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Maroc : Scandale autour de terrains vendus à prix dérisoires


Alwihda Info | Par Islam Assadallah - 29 Juillet 2016 modifié le 29 Juillet 2016 - 08:45

L'affaire continue de susciter de vives réactions au Maroc. Des terrains non-bâtis dans la capitale du royaume alaouite dont la valeur s'élève normalement à 25.000 dirhams (2.300 euros) et 30.000 dirhams marocains (2.780 euros) le m² ont été vendus à des hauts fonctionnaires à 350 dirhams (32 euros).


Parmi les bénéficiaires, on trouve les noms de : Mohamed Hassad "Ministre de l'Intérieur", Mohamed Boussaïd "Ministre de l'économie et des finances", Abdelouafi Laftit "Gouverneur de la préfecture de Rabat", Driss Lachgar "Premier secrétaire de l'Union Socialiste des Forces Populaires", Abdeslam Ahizoune "Président du directoire de Maroc Telecom" et autres.

Dans cette liste, on trouve aussi Fouad Ali El Himma et Mohamed Moâtassim, deux conseillers du roi Mohammed VI, qui ont également acquis des terrains d'une superficie de 3.000 à 5.000 m² à des prix dérisoires dans des quartiers huppés de Rabat, la capitale administrative du Maroc.

Les ministres de l'Intérieur et des Finances avaient auparavant réagi à ces informations affirmant dans un communiqué commun que « ce terrain [acheté par Abdelouafi Laftit à 350 dirhams le m²] faisait partie d'un lotissement résidentiel destiné aux fonctionnaires et serviteurs de l'Etat ».

Ils ont dénoncé « une campagne tendancieuse » dirigée par « un parti politique et des médias qui lui sont favorables » sans donner la moindre information sur son nom ou son identité. Mais d'après les réactions populaires, il s'agit bel et bien du parti islamiste Justice et développement (PJD) qui dirige la coalition du gouvernement actuel.

Les deux ministres ont voulu par leur communiqué calmer la situation. Mais leur usage du terme "serviteurs de l'Etat" n'a fait que l'empirer encore et encore. Par ça, ils ont suscité de vives critiques parmi les militants de la société civile qui ont lancé une campagne sur internet dénonçant une affaire divisant les Marocains en « serviteurs et ennemis de l'Etat ».

« Nous aussi, nous sommes des serviteurs de l'Etat et nous voulons un terrain pour 350 dirhams comme le gouverneur de la capitale », a écrit un militant sur son compte Twitter. Un autre a assuré qu'en effet "les serviteurs de l'Etat" ne sont en réalité que "les destructeurs du pays".

Hassan Tarek, le député socialiste (opposition) a pour sa part, sur sa page Facebook, qualifié le communiqué des deux ministres de « scandale encore plus gros que celui des terrains ». Même ton venant de Mohamed el-Meskaoui, secrétaire général du Comité national pour la protection des deniers publics, qui a dénoncé une « excuse plus grave qu'une faute ».

Interrogé sur cette affaire, l'écrivain Kamal Znidar a assuré que "Ces pratiques sont monnaie-courante au Maroc. Ces terrains ont au moins été vendus à 350 dirhams le m² alors que d'autres s'offrent gratuitement à des hauts-fonctionnaires d'Etat, des membres de la famille royale et leurs privilégiés inclus des dirigeants occidentaux et des rois et des princes des pays du Golf".

"Et ceci, c'est du vol organisé. C'est du vol institutionnalisé. C'est comme ça que les classes dominante et dirigeante détruisent le pays. C'est comme ça qu'elles s'enrichissent par l'appauvrissement du peuple", a-t-il ajouté.

Au niveau du parlement, le député Adil Benhamza du Parti Istiqlal (opposition) a exigé « des éclaircissements urgents du ministre de l'Economie et des Finances » dans un moment dans lequel le premier ministre Abdelilah Benkirane avait demandé aux membres du PJD de ne pas répondre au communiqué des deux ministres impliquant leur parti d'une manière indirecte.


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