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AFRIQUE

Opposition congolaise : la base de l'Upads exige le recadrage de l'action politique du premier secrétaire


Alwihda Info | Par Arcy Ouenabio - 22 Décembre 2015 modifié le 22 Décembre 2015 - 00:04

Un malaise plane au sein de l’Upads. La base du parti demande un recadrage de l’action politique du premier secrétaire, Pascal Tsaty Mabiala. Norbert Mfikou, membre du bureau politique du parti et Vice-président de la coordination de ce parti à Pointe-Noire s’est voulu porte-voix de la base, à travers une lettre adressée au premier secrétaire du parti et dans laquelle il dénonce sa ‘’stratégie’’ visant à ‘’faire couler le sang des militants’’’.


Opposition congolaise : la base de l'Upads exige le recadrage de l'action politique du premier secrétaire
Opposition congolaise : la base de l'Upads exige le recadrage de l'action politique du premier secrétaire
Tsaty Mabaila, premier secrétaire de l'Upads

Il passe pour le plus grand démocrate au Congo. Pascal Tsaty Mabiala a des comptes ‘’démocratiques’’ à rendre avec la base de son parti. Lui qui ne veut entendre une voix discordante au sein du parti ; lui qui ne tolère aucune prise de position individuelle quand il a déjà parlé, il va très certainement sanctionner Norbert Mfikou, membre du bureau politique et Vice-président de la coordination de l’Upads au niveau de Pointe-Noire. Celui-ci a voulu briser le silence pour dire tout haut ce que nombre de militants de l’Upads disent tout bas.

En effet, dans une lettre datée du 13 décembre 2015, cet ancien député de l’Upads de 1992 à 1997, dénonce sans concession, les dérives du premier secrétaire du parti, à travers une lettre ouverte qui a pour objet : « recadrage de l’action politique du l’Upads ».

Rappels historiques

La lettre de Norbert Mfikou s’ouvre par des rappels de l’histoire récente de celui qui dirige l’Upads aujourd’hui. Pascal Tsaty Mabiala, rappelle-t-il, a géré la guerre de 1997, parce que ministre de la défense sous le président Pascal Lissouba. L’auteur de la lettre ouverte impute à Pascal Tsaty Mabiala, « la mort de milliers d’hommes, le pillage des banques et la désarticulation de l’administration » qui sont les conséquences de ‘’l’incapacité’’ du ministre de la défense à assurer la coordination des troupes.

Conscient de cette incapacité, écrit le vice-président de la coordination Upads de Pointe-Noire, Pascal Tasty Mabiala a plutôt résolu d’abandonner les troupes pour aller en « exile doré en Belgique, mettant à l’abri toute sa famille : femme, enfants et neveux ».

Ce rappel est suivi par un autre, plus récent : le premier secrétaire de l’Upads a appelé « officiellement » à la désobéissance civile le 20 octobre 2015. Mais il a été, selon Norbert Mfikou qui se dit « curieux de le constater », « insensible, indifférent et inconséquent» face aux conséquences de son mot d’ordre, notamment à Pointe-Noire. C’est ce que Norbert Mfikou qualifie de «comportement diabolique » du premier secrétaire de l’Upads.

Le paradoxe entre ordre et action du premier secrétaire de l’Upads

Pascal Tsaty Mabial avait, de « son exil doré », tel qu’écrit M. Mfikou, ordonné aux cadres du parti restés au pays de ne « jamais participer aux élections tant que le président Sassou N’Guesso est président de la République du Congo ». Pourtant, il ne s’est plus souvenu de ce mot d’ordre. Ainsi, il est son M. Mfikou, « nommé député », dès son retour au pays et « nommé président du groupe parlementaire de l’Upads », avec 14 millions par mois, soit « 840 000 000 de francs Cfa », selon les calculs de l’auteur de la lettre.

Opacité dans la gestion des fonds

Le vice-président de l’Upads Pointe-Noire n’a rien laissé au hasard. Car, l’auteur de la lettre ouverte reproche aussi à Pascal Tsaty Mabiala d’avoir vendu dans l’opacité, le siège du parti de Pascal Lissouba à Brazzaville, « sans aucun avis, ni du parti, ni du secrétariat, ni du bureau politique, ni du conseil national ». Cette attitude illustre, à son avis, un « manque de respect [du] bien commun ».

Le siège acheté avec l’apport des sénateurs et députés du parti de l’époque, selon M. Mfikou, a été vendu à un milliard huit cents millions (1 800 000 000) francs Cfa. Une somme « détenue » par le premier secrétaire de l’Upads, affirme encore l’auteur de la lettre.

Alors que le premier secrétaire du parti touche 14 millions par mois, au titre de président du groupe parlementaire de l’Upads, il n’a pas été en mesure d’être solidaire des militants qui ont répondu à son mot d’ordre le 20 octobre dernier, dénonce M. Mfikou.

La stratégie politique : faire couler le sang des militants

Le membre du bureau politique de l’Upads accuse par ailleurs, le premier secrétaire du parti de mauvais choix politiques. Il « privilégient les militants qui ne sont que des gros détracteurs de l’UPADS », selon lui avant d’ajouter : Tsaty Mabiala « préfère la ruse et la malice politicienne », en « débauchant des militants des partis au sein du Frocad » (Front pour le respect de l’ordre constitutionnel) au lieu de fédérer d’autres partis comme le CAP, le Must, l’UPADS-FDR etc., afin de réaliser un « grand rassemblement dans l’esprit du fondateur de l’Upads, professeur Pascal Lissouba », déplore-t-il.

Ses mauvais choix et stratégies politiques « n’ont pour but que de faire couler trop du sang de nos militants », affirme M. Mfikou qui soutient que « toutes les actions nuisibles individuelles du secrétaire général du parti n’ont qu’une finalité : la mise à l’écart des valeurs qui doivent réfléchir sur le projet de société que nous devons présenter au peuple pour solliciter le suffrage universel ».

Dans une conclusion à la lumière de son constat, Norbert Mfikou estime que Pascal Tsaty Mabiala «n’est plus l’homme qui incarne la cohésion dans la lutte actuelle… ».

Il n’y a pas de doute, le premier secrétaire de l’Upads ne fait plus l’unanimité au sein de son parti. Le fait est qu’au lieu de chercher à imposer la démocratie par le dialogue à ce niveau, il rêve plutôt de transposer son intransigeance à la tête du Congo. Sa réaction à cette lettre sera indubitablement la sanction contre son auteur.


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