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| Toutefois, à son arrivée à New York, les services de l’immigration ont invoqué son statut pour justifier l’annulation de son visa américain. Lire entre les lignes Pour justifier ces restrictions, les gouvernements invoquent généralement deux logiques : celles-ci permettent de maîtriser la propagation du VIH, et d’épargner aux pays d’accueil le coût du traitement contre le VIH. Aucune de ces deux raisons n’est vraiment convaincante, à en croire Susan Blair Timberlake, conseillère principale en droit et droits humains à l’ONUSIDA. « Empêcher les gens de se rendre dans un pays pour prévenir la propagation du VIH dans ce même pays [ne] rime à rien aujourd’hui, à une époque où chaque Etat est frappé par une épidémie nationale. Si l’on adopte cette stratégie, on devrait fermer les frontières aux nombreux ressortissants nationaux qui partent et reviennent ». Lorsque le gouvernement cubain a commencé à traiter ses premiers patients séropositifs, en 1986, il a adopté une politique de quarantaine obligatoire, selon laquelle toute personne atteinte du virus devait être envoyée dans un sanatorium public ; cette loi a néanmoins été abrogée en 1993. « Derrière [ces lois], il y a la supposition que les personnes séropositives vont se comporter de manière irresponsable - une idée qui n’est corroborée par aucune preuve - et c’est problématique », selon Mme Timberlake. Si les frais de traitement étaient véritablement problématiques, les pays soumettraient à un dépistage individuel toute personne souhaitant s’installer de manière permanente sur son territoire, a-t-elle commenté. Les services de l’immigration se préoccupent rarement des droits humains, notamment du droit de demander l’asile, du droit à la confidentialité des tests, et du droit de protéger la cellule familiale. En réaction, l’ONUSIDA a récemment formé une équipe de travail internationale chargée de sensibiliser [les populations] aux interdictions imposées aux voyageurs et aux violations des droits humains. Relation à distance Cela fait environ un an que Linda Kisuna* se bat pour que son mari séropositif quitte le Kenya pour venir habiter avec leur fille et elle-même, aux Etats-Unis. « [Les autorités demandent] qu’il obtienne une dérogation VIH [et qu’il soit] assuré ; or, ils savent que c’est impossible », a-t-elle déclaré à IRIN/PlusNews. « Aucune [compagnie] d’assurance n’est disposée à assurer quelqu’un qui vit à l’étranger [hors des Etats-Unis], et si c’est le cas, elles refusent d’assurer une personne atteinte d’une maladie préexistante [comme le VIH] ». Selon le gouvernement américain, l’exigence d’une assurance est raisonnable car cela permet d’éviter que la charge financière soit endossée non plus par le ressortissant étranger, mais par le contribuable, en cas d’urgence médicale. « C’est humiliant de devoir retourner dans son pays pour voir la personne que vous aimez, à qui l’on a interdit de vous rejoindre en raison de son statut, bien que vous soyez vous-même disposé à la soutenir », a dit Mme Kisuna. « Chaque année, je retourne au pays parce que je ne veux pas briser les liens qui nous unissent, alors je fais des heures supplémentaires ; je travaille d’arrache-pied pour réunir la somme nécessaire pour m’acheter mes billets [d’avion] ». Les avocats ont expliqué à Mme Kisuna qu’ils ne pouvaient pas faire grand-chose pour contourner la clause d’assurance. Elle tente donc à présent de trouver une clinique ou un organisme qui signera une déclaration sous serment stipulant qu’ils se portent responsables du traitement de son époux. Si cela fonctionne, Mme Kisuna, qui a obtenu un permis de séjour temporaire pour pouvoir vivre aux Etats-Unis, déposera une demande de citoyenneté ; dans le cas contraire, son rêve de voir sa famille à nouveau réunie risque d’être brisé. « Cette fois-ci, c’est ma dernière chance de le faire venir. Mais si ça ne marche pas, je vais devoir trouver autre chose : on ne peut pas vivre comme ça ». | |
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