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AFRIQUE

Lutte contre la drépanocytose en Côte d’Ivoire : Un plaidoyer auprès des autorités pour l’identifier comme problème de santé publique


Alwihda Info | Par Narcisse Yao - 20 Juin 2017 modifié le 20 Juin 2017 - 16:23

Pr Koffi Gustave qui a axé son intervention autour du thème : « Drépanocytose en Côte d’Ivoire : Enjeux et perspectives », a indiqué que le taux de prévalence national est estimé à 14%, dont 4% de formes graves.


Le secrétaire général de la Société africaine d’hématologie (Sah), le Pr Koffi Gustave a relevé que la Côte d’Ivoire enregistre par an 6000 à 8000 cas de naissances de drépanocytose, dont 40% meurent avant l’âge de 5 ans. C’était le 17 juin, au cours d’une conférence dite à l’occasion d’une célébration anticipée de la Journée internationale de lutte contre la drépanocytose (Jilud). Qui a lieu le 19 juin à travers le monde.

Pr Koffi Gustave qui a axé son intervention autour du thème : « Drépanocytose en Côte d’Ivoire : Enjeux et perspectives », a indiqué que le taux de prévalence national est estimé à 14%, dont 4% de formes graves. C’est à juste qu’il a fait un plaidoyer auprès des autorités, afin qu’elles identifient cette maladie comme un problème de santé publique, pour une meilleure prise en charge des malades.

En outre, il a insisté pour l’application de la résolution sur la drépanocytose adoptée par l’Union africaine (Ua). Laquelle stipule, au dire du conférencier, « la mise en place d’un Programme national de lutte contre la maladie, la construction de centres spécialisés, la subvention pour un meilleur accès aux médicaments, etc., ».

Ce professeur titulaire de médecine, option hématologie clinique a défini la drépanocytose comme une maladie génétique qui se traduit par une déformation des globules rouges, prenant la forme de croissant ou de faucille. Qualifiant cette maladie de « souffrance physique et morale », il a indiqué qu’elle est héréditaire et que le paludisme constitue l’une des causes.

Pr Koffi Gustave a annoncé que selon l’Organisation mondiale de santé (Oms), 5% de la population mondiale en souffre. Et d’ajouter : « Toujours avec l’Oms, on enregistre par an dans le monde, 500 000 naissances de drépanocytaires, dont 60 à 80% meurent avant l’âge de 5 ans ». Il a souligné que depuis 2009, l’Oms a décrété la date du 19 juin de chaque année, comme la Journée mondiale de cette maladie.

Le secrétaire général de la Sah a également signifié que la drépanocytose découverte en 1905 sur un patient de race noire est jusque-là, peu connue du public. « Elle touche dans le monde les personnes surtout de race noire. Elle souffre d’une forte discrimination raciale, d’où son appellation de ‘’maladie de race noire’’. Elle est négligée et suscite peu d’intérêt pour la communauté internationale », a-t-il déclaré.

Pour éviter la drépanocytose, ce spécialiste a fortement recommandé le dépistage et déconseiller les mariages consanguins et entre les personnes atteintes. Pr Koffi Gustave a enfin mentionné qu’il y a espoir de guérir de cette maladie grâce à deux possibilités. « Il s’agit de la greffe de moelle osseuse, qui coûte entre 80 et 100 millions de F Cfa. Elle se pratique en Europe ou ailleurs d’autre. Et également, la thérapie génique, qui en cours d’expérimentation », a-t-il laissé entendre.

Pour sa part, la présidente du comité d’organisation, Armand Patricia a dit placer l’événement sous le signe de la sensibilisation à cette maladie, en vue de susciter la mobilisation de toutes les couches de la société, pour une lutte commune et efficace, au bénéfice des malades. Des témoignages de malades et parents de malades de la drépanocytose, ainsi qu’un film projeté, a permis d’attirer l’attention du public sur la lutte contre cette maladie.
Signalons que cette célébration anticipée de la Journée mondiale de la drépanocytose instituée par l’Oms en 2009, à la date du 19 juin, est à l’initiative de trois Ong ivoiriennes, qui se sont donné la main. Notamment, l’Association des drépanocytaires de Côte d’Ivoire (Adci), l’Association des drépanocytaires et thalassémiques de Côte d’Ivoire (Adtci) et l’Aurore s’Allume (As).

Elles ont bénéficié du soutien et la coordination de l’Institut européen de coopération et de développement (Iecd). Qui est un organisme de solidarité internationale mettant en œuvre des projets de développement dans divers domaines, à travers 15 pays, dont la Côte d’Ivoire. Des dons ont été faits à l’endroit des pensionnaires de l’orphelinat de garçons de Bingerville, qui a servi de cadre à cette célébration.