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AFRIQUE

Niger : Le groupe de presse Dounia suspendu pour avoir donné la parole à l'opposition


Alwihda Info | Par Djamil @ - 1 Juillet 2009 modifié le 1 Juillet 2009 - 19:24


Niger : Le groupe de presse Dounia suspendu pour avoir donné la parole à l'opposition
Reporters sans frontières condamne avec force la décision unilatérale prise le 29 juin 2009 par le président du Conseil Supérieur de la Communication (CSC), Daouda Diallo, de suspendre le groupe de presse Dounia "jusqu'à nouvel ordre".
 
"Partiale et injuste, cette décision suscite l'indignation au Niger. Il ne fait aucun doute que le président du CSC agit sur ordre des plus hautes autorités du pays, ce qui discrédite l'organe de régulation qu'il dirige, en révélant au grand jour le manque d'indépendance de certains de ses membres. Comment ne pas s'étonner par ailleurs que seul le groupe Dounia soit frappé d'une suspension alors que tous les médias privés ont diffusé les mêmes informations ? Cette mesure traduit l'acharnement des autorités contre ce groupe de presse. Nous exhortons le président du CSC à revenir sur sa décision et à réautoriser Dounia sans conditions préalables", a déclaré l'organisation.
 
Le 29 juin, le directeur général du groupe Dounia, Abibou Garba, a reçu de la part du CSC la décision n° 0005/P/CSC, lui intimant l'ordre de suspendre les activités du groupe "jusqu'à nouvel ordre". Le document officiel du CSC, dont Reporters sans frontières a obtenu une copie, est signé par son président, Daouda Diallo. Six des onze membres permanents du Conseil se sont immédiatement désolidarisés de cette décision, expliquant qu'ils n'ont pas été consultés et que "le principe de collégialité n'a pas été respecté".
 
Le groupe Dounia est accusé d'"appel à l'insurrection des forces de défense et de sécurité". La décision du président du CSC fait suite à la diffusion, le 27 juin, d'une déclaration du Front pour la défense de la démocratie (FDD), appelant la population à réagir contre le projet de référendum du président Mamadou Tandja.
 
Dans sa déclaration, diffusée par toutes les radios et télévisions locales, le FDD avait demandé "à tous les Nigériens de se mobiliser en usant de tous les moyens légaux pour faire immédiatement échec à cette entreprise de liquidation de l'Etat de droit et de la démocratie".
 
Le FDD avait également appelé les forces de sécurité à "refuser d'obéir aux ordres d'un homme qui a pris l'option délibérée de violer la Constitution et qui a désormais perdu toute légitimité politique et morale".
 
Le Niger connaît actuellement un climat politique tendu. Pour pouvoir briguer un troisième mandat, le président Mamadou Tandja souhaite modifier la Constitution par voie de référendum. Le 29 juin, il a dissous la Cour constitutionnelle qui, par trois fois, s'était opposée à ce projet. Trois jours plus tôt, au titre de l'article 53 de la Constitution, il s'est accordé des "pouvoirs exceptionnels", lui permettant de gouverner par ordonnances ou décrets. Le 26 mai, le chef de l'Etat avait également dissous l'Assemblée nationale. 


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