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Opération "Ramadan sans khat": c'est décidé, j'arrête le khat pendant le mois béni du Ramadan!


Alwihda Info | Par Mouvement patriotique "IOG doit partir" - 10 Juin 2016 modifié le 10 Juin 2016 - 02:11

le khat est une drogue novice pour la santé des gens et qui de surcroît porte préjudice au développement du pays, déjà fragilisé par près de 40 ans de mal-gouvernance. Cette plante éthiopienne est un toxique utilisée comme une arme de destruction massive par le régime sanguinaire de Guelleh à l’encontre du peuple. Jusqu'à quand allons-nous continuer à tendre de notre plein gré à cette clique malfaisante, qui nous opprime, le bâton pour nous faire battre ? Arrêtons de mastiquer cette plante diabolique et le mur de la dictature clanique qui nous paraît bétonné se lézardera tout seul. Et la chute du régime de Guelleh ne sera qu'une question de semaines tout au plus. Avant qu’il ne soit trop tard, il est impératif de prendre tous ensemble cette résolution patriotique et religieuse: “c’est décidé, j’arrête le khat pendant le mois béni du Ramadan”.


« Le khat rythme la vie de ce foutu pays. Sans khat point de vie ! De treize à vingt heures, le khat tient les hommes (et les femmes) en vie. Sans lui, que faire, comment vivre ? Seule la voix esseulée du muezzin vient troubler, pour quelques-uns, ce rituel fort bien assimilé. ». Ce passage de la nouvelle intitulée « la galerie des fous », extrait du recueil de nouvelles « le pays sans ombre écrit par le meilleur d'entre nous, notre compatriote Abdourahman Wabéri, illustre la triste réalité de notre pays, à savoir l'emprise du khat sur la population. Bienvenue au pays du khat-quarante !
Même pendant la période du mois béni de Ramadan, la consommation de cette plante continue hélas de rythmer la vie de nos concitoyens. Vue qu’il n’y ait plus de séance de khat diurne, Ramadan oblige, on aurait dû logiquement observer une nette diminution de l’importation de cette plante éthiopienne. Que nenni ! Les étals et les échoppes dédiés au khat sont très bien achalandés, et comme à l’accoutumée les clients s’y bousculent. Le mois de Ramadan est normalement propice au sevrage du khat, pourquoi nos concitoyens n’en profitent-ils pas pour arrêter définitivement cette maudite plante ou du moins faire un break pendant ce moi béni ? Nous sommes conscient qu’il est difficile de stopper définitivement la consommation du khat, surtout pour les khatteurs invétérés. C’est pourquoi nous trouvons qu’il est judicieux de procéder par étapes. La première étape du sevrage du khat consiste en la prise de conscience du consommateur, ensuite le deuxième pas étant la ferme décision d’arrêter cette plante, fut-elle temporaire. Profitons donc de ce mois béni pour prendre tous ensemble cette nécessaire résolution : « c'est décidé, j'arrête le khat pendant le mois béni du Ramadan ». Ceci est une résolution patriotique et religieuse. Patriotique car vous n’êtes pas sans savoir que le khat est une arme de destruction massive usitée par le régime sanguinaire de Guelleh pour asservir, assujettir, corrompre et rendre apathique le peuple de Djibouti. Un peuple « drogué » ne peut être souverain, esclavage et servitude volontaire sont leur funeste destin. Arrêter le khat est donc un acte patriotique. Et religieuse pour la simple raison que la consommation du khat et la pratique de l’Islam sont deux choses incompatibles. Le khat est-il licite ? L'ancien ministre des Waqfs, Hamoud Suldan, a répondu par la négative lors d'un entretien qu'il a accordé à des enquêteurs de la Banque mondiale, en 2011. L'on peut évoquer aussi la sublime exhortation de notre Seigneur : « Et mangez de ce qu’Allah vous a attribué de licite et de bon. Craignez Allah, en qui vous avez foi ». A moins d'être de mauvaise foi ou un faux-dévot à la solde du parrain Guelleh, on ne peut qualifier le khat ni bon encore moins licite. Le khat c'est l'herbe des « Awliya », entend-on souvent dans les mabrazes. Faux et archi-faux! En réalité, il s'agit plutôt d'une plante maléfique, celle du diable.
