Accueil
Envoyer à un ami
Imprimer
Grand
Petit
Partager
POINT DE VUE

QUI TENTE DE FAIRE DISPARAITRE BENOIT LIKITI NOMME A LA CEEAC ?


Alwihda Info | Par K. Jean Hilaire - 17 Novembre 2014 modifié le 17 Novembre 2014 - 21:53

QUI TENTE DE FAIRE DISPARAITRE BENOIT LIKITI NOMME A LA CEEAC ?
Je suis centrafricain, je l’affirme et fier de l’être même si l’identité centrafricaine donne la nauséabonde impression d’être vulgarisée à cause de multiples péripéties que subit la République Centrafricaine caractérisées par : des séances en plénière, houleuse et cacophonique, des huit-clos internationaux excluant des autorités centrafricaines, des résolutions adoptées avec une frange d’entités suspectées d’être manipulées, des déplacements et rencontres louches des membres de la commission nationales de transition avec certains partenaires, des services administratifs inexistants, des lamentations de non payement de quelques salaires, des écoles et hôpitaux déficients, une production minière confisquée mais circulant abondamment sur certaines frontières toutes parfaitement recensées, autant par la communauté internationale que par le gouvernement centrafricain, du prix exorbitant de produits agricoles, d’élevage et de pêche, des luttes et conflits non assumés par des stratégies, idéologies et programmes clairement définis, des évaporations incomprises de dons !… Centrafricaines, centrafricains, chers compatriotes, où allons-nous ?
LA FARCE ? Et Comme un malheur ne vient jamais seul, voila que je viens de prendre connaissance d’un article de presse avec le titre OU DONC EST PASSE LE PRESIDENT DU PARTI UDRP ? J’espère ne pas me tromper car pour moi le président de l’Union des Démocrates pour le Renouveau Panafricain est Monsieur Benoît Likiti. C’est de lui qu’il s’agit, Je ris et suis effrayé à la fois. Je ris car monsieur Benoît Likiti n’est pas dans la clandestinité et a donc été aperçu plus d’une fois par moi et par tous les centrafricains qui vivent dans la même ville que moi… Mais je suis aussi inquiet, ayant l’impression qu’il est recherché ! Annonce t-on sa disparition prochaine ? Monsieur Likiti vit officiellement dans une capitale africaine parfaitement connue des hautes autorités centrafricaines, qui d’après mes investigations l’ont rencontré pratiquement toutes ; alors à quoi rime cette farce qui conduit à présenter monsieur Likiti comme disparu ? Sinon invisible ? Pourquoi les autorités qui l’ont rencontré restent muettes ? Que veut-on montrer ? Est-il en aventure au Gabon comme certains d’entre nous membre de la diaspora centrafricaine ?

CAS GROTESQUE ET ODIEUX. Nous apprenons tous les jours des avis de recherche de ressortissants, lancés par leur gouvernement alors que ceux-ci sont partis à leur propre compte. En pleine crise centrafricaine, nous avons constaté, ahuris, que certains pays africains, qui ne sont pas forcément plus nantis que le Centrafrique, ont procédé officiellement à l’évacuation de leurs ressortissants à partir de l’aéroport Bangui M’Poko ; or, nous de la diaspora centrafricaine, nous nous sentons totalement oubliés, abandonnés, sacrifiés ! Le cas du grand frère Likiti est encore plus grotesque et odieux, car ne peut résister à la critique. Voila un homme ayant tout le background compatible à la fameuse technocratie - mode de sélection des membres du gouvernement et autres hauts cadres de la République - initiée par le pouvoir de transition mais envers qui on donne l’impression de tergiverser dans l’exercice de sa fonction à la CEEAC, qui n’est d’ailleurs que l’exécution d’un décret pris par le président de la République, publié au journal officiel qui a donc force de loi. Il doit être exécuté afin d’éviter que nos partenaires puissent, à juste titre, s’interroger sur ce que veulent les centrafricains.
