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POINT DE VUE

Martin Ziguélé, l’enfumeur qui devait être en prison


Alwihda Info | Par Éric Moundoumbaye - 16 Mars 2014 modifié le 16 Mars 2014 - 21:23


Par Éric Moundoumbaye

Martin Ziguélé. Crédits photo : Sources
Martin Ziguélé. Crédits photo : Sources
À l’un de ses convives qui lui demandait il y a un an des détails sur l’intervention des troupes de Jean-Pierre Bemba en 2001 et 2002 en Centrafrique, un ex-ambassadeur de France a fait cette réponse: « je ne comprends pas que Martin Ziguélé qui donne aujourd’hui des leçons à tout le monde ait réussi à échapper à la prison. On ne peut juger Bemba sans inquiéter ceux qui lui avaient demandé de l’aide  et qui nourrissaient ses hommes ». 
 
Aujourd’hui encore, alors que des informations inquiétantes en provenance de la Centrafrique se succèdent et ne laissent que peu d’espoir sur l’avenir de ce pays pauvre après le passage de la Séléka, on ne peut que s’interroger sur l’impatience de Martin Ziguélé à accéder au pouvoir. Le même Ziguélé qui visiblement n’a rien à se reprocher: toujours combatif, toujours donneur de leçon devant l’éternel. Toujours fourbe et cynique, aussi.  
 
Lui, qui avait soutenu la rébellion Séléka avant, pendant et après sa prise du pouvoir comme aucun autre leader politique ne l’a jamais fait auparavant. Lui, qui ne jurait que par la Séléka et qui se considérait même comme le Premier ministre par procuration n’a rien à se reprocher dans la décente aux enfers de la Centrafrique. Lui, qui disait sur tous les plateaux de télévisons et sur toutes les ondes de radio où il était invité que Djotodia est l’homme de la situation ne se souvient plus de rien. Pis, il a le malin plaisir de lâcher ses chiens de garde contre ce dernier, le faisant traiter de terroriste et de criminel. 
 
Jusqu’au bout il n’aura été qu’un « enfumeur ». À l’image de son parti qui ne connait que le mensonge, la violence et la délation. Mais rien de nouveau sous le ciel centrafricain où le vice a pris l’habitude de rendre hommage à la vertu, où l’ordinaire du criminel c’est de snober ses victimes et de leur réclamer des primes. Car, pour autant que l’on sache, c’est Martin Ziguélé en tant que Premier ministre du défunt président Patassé qu’i l a fini par trahir par la suite qui décaissait et transportait l’argent destiné à nourrir les troupes de Jean-Pierre Bemba. C’est aussi lui qui leur rendait visite assez régulièrement. Mais aujourd’hui il prétend n’être au courant de rien. Tout comme il ne sait pas que du temps où il était Premier ministre se déroulait devant sa porte le massacre d’une communauté centrafricaine. Comment pouvait-il le savoir, occupé qu’il était à s’acheter la sympathie des caciques du MLPC, en l’occurrence celle de Luc-Appolinaire Dondon qui traita ladite communauté centrafricaine de « minorité exogène imbue d’elle-même et assoiffée de pouvoir ». 
 
Cela a depuis été sa ligne de défense. Pour mémoire, lorsqu’éclata l’affaire Bemba, Ziguélé prétendit que le Premier ministre qu’il était n’a pu être associé par le chef de l’État de l’époque à la chaine de commandement de l’armée. Que lui Ziguélé ne sut rien de  ce qui pouvait se passer au sein de l’armée. En somme un grossier mensonge! Puisque, hors mis le cas de Nicolas Tiangaye prévu par les Accords de Libreville, Ziguélé fut un Premier ministre de plein pouvoir. Le président Patassé lui faisait entièrement confiance au point de lui confier la responsabilité des négociations avec François Bozizé lorsque ce dernier était entré en rébellion en novembre 2001. Aujourd’hui encore, il se cache derrière les fameux Accords de Libreville pour pérorer à longueur de journée que toute l’opposition, pas seulement le MLPC, pas seulement son président, avait géré le pays avec Michel Djotodia. Façon de se dédouaner, une fois de plus. 
 
Ce qu’il ignore c’est que c’est su en haut lieu à Bangui qu’il prépare une nouvelle rébellion dans sa région natale avec certains partisans du MLPC. Ce dont il n’a nullement idée, c’est que le peuple centrafricain n’est pas dupe et l’attend au tournant.   
 
Éric Moundoumbaye