« Le Khat, toxique du TFAI », tel était le cri d 'alarme du premier médecin djiboutien, le docteur Ahmed Absieh qui nous mettait en garde il y a déjà plus de 40 ans sur la nocivité du khat. C'était d'ailleurs le titre de sa thèse qu'il a soutenue à l'université de Bordeaux en 1973. Avant de démontrer la toxicité du khat dont parle notre célèbre compatriote, essayons de définir cette plante. Le khat, quésaco ? Le khat, Catha edulis étant son nom scientifique, est un arbre de la famille des Célastracées. Le khat est un arbuste contenant des alcaloïdes amphétaminiques (cathinone) qui sont responsables des effets psychiques recherchés (excitation , euphorie) et d'effets sympathomimétiques. En effet, les feuilles du khat contiennent des alcaloïdes de structure apparentée à l'amphétamine. Le khat consommé à Djibouti est entièrement importé de l’Éthiopie voisine, une importation quotidienne de l'ordre d'une dizaine de tonnes. Le chiffre d'affaires du marché du khat est estimé à plus de 10 milliards de francs djibouti par an, soit 20% du PID du pays. Il s’agit d’un produit de consommation de masse, l’opium du peuple en quelque sorte. Mais contrairement à la propagande de la dictature clanique, qui opprime les Djiboutiens depuis 4 décennies, mâcher cette plante n’a jamais été une habitude ancestrale dans notre pays. Plutôt une coutume récente: il y a tout juste 50 ans, seules quelques personnes âgées et une poignée d’auxiliaires du colonisateur consommaient le khat. C’est après l’indépendance confisquée par la dite clique que la consommation du khat a atteint des proportions inquiétantes. Le régime de Gouled puis celui de son neveu Guelleh ont été les principaux artisans de la propagation de ce fléau. Normal, la dictature clanique n’allait tout de même pas se passer de leur principale arme de destruction massive.
Le docteur Absieh a donc bien raison, le khat est un toxique. Toxique pour le pouvoir d'achat des ménages, toxique pour la santé des gens, toxique pour l'économie du pays, etc. La nocivité de cette plante n’est plus à démontrer. Le Khat est un fléau national qui touche toutes les couches sociales, surtout les ménages à faible revenu. Cette plante cause beaucoup de problèmes, notamment sociaux et économiques, dans notre pays.
Les impacts du khat sont :
- En matière économique, la consommation du khat entame une large part du budget des ménages. Pour la plupart de familles djiboutiennes, cette plante représente une charge financière de l’ordre de 40% de leur budget, plus précisément 42 % selon une enquête de la Banque mondiale. Une dépense phénoménale. Le pouvoir d’achat des ménages s’effrite considérablement, surtout pour les familles les plus nécessiteuses (environ 90% de la population). Une incidence négative économique considérable pour un pays qui figure en queue de peloton dans le classement de l'indice de développement humain du PNUD. Un pays où la pauvreté est très répandue : plus de 75% de la population vivent sous le seuil de pauvreté, dont 40% en situation de pauvreté extrême. Est-il nécessaire de préciser que cette plante n’a aucune incidence négative sur les finances de la clique au pouvoir et de leurs obligés. L’importation du khat garantit plutôt au régime tyrannique de Guelleh une manne financière non négligeable, plusieurs milliards de nos francs, et dope les finances de la petite minorité repue proche du pouvoir en place. Ce qui n’est pas le cas de la majorité de la population qui s’appauvrisse de plus en plus.
- Sur le plan sociétal, le khat cause des ravages. Cette plante est l’une des principales causes de divorces dans notre pays. Le père qui consomme le khat est souvent absent de la maison, passe peu de temps avec sa famille, consacre près de la moitié des revenus familiaux à cette plante, ne suit pas l’éducation de ses enfants, et parfois ne remplit pas les devoirs conjugaux. L’individu khatteur est prêt à tout pour se procurer sa dose quotidienne du khat : la corruption, le vol, la prostitution, le fameux « bastolad », etc. Tous les moyens sont bons pour avoir sa botte de khat. Pour quelques bottes de khat, les gens sont prêts à vendre leur âme au diable . Et une partie non négligeable de la populace est prompte à troquer l'avenir de leur pays pour cette plante maléfique. La consommation du khat induit également des comportements à risque. Depuis quelques années, on observe une nette progression de la consommation féminine du khat. Un drame absolu. Les jeunes femmes qui n’ont pas le moyen de se payer la botte de khat n’hésitent pas à commettre l’irréparable : s’adonner à une prostitution occasionnelle. Enfin, le khat est un facteur qui favorise la propagation du VIH/SIDA, les khatteurs dragueurs plus connus sous le surnom peu flatteur de “patrouilleurs” sont les plus exposés. Tragique !