MAIS INTERROGEONS-NOUS ENTRE COMPATRIOTES. Où va-t-on ? Repart-on à l’état colonial ? Conserve-t-on la République de Boganda ? Retourne-t-on vers l’empire centrafricain ? Joue-t-on pour une transition prolongée afin de perpétrer vols et pillages dans le but de renforcer des trésors de guerre ? On fait quoi ? Avec qui ? Avec quoi ?
A l’âge adulte que j’ai atteint, je n’ai pas fini d’apprendre : J’ai fini par comprendre pourquoi entre étudiants, les amis africains d’autres pays TRAITAIENT de centraMACHINS nous, étudiants centrafricains. Je remercie infiniment la puissance spirituelle qui m’a permis de décrypter la formulation de centraMACHINS.
MARGINALISÉS ET OUBLIÉS PAR LES AFFAIRES ETRANGÈRES. Le cas Likiti offre l’occasion aux centrafricains de se poser réellement la question de leur survie à l’étranger. Sont-ils encore centrafricains ou peut être sont-ils tellement timides que le gouvernement centrafricain les néglige ? Alors qu’il existe bel et bien un ministère chargé des centrafricains de l’étranger, que fait-il ? Quelle est sa fonction ? Quelle est sa mission ? La question mérite d’être posée lorsque les centrafricains se sentent marginalisés et oubliés pendant que le ministre des affaires étrangères lorsqu’il est en mission dans les capitales africaines se réfugie dans les palaces résidentielles, évite royalement de rencontrer les compatriotes qui dès lors apparaissent dangereux pour lui. Le comble, c’est que pendant qu’il jubile naïvement dans la clandestinité, qu’il engraisse en tranquille familiarité les quelques parents à qui il a pris précaution de prévenir de son passage dans leur ville, la colonie centrafricaine l’observe et a tous les détails de ses plaisirs fugitifs ! Détrompez-vous monsieur le ministre. C’est malheureux et c’est vraiment dommage pour un pays sinistré qui devrait à toute occasion afficher sa simplicité, sa solidarité et surtout l’intelligence de ses dirigeants !
OU SE SITUE LE DEBAT DONC ? L’état de notre compatriote Likiti ne peut être qualifié d’étude de cas comme ceux que nous apprenons en travaux dirigés à l’université car enfin ! La RCA n’est pas une république bananière. Elle est gérée aujourd’hui par une charte qui est le reflet de la Constitution d’ où elle puise ses fondements. Les autorités de la transition ont été élues de manière transparente et même si c’est la transition, la souveraineté et la légitimité doivent être respectées. Et c’est cette autorité qui s’est traduite dans la décision présidentielle qui a nommé Benoît Likiti comme contrôleur financier. J’ai eu par l’institution où il a été affecté confirmation de l’existence du décret présidentiel le nommant, accompagné de la note verbale du ministre des affaires étrangères centrafricaine. Où se situe le débat donc ? Au regard de la légitimité et de la souveraineté évoquées ci-haut, y a-t-il un obstacle ?
LA CONTINUITE DE L’ETAT. Des informations recueillies auprès du secrétariat général de la CEEAC, le poste de contrôleur financier est affecté à la RCA par les textes fondamentaux d’où le choix, soumis exclusivement à l’autorité du président de la République. L’institution peut émettre des observations sur la compétence, le profil de la personne par rapport à la fonction mais ne peut en aucun cas déterminer le choix du pays ; il est d’ailleurs prévu que dans le cas ou des contradictions fondamentales persistaient au niveau du pouvoir régalien, il n’est pas exclu de conjurer cette incompréhension par la saisine du médiateur de la crise centrafricaine, qui est le Président congolais Sassou Nguesso. A-t-il été informé par voie officielle ? Rien n’est moins sure. L’institution en question a rassuré qu’elle n’a enregistré aucune réaction du médiateur ; on nous a fait comprendre que, la fonction de contrôleur financier est liée aux décisions des chefs d’état de l’institution, car ce contrôleur financier doit viser toute dépense inscrite au budget, après autorisation unique du seul secrétaire général. Je conclu donc à mon niveau que ce poste est éminemment stratégique. Cela signifie que le décret ne pouvait être qu’appliqué car signé du chef de l’état de transition accompagné de la note verbale du ministre des affaires étrangères, chargé de la francophonie et de l’intégration régionale et chargé des centrafricains de l’étranger. Il faut signaler par ailleurs que Benoît Likiti s’est fait renouveler son passeport diplomatique mentionnant clairement sa nouvelle fonction, de contrôleur financier, dûment signé par l’ancien ministre des affaires étrangères, chargé de la francophonie et de l’intégration régionale et chargé des centrafricains de l’étranger qui aujourd’hui est conseiller diplomatique de l’actuel présidente de transition. On ne peut imaginer que la difficulté se situe au niveau du caractère souverain du sceau du président de la république ; c’est la continuité de l’Etat. Sauf s’il subsiste quelque part la prétention de remettre en cause toutes les signatures du président Michel Djotodia ou/et de son premier ministre Nicolas Tiangaye. Ce serait le déluge !
