pillé par le président et son entourage. « Ce président nous vole et nous maintient dans la misère. Aujourd'hui encore, il n'y a ni eau ni électricité dans les quartiers », peut-on lire. Ensuite, il y a la sorcellerie et les pratiques mystérieuses et rétrogrades africaines. Depuis Kodipilou, la capitale du Boutou, Coutard mène une enquête dangereuse pour découvrir qui détient Isidore en captivité et pour négocier sa libération.

Dans une société où la crainte du « n'ganga ou sorcier » est réelle et l'omerta, la règle, le héros de l'ouvrage prend le risque de s’initier à la sorcellerie et devient n'ganga afin de libérer l'otage, du moins l'espérait-t-il. Son travail est ardu parce qu’Isidore, un africain originaire du Boutou, a été mis à l’écart par sa famille et ses collègues boutouanais. Venant de France et se sentant parfaitement français et francophone, il rejetait systématiquement ses origines et ne fréquentait pas les africains.

La capitale du Boutou est une poubelle dans laquelle vivent ses habitants, Piborgaz exploite et pille les ressources pétrolières sans retenue aucune. La corruption généralisée gangrène le pays. L'humour des personnages étranges, des dames intrigantes et des problèmes ethniques sont également présents dans ce récit où Toittou Nzumbi finira par organiser un vrai-faux attentat contre son cortège dans l'objectif d'éliminer ses opposants et de se maintenir au pouvoir.

Bien que le Boutou soit un pays fictif, tout porte à croire que l'auteure s'est inspirée de ses années passées au Congo Brazzaville pour nourrir son imaginaire. Jean Sergent, directeur chez Piborgaz, Célimène la sœur d'Isidore et Gaspard le sorcier seront impliqués dans la fin tragique d'Isidore... Passionnée de peinture, ancienne responsable de la coordination et de la méthode dans une compagnie d'assurances, Cara Vitto nous livre une intrigue émouvante dans une langue puissamment évocatrice et parfois métissée d'africanités.

Franck Cana

« Le sorcier blanc », Cara Vitto, roman, 247 pages. 9,21 euros, vendu sur amazon.

Source : « Mito revista cultural » n°18 de février 2015.