- En matière de santé, les impacts du khat sur la santé des consommateurs sont légions. On peut citer, entre autres, l’anorexie, l’insomnie, l’euphorie, la pression artérielle et la constipation. Les effets néfastes et novices du khat sont dus à la cathinone contenue dans les feuilles de cette plante. Le khat est classé par l’OMS parmi « les drogues produisant une dépendance », en langage clair c'est une drogue. L’utilisation des herbicides et autres pesticides utilisés par les cultivateurs éthiopiens, des produits achetés au marché noir pour une poignée de Birrs, pour le traitement du khat peut provoquer de l’hépatite chez les consommateurs. C’est ce qui ressort d'une étude réalisée par des chercheurs britanniques en 2010 : le khat, toxique pour le foie peut-on lire en substance dans cette étude. Le ministère de la santé de Djibouti a, quant à lui, reconnu récemment que le khat est « la source de nombreuses maladies cardio-vasculaires et de dépression ». De médecins djiboutiens que nous avons interrogés nous ont même affirmé que le khat est « l’une des principales causes de décès » dans notre pays, soulignant les effets hypertenseurs de cette plante. Parmi les autres comportements à risque, on peut citer l’association du khat avec d'autres substances. En effet, nombre de djiboutiens consomment en plus du khat d'autres substances psychotropes telles que le « damaii » (une sorte d’ectasie), du hashish ou de l’héroïne afghane pour les plus nantis ou voleurs. Selon une enquête menée auprès des ménages par la DISED, un organisme gouvernemental, 10 % à 20% des femmes qui consomment le khat l'associent à des gélules, à de l'alcool et près de 50% avec des cigarettes. Alarmant !
- Sur le plan de la compétitivité, tout le monde s'accorde à dire qu'on ne risque pas d'attirer des investisseurs avec une population sous la totale emprise d'une drogue, fût-elle douce. Tant que le khat demeurera un produit de consommation de masse, il continuera d'impacter défavorablement sur la compétitivité du pays. Une petite explication s'impose : un individu consacre en moyenne 2500 heures par an (8 à 10 heures par jour) à la consommation du khat soit plus de 100 jours par an. Transposé à l'ensemble des khatteurs du pays, c’est plus d’un million d’heures par jour qu’absorbe la consommation du khat. C’est tout simplement hallucinant ces heures perdues pour rien, des heures qui devraient être consacrées à des fins plus utiles, notamment pour relever le défi du développement auquel est confronté notre petit pays démuni de ressources naturelles. Un pays qui se transforme hélas chaque jour en un état fantôme, une contrée morte. Au delà des énormes devises qui sortent chaque jour du pays, ce sont ces longues heures d'inactivité, consacrées à la consommation de cette plante maléfique, qui impactent négativement sur l'économie nationale. Pire, cela compromet l'avenir du pays. Quel gâchis !

En somme, le khat est une drogue novice pour la santé des gens et qui de surcroît porte préjudice au développement du pays, déjà fragilisé par près de 40 ans de mal-gouvernance. Cette plante éthiopienne est un toxique utilisée comme une arme de destruction massive par le régime sanguinaire de Guelleh à l’encontre du peuple. Jusqu'à quand allons-nous continuer à tendre de notre plein gré à cette clique malfaisante, qui nous opprime, le bâton pour nous faire battre ? Arrêtons de mastiquer cette plante diabolique et le mur de la dictature clanique qui nous paraît bétonné se lézardera tout seul. Et la chute du régime de Guelleh ne sera qu'une question de semaines tout au plus. Avant qu’il ne soit trop tard, il est impératif de prendre tous ensemble cette résolution patriotique et religieuse: “c’est décidé, j’arrête le khat pendant le mois béni du Ramadan”. montrer la toxicit


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