CECITE OU SURDITE CHRONIQUE. Evitons ce déluge à notre pays lorsque l’on sait que plusieurs décrets présidentiels [et arrêtés] ont été signés pour renforcer la position de rente et conforter la promotion de certains compatriotes. D’autres signatures ont servi de tremplin à certaines personnes de se propulser au firmament de la république !
Provoquons alors le tsunami en mettant en cause toutes les signatures des autorités de transition (le président Michel Djotodia ou son ancien premier ministre Nicolas Tiangaye) et posons-nous la question de savoir qui aura quel pouvoir pour quoi faire ? Où et quand ? Sinon qu’en sera-t-il demain de la signature du premier ministre Mahamat Kamoun ? Et de la présidente Catherine Samba Panza ? L’ex-président de la République, Michel Djotodia, quant à lui, détient la liste de ceux là qu’il a fait rois, mais qui donnent aujourd’hui la nauséabonde habitude d’être frappés de cécité ou de surdité chronique en ignorant superbement sa signature !
DES CRITERES DE COMPETENCE POUR CHASSER LES VIEUX DEMONS DE LA MEDIOCRITE. Alors il va de soi si c’est cela l’explication donnée au blocage du dossier Likiti, ce dont je doute, alors une leçon de gouvernance peut déjà être retenue : en ce qui concerne les affectations aux postes à l’étranger, considérés comme Ambassadeurs auprès des pays amis, les autorités du pays doivent faire preuves de responsabilité et ne privilégier que des critères de COMPETENCE ; ce qui nous oriente inévitablement vers la chasse aux vieux démons de la médiocrité, copinage, népotisme, clientélisme… Saurions-nous tirer profit de cette leçon après la transition pour un changement radical de comportement et de pensée ? En tant que fils de ce pays, je suis torturé par un doute d’autant plus qu’aux maux cités ci-haut, la transition doit soumettre le pays de BOGANDA notre père, aux soins intensifs ayant pour objectifs de guérir sa République centrafricaine des tares liées à la méchanceté gratuite alimentée par un tribalisme primaire transformé en haine tribale ; aux sordides et nocturnes regroupements d’amis copains, comme coquins ; des dénigrements systématiques organisés par des groupuscules ténébreux et médiocres, gérés par des officines occultes ; des jugements de valeur incongrus…
Décidément les périodes de transitions en Centrafrique n’ont pas réussi à faire tirer des leçons à nos ainés et à nous. Quel malheur pour la Centrafrique de Boganda ! C’est le perpétuel recommencement hélas ! Baba Boganda doit bouger dans sa tombe.
