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REACTION

"Nous en avons marre des demis pouvoirs à répétition en Centrafrique !


- 3 Avril 2014 modifié le 3 Avril 2014 - 20:17


"Nous en avons marre des demis pouvoirs à répétition en Centrafrique !
Si d’aucuns jugent utile que leurs moyens de révendication démocratique leurs permettront d’accèder au pouvoir c’est de faire recours aux armes ; D’autres pensent le contraire en ce terme que les principes démocratiques et constitutionnels exigent que : « Le suffrage universel est la seule source de légitimité du pouvoir politique …. Le PEUPLE s’oppose fermement à la conquête du pouvoir par la force et toute forme de dictature et d’oppression, ainsi que tout acte de division et d’entretien de la haine.». Si nous voulons savoir comment les différents régimes qui se sont sucédés d’une manière à une autre en République Centrafricaine sont éffrondrés à mis chemin, nous devons examiner d’abord les causes de ces différentes catastrophes, en définir les symptômes et identifier les efforts pour y remédier. La plupart des analyses sur les maux qui dévorent l’Etat Centrafricain, sa faiblesse, son aspect prédateur et parasite, ne donnent que des réponses partielles à la question de savoir pouquoi certains régimes se maintiennent ou achèvent leur mandat, tandis que d’autres sombrent à mis chemin « cas de la RCA ».
 
Pourquoi une telle catastrophe se produit-elle dans une Centrafrique indépendante depuis le 13 Août 1960? Cette problématique merite une réponse scientifique et une démarche stratégique.
 
Parce que l’Etat Centrafricain est devenu un parasite et se considère, comme un jeune homme dont sa charge est encore et toujours pris en compte par ses parents, un Etat incapable d’accomplir les fonctions inhérentes à sa raison d’être. Si l’Etat Centrafricain s’éffrondre aujourd’hui, c’est qu’il ne s’acquitte plus des fonctions de base qu’il doit remplir. Tout d’abord, l’effrondement de l’Etat Centrafricain est un problème institutionnel qui se manifeste dans l’impuissance des arrangements politiques devenus incapables de donner un sens à l’action sociale, qu’il ne peut plus accomplir les fonctions exigées de lui pour meriter ce nom, qui consiste à faire régner son autorité et à obtenir sa légitimité, est indispensable à l’organisation socio-économique, car son effrondrement suppose donc la disparition d’une entité nécessaire ; Conséquence libre cour à la violence, l’assassinat de la liberté et démocratie, développement de l’impunité etc.
 
Bozizé fut chasser du pouvoir le 24 Mars 2013 par la coalition rebelle Séléka sous la conduite de Djotodia. L’échec de son régime nous apprend beaucoup sur les limites auxquelles se heurte une force militaire considérée comme instrument principal pour la conservation du pouvoir par certains.
 
Le régime de Bozizé s’écroula à son centre politique : le noyau des FACA se brisa au long des lignes de faille ethniques et claniques. Un déséquilibre totale dans le traitement des FACA, la corruption etc. La porosité des frontières nationales, affaiblie encore par la pauvreté de la Centrafrique.
 
Les prédécesseurs de Bozizé lui a laissé une structure rudimentaire, mais en fonctionnement. La chute de Jean Bedel Bokassa devrait servir de leçon aux partisans de coup d’état, une chose malheureusement qui n’est comprise. En interprétant la chute de l’empereur bokassa, il laissait aussi l’idée très nette que ni la dictature d’un seul ni une oligarchie étroite et peu représentative ne peuvent rester longtemps au pouvoir dans une Centrafrique d’aujourd’hui. Bokassa, Kolingba, Bozizé et Djotodia ils ont pris le pouvoir par la force militaire et c’est par elle qu’ils le perdit. Il n’y a guère de doute qu’une force militaire adéquate soit un élément de première importance dans la conservation de plupart de pouvoir en La République Centrafricaine, mais il faut que cette force soit disciplinée et étroitement contrôlée.
 
Une bonne part des difficultés de Bozizé est venue directement des excès et des privilèges excessifs des structures de surveillance militaires des gardes présidentielles et des faux agents de renseignement civile et militaire. Se fier, comme il l’a fait à des agents de ses gardes issus d’une seule éthnie comme la sécurité présidentielle est le signe indubitable qu’un régime se trouve sur un terrain mouvant.
 
Bozizé lui-même commit quelques erreurs militaires fondamentales. sa sécurité présidentielle terrorisait la population Kaba au Nord, Yakoma au Sud de Bangui, Ronga et Goula au Nord Est et centre Est et, à travers la frontière jusqu’au soudan, ce qui ne fit qu’augmenter les forces fidèles à Djotodia etc. se méfiant de ses propres officiers et soldats, il tenta lui-même les opérations contre ses adversaires. Donnant des instructions à partir de Bangui et se rendant en personne sur le front pour assumer le commandement et apporter les munitions à ses fidèles Sud Africains.
 
Le régime de Djotodia qui a succédé à Bozizé par un coup d’état ne s’en est pas mieux trouvé, d’autant qu’il lui fallu ramener à la raison ses propres forces (la Séléka). D’ailleurs le pillage organisé à Bangui par ses troupes et la brutale répression qu’elles ont menée contre les dissidents chrétiens ont créé un grave problème pour la nouvelle équipe au pouvoir. En cherchant à prendre en main un gouvernement en état de fonctionnement, le régime, avec beaucoup d’hésitations de convoquer une conférence nationale pour jeter l’ébauche d’une transition qui conduira le pays aux élections de 2016. Si dans la fumée Djotodia a gardé l’autorité présidentielle, y compris sur l’armée, l’administration au quotidien et la prise de décision étaient entre ses mains.une erreur grave du régime Djotidia consistait à incorporer ses troupes composées de 25000 hommes et la dissolution de la FACA au profit de l’ARC. Une attention particulière à la réalisation d’un équilibre national dans la composition de cette ARC lui avait échapper.
 
Le départ de l’ex président Djotodia, chef de la coalition rebelle Séléka à dominante musulmane et contraint à la démission le 10 janvier pour son incapacité, son incompétence ou encore de sa prise de position entant que spectateur et non acteur à empêcher les tueries entre ex-Séléka et milices anti-balaka a laissé derrière lui une République centrafricaine où la situation humanitaire et sécuritaire actuelle est tout bonnement catastrophique a sombré le pays dans le chaos. Jusqu'à quand allons nous mettre fin à la période d’animalité en Centrafrique ?


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