Accueil
Envoyer à un ami
Imprimer
Grand
Petit
Partager
COMMUNIQUE

Opération Turquoise : Le Drian osera-t-il faire accepter la levée du secret défense ?


Alwihda Info | Par Survie - 22 Juin 2014 modifié le 21 Juin 2014 - 10:18


Survie

L'opération Sangaris doit désarmer les milices…. comme l'opération Turquoise au Rwanda qui se termina par un génocide au Rwanda. Photo : Cotedivoireinfo.wordpress.com
L'opération Sangaris doit désarmer les milices…. comme l'opération Turquoise au Rwanda qui se termina par un génocide au Rwanda. Photo : Cotedivoireinfo.wordpress.com
Invitation à mobilisation le samedi 28 juin
 
Alors que l’on commémore les 20 ans de l’opération Turquoise au Rwanda, Survie s’interroge sur les réticences du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, à lever le secret défense sur le rôle de la France au Rwanda avant, pendant et après le génocide. Beaucoup de zones d'ombre subsistent en particulier sur une intervention militaire que les plus farouches défenseurs d’une armée qui ne vivrait que pour protéger les citoyens du monde ont toujours présentée comme "humanitaire". 
 
Le 22 juin 1994, l’opération Turquoise est lancée au Rwanda par François Mitterrand. Le génocide des Tutsi a débuté deux mois auparavant. Les plus grands massacres ont déjà eu lieu, en avril et mai. Depuis le 7 avril, les autorités françaises savent et laissent faire. Les troupes engagées en avril dans l'opération Amaryllis d'évacuation des Européens n'ont pas agi pour mettre fin aux tueries à Kigali. La France a voté le 21 avril la réduction drastique du contingent de la MINUAR (Mission des Nations Unies d'assistance au Rwanda). Lorsque 2500 soldats français lourdement armés s'apprêtent à intervenir au Rwanda, à partir du 22 juin, le motif invoqué et toujours mis en avant  par les dirigeants français est de sauver des innocents dans le cadre d’une intervention humanitaire. Chacun peut d'ailleurs voir des photos choisies sur le site du Ministère de la défense : enfants sauvés par des médecins et militaires déployés à des fins humanitaires[i]. Les photos que l’on ne montre pas sont celles des lieux où les soldats français présents n’ont pas empêché les actes de génocide de se poursuivre dans la zone sous contrôle français, comme dans les collines de Bisesero[ii]. Pas plus que celles où l'on voit des militaires français former des civils rwandais - des miliciens - pendant Turquoise[iii]. Ou celles où l'on voit le général Augustin Bizimungu, aujourd'hui condamné par le TPIR, bavarder au Zaïre avec des officiers français[iv].
 
20 ans après les faits, nombreux sont les ouvrages qui ont dénoncé les agissements de la France pendant le génocide[v].  Après les déclarations de Bernard Kouchner affirmant que « Paris a livré des armes [au gouvernement intérimaire rwandais] jusqu'en août 1994[vi] », Hubert Védrine lui-même reconnait ces livraisons alors qu'un embargo a été décrété le 17 mai par l’ONU. D’anciens militaires français n’hésitent plus à dénoncer Turquoise et ce qui aurait été, dès le départ, une nouvelle illustration d'un soutien total à un régime génocidaire, à ce moment-là fragilisé par l'avancée du FPR. A savoir, non pas une opération « humanitaire » pour s'opposer aux massacres, mais bien au contraire une opération visant dans un premier temps à stopper le FPR, puis à exfiltrer les auteurs du génocide...
 
Sur ces silences qui se transforment en crimes, il est encore possible d’agir : qu’a fait l’armée française au Rwanda avant, pendant et après Turquoise, et plus largement avant pendant et après le génocide ? Quels intérêts la France souhaite-t-elle protéger, 20 ans après les faits ? Pourquoi l'Etat français s'obstine-t-il à préserver sa propre version de l'histoire en refusant aux juges d'accéder aux archives ? 
 
Jean-Yves Le Drian a, dans son message aux Armées du 11 avril dernier, affirmé que « le ministère de la Défense a fait preuve d’une transparence exemplaire lors des procédures judiciaires engagées à la suite du génocide : au total, ce sont plus de 1100 documents qui ont été déclassifiés ». Pourtant, des pièces à conviction et des documents essentiels ne sont toujours pas communiqués aux magistrats dans les dossiers ouverts au pôle "génocides et crimes contre l'humanité" concernant Bisesero, Murambi et Nyarushishi, pas plus que dans l'instruction sur l'attentat du 6 avril 1994, en cours au pôle antiterroriste.
 
Survie a agi : notre association a sollicité les parlementaires français sur la nécessité d’enquêter sur les livraisons d'armes opérées par Paris, mais également interpellé Jean-Yves Le Drian en lui demandant la déclassification et la publication de tous les documents se rapportant à l’action de la France au Rwanda de 1990 à 1994 dans ses volets diplomatiques, militaires, politiques, et financiers. Cette demande, fortement relayée, a recueilli 6000 signatures citoyennes et été cosignée par  d’autres organisations investies dans la quête de justice et de vérité sur ce qui s’est passé il y a 20 ans au Rwanda : le CPCR (Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda), la FIDH (Fédération Internationale des ligues des Droits de l'Homme), la LICRA (Ligue Contre le Racisme et l'Antisémitisme), la LDH (Ligue française des Droits de l'Homme).
 
PÉTITION EN LIGNE
 
Symboliquement, la pétition sera remise le 28 juin, pour les 20 ans du drame de Bisesero. 
 
RV samedi 28 juin à 15h, métro Solférino
Contact : Ophélie Latil 01 44 61 03 25 ophelie.latil@survie.org


EDITORIAL | COMMUNIQUE | Informations | AFRIQUE | SCOOP | Spécial Mali | Santé | INTERVIEW | SPORTS | REACTION | MEDIAS | REPORTAGE | RELIGIONS | SERVICES | INSOLITE | ANALYSE | ARCHIVES | SCIENCE | LIVRE | Evènements