REVOIR L’INGENIERIE DES RESSOURCES HUMAINES. En définitif, ce n’est pas aujourd’hui que j’ai découvert monsieur Likiti qui fut, l’un des intimes compagnons de mon défunt frère ainé. Avec deux de mes petits copains, on était porteurs de leurs sacs lorsqu’ils se rendaient au stade Barthélemy Baganda, les jeudis, pour les sports scolaires, ou dans les dancings pour leurs répétitions musicales, car certains d’entre eux étaient musiciens. Honnêtement ce que j’ai retenu de ces ainés, c’est : HONNETETE, SOLIDARITE, PARTAGE. Centrafricain ! Ces valeurs sont inscrites en filigranes des cinq verbes du MESAN de BOGANDA. Je me suis rendu compte qu’inconsciemment, j’ai intériorisé ces valeurs et du coup j’ai eu une pensée pour le groupe qu’ils constituaient, à l’image de mon frère ainé : Réussite sur le plan universitaire, présence sur le plan professionnel.
SIFFLER LA FIN DE LA RECREATION. Monsieur LIKITI, je pense, fait partie de ces seniors qui, par leur état de services et leurs expériences internationales peuvent apporter une contribution non négligeable pour le pays. Etudiant à l’université de BANGUI, j’ai choisi avec certains amis la dure voie de l’exil afin de rejoindre d’autres compatriotes incertains qui luttaient déjà contre l’empire. C’est dans cet univers incertain et dangereux que je revis monsieur Likiti, et ce, après plusieurs années. Il exerçait déjà comme économiste dans une banque sous régionale ou la RCA assume la direction générale. Ce qui a retenu notre attention c’est qu’il a été élu par ailleurs Président de la cellule du parti unique RDC ; dès lors, malgré les relations personnelles que j’avais avec lui à travers mon défunt frère ainé, je ne pouvais plus chercher à le rencontrer car, mon statut de refugié m’empêche de rencontrer les diplomates centrafricains, d’autant plus qu’il s’est toujours affiché en compagnie de l’Ambassadeur de Centrafrique. Grande fut notre surprise lorsqu’on apprit que ce même monsieur Likiti, accompagnés d’amis centrafricains déterminés, ont soutenu et demandé au parti unique dont ils sont membres de convoquer une conférence nationale SOUVERAINE ! Nous de la diaspora étions profondément ébranlés, car le feu venait d’un militant du RDC qui plus, est président en exercice d’une cellule du Rassemblement démocratique centrafricain à l’étranger. Un crime de lèse majesté ! Je me trompe peut-être, mais je suis convaincu que les ennuis que ce frère vit aujourd’hui prennent leurs racines à partir de ce repère. Je n’étais pas au pays mais la diaspora suivait tout ce qui s’y passait. Pour les barons du régime et souteneurs du monopartisme, le vers est dans le fruit ; Likiti et sa bande parachutée de l’extérieur, armée de leur conférence nationale importée, veulent siffler la fin de la récréation ! Donc la fin des et privilèges. Il s’est donc engagé à leur défaveur une farouche lutte sourde mais bien programmée pour contrôler et censurer toutes leurs actions futures; voila les éléments d’analyse retenus au niveau de notre groupe à l’époque.
LA SINISTROSE QUE TRAVERSE LA RCA OBLIGE A IDENTIFIER OU REDECOUVRIR DES HOMMES DOTES DE CHARISME NATUREL. Concernant les résultats attendus du débat national, il n’est pas certain qu’ils aient été même globalement atteints ; malgré les multiples comités de suivis mis en place à cette occasion. Avec le recul historique je me suis demandé si finalement la bande à Likiti n’avait pas eu raison de se battre pour le maintien du caractère exécutoire d’une conférence nationale souveraine, dont l’adoption des recommandations et résolutions auraient pu aujourd’hui, atténuer certainement les souffrances de notre peuple. L’histoire rattrape toujours les canards boiteux. Nous avons été rattrapés par des questions qui auraient pu trouver un début de solutions, mais hélas ! A ce stade nous concluons, au niveau de la diaspora, qu’aujourd’hui comme hier, notre pays étudie, élabore, adopte des recommandations et résolutions pertinentes, mais pourquoi cela piétine t-il toujours ? Monsieur Likiti lui-même face à cette carence aurait expliqué que le caractère théoriquement exécutoire des résolutions du débat national, n’oblige aucunement les responsables administratifs à fournir suivant le timing établi, des documents de base permettant de réaliser l’état des lieux, et arrêter les hypothèses de base du calcul prévisionnel pouvant aboutir au chiffrage budgétaire, qui autorise la recherche de financement. Il aurait ajouté que même des réformes qui n’ont besoin que d’être actualisées de tous ces textes issus des ateliers, séminaires ou états généraux ; rien n’a été fait. Alors il conclu que c’est la manifestation éclatante d’un manque congénital de volonté politique. Il a à certaines périodes été membre de ces comité de suivi, rassure t-il. Alors, jeune de Centrafrique, lorsqu’un compatriote fait de telle affirmation que nous de la diaspora estimons juste et pertinente devons-nous gratuitement y réfléchir sachant que la tragédie centrafricaine aujourd’hui à besoin des expériences, expertises et visions prospectives de tous ces seniors tels que Likiti Benoît et d’autres ! C’est la responsabilité de nous d’abord de la diaspora qui bénéficions d’une relative liberté à l’extérieure, ensuite que toute la jeunesse de notre pays doit mutualiser tout ce qui nous rassemble et écarter tout ce qui nous divise depuis nos aînés jusqu’à nous avec pour conséquence plonger la RCA en enfer ! La sinistrose que traverse notre beau pays doit nous obliger au cours de cette transition d’identifier ou redécouvrir des hommes dotés de charisme naturel comme ceux, qu’on a su apprécier à des degrés divers tels que : Boganda, Dacko, Bokassa, Goumba, Kolingba, Patassé…
C’est au moment de cette réflexion que la diaspora s’est interrogée sur le pseudo inexistence de Likiti. Nous ne sommes pas des adeptes de Likiti en revanche nous sommes prêts à l’heure actuelle à soutenir le renforcement de la paix pour le développement de notre pays. Likiti a eu le courage pour nous révéler des vérités qui nous offrent l’occasion de le combattre ou de le renforcer ; en réalité Likiti est un leader d’opinion car fondateur de l’Union des Démocrates pour le Renouveau Panafricain (UDRP). Mais s’il se dissimule derrière sa fonction internationale. Il y a un temps pour tout. Un grand homme d’Etat n’a-t-il pas dit : « peu importe la couleur du chat pourvu qu’il attrape des souris.»
Kadjounguéré Jean-Hilaire


Je suis centrafricain, je l’affirme et fier de l’être même si l’identité centrafricaine donne la nauséabonde impression d’être vulgarisée à cause de multiples péripéties que subit la République Centrafricaine caractérisées par : des séances en plénière, houleuse et cacophonique, des huit-clos internationaux excluant des autorités centrafricaines, des  résolutions adoptées avec une  frange d’entités  suspectées  d’être manipulées, des déplacements et rencontres louches des membres de la commission nationales de transition avec certains partenaires, des services administratifs inexistants, des lamentations de non payement de quelques salaires, des écoles et hôpitaux déficients, une production minière confisquée mais circulant abondamment sur certaines frontières toutes parfaitement recensées, autant par la communauté internationale que par le gouvernement centrafricain, du prix exorbitant de produits agricoles, d’élevage et de pêche, des luttes et conflits non assumés par des stratégies, idéologies et programmes clairement définis, des évaporations  incomprises de dons !… Centrafricaines, centrafricains, chers compatriotes, où allons-nous ?  
LA FARCE ? Et  Comme un malheur ne vient jamais seul, voila que je viens de prendre connaissance d’un article de presse avec le titre  OU DONC EST PASSE LE PRESIDENT DU PARTI UDRP ? J’espère ne pas me tromper car pour moi le président de l’Union des Démocrates pour le Renouveau Panafricain est Monsieur Benoît Likiti. C’est de lui qu’il s’agit, Je ris et  suis effrayé à la fois. Je ris car monsieur Benoît Likiti n’est pas dans la clandestinité et a donc été  aperçu  plus d’une fois par moi et  par  tous les centrafricains qui vivent dans la même ville que moi… Mais je suis aussi inquiet, ayant l’impression qu’il est recherché ! Annonce t-on sa disparition prochaine ? Monsieur Likiti vit officiellement dans une capitale africaine parfaitement connue des hautes autorités centrafricaines, qui d’après mes investigations l’ont rencontré pratiquement toutes ; alors à quoi rime cette farce qui conduit  à présenter monsieur Likiti comme disparu ? Sinon invisible ? Pourquoi les autorités qui l’ont  rencontré  restent muettes ? Que veut-on montrer ? Est-il en aventure au Gabon  comme certains d’entre nous membre de la diaspora centrafricaine ?
 
CAS GROTESQUE ET ODIEUX. Nous apprenons tous les jours des avis de recherche de ressortissants, lancés par leur gouvernement alors que ceux-ci sont partis à leur propre compte. En pleine crise centrafricaine, nous avons constaté, ahuris, que certains pays africains, qui ne sont pas forcément plus nantis que le Centrafrique, ont procédé officiellement à l’évacuation de leurs ressortissants à partir de l’aéroport Bangui M’Poko ; or, nous de la diaspora centrafricaine, nous nous sentons  totalement  oubliés, abandonnés, sacrifiés ! Le cas du grand frère Likiti est encore plus grotesque et odieux, car ne peut résister  à la critique. Voila un homme ayant tout le background compatible à la fameuse technocratie - mode de sélection des membres du gouvernement et autres hauts cadres de la République - initiée par le pouvoir de transition mais  envers qui  on  donne l’impression de tergiverser dans l’exercice de sa fonction à la CEEAC, qui n’est d’ailleurs que l’exécution d’un décret pris par le président de la République, publié au journal officiel qui a donc force de loi. Il doit être exécuté afin d’éviter que nos partenaires puissent, à juste titre, s’interroger sur ce que veulent les centrafricains.
MAIS INTERROGEONS-NOUS ENTRE COMPATRIOTES. Où va-t-on ? Repart-on à l’état colonial ? Conserve-t-on la République de Boganda ?  Retourne-t-on vers l’empire centrafricain ? Joue-t-on pour une transition prolongée afin de perpétrer vols et pillages dans le but de renforcer des trésors de guerre ? On fait quoi ? Avec qui ? Avec quoi ?
A l’âge adulte que j’ai atteint, je n’ai pas fini d’apprendre : J’ai  fini par comprendre pourquoi entre étudiants, les amis africains d’autres pays TRAITAIENT de centraMACHINS  nous, étudiants centrafricains.  Je remercie infiniment  la puissance spirituelle qui m’a permis de décrypter la formulation de centraMACHINS.
MARGINALISÉS ET OUBLIÉS PAR LES AFFAIRES ETRANGÈRES. Le cas Likiti offre l’occasion aux centrafricains de se poser réellement la question de leur survie à l’étranger. Sont-ils encore centrafricains ou peut être sont-ils tellement timides que le gouvernement centrafricain les néglige ? Alors qu’il existe bel et bien un ministère chargé des centrafricains de l’étranger, que fait-il ? Quelle est sa fonction ? Quelle est sa mission ? La question mérite d’être posée lorsque les centrafricains se sentent marginalisés et oubliés pendant que le ministre des affaires étrangères lorsqu’il est en mission dans les capitales africaines se réfugie dans les palaces résidentielles, évite royalement de rencontrer les compatriotes qui dès lors apparaissent dangereux pour lui. Le comble, c’est que  pendant qu’il jubile naïvement dans la clandestinité,  qu’il engraisse en tranquille familiarité les quelques parents à qui il a pris  précaution de prévenir de son passage dans leur ville, la colonie centrafricaine l’observe et a tous les détails de ses plaisirs fugitifs ! Détrompez-vous monsieur le ministre. C’est malheureux et c’est vraiment dommage pour un pays sinistré qui devrait à toute occasion afficher sa simplicité, sa solidarité et surtout l’intelligence de ses dirigeants !
OU SE SITUE LE DEBAT DONC ? L’état de notre compatriote Likiti ne peut être qualifié d’étude de cas comme ceux  que nous  apprenons en travaux dirigés à l’université car enfin ! La RCA n’est pas une république bananière. Elle est gérée aujourd’hui par une charte qui est le reflet de la Constitution d’ où elle puise  ses fondements. Les autorités de la transition ont été élues de manière transparente et même si c’est la transition, la souveraineté et la légitimité doivent être respectées. Et c’est cette autorité qui s’est traduite dans la décision présidentielle qui a nommé Benoît Likiti comme contrôleur financier. J’ai eu par l’institution où il a été affecté confirmation de l’existence du décret présidentiel le nommant, accompagné de la note verbale du ministre des affaires étrangères centrafricaine. Où se situe le débat donc ? Au regard de la légitimité et de la souveraineté évoquées ci-haut, y a-t-il un obstacle ?
LA CONTINUITE DE L’ETAT. Des informations recueillies  auprès du secrétariat général de la CEEAC, le poste de contrôleur financier est affecté à la RCA par les textes fondamentaux d’où le choix, soumis exclusivement à l’autorité du président de la République. L’institution peut émettre des observations sur la compétence, le profil de la personne par rapport à la fonction  mais ne peut  en aucun cas déterminer le choix du pays ;  il est d’ailleurs prévu que  dans le cas  ou des contradictions fondamentales persistaient au niveau du pouvoir régalien, il n’est pas exclu de conjurer cette incompréhension par la saisine du médiateur  de la crise  centrafricaine, qui est le Président congolais Sassou Nguesso. A-t-il été informé par voie officielle ? Rien n’est moins sure. L’institution en question a rassuré qu’elle n’a enregistré aucune réaction du médiateur ; on nous a fait comprendre que, la fonction de contrôleur financier est liée aux décisions des chefs d’état de l’institution, car ce contrôleur financier doit viser toute dépense inscrite au budget, après autorisation unique du seul secrétaire général. Je conclu donc à mon niveau que ce poste est éminemment stratégique. Cela signifie que le décret ne pouvait être qu’appliqué car signé du chef de l’état de transition accompagné de la note verbale du ministre des affaires étrangères, chargé de la francophonie et de l’intégration régionale et chargé des centrafricains de l’étranger. Il faut signaler par ailleurs que Benoît Likiti s’est fait renouveler son passeport diplomatique mentionnant clairement sa nouvelle fonction, de contrôleur financier, dûment signé par l’ancien ministre des affaires étrangères, chargé de la francophonie et de l’intégration régionale et chargé des centrafricains de l’étranger qui aujourd’hui est conseiller diplomatique de l’actuel présidente de transition. On ne peut imaginer que la difficulté se situe au niveau du caractère souverain du sceau du président de la république ; c’est la continuité de l’Etat. Sauf s’il subsiste quelque part la prétention de remettre en cause toutes les signatures du président Michel Djotodia ou/et de son premier ministre Nicolas Tiangaye. Ce serait le déluge !
CECITE OU SURDITE CHRONIQUE.  Evitons ce déluge à notre pays lorsque l’on sait que plusieurs décrets présidentiels [et arrêtés] ont été signés pour renforcer la position de rente et conforter la promotion de certains compatriotes. D’autres signatures ont servi de tremplin à certaines personnes de se propulser au firmament de la république !
Provoquons alors le tsunami en mettant en cause toutes les signatures des autorités de transition (le président Michel Djotodia ou son ancien premier ministre Nicolas Tiangaye) et posons-nous la question de savoir qui aura quel pouvoir pour quoi faire ? Où et quand ? Sinon qu’en sera-t-il demain de la signature du premier ministre Mahamat Kamoun ? Et de la présidente Catherine Samba Panza ? L’ex-président de la République, Michel Djotodia, quant à lui, détient la liste  de ceux là qu’il a fait rois, mais qui donnent aujourd’hui  la nauséabonde  habitude  d’être frappés de cécité  ou de surdité chronique en ignorant superbement sa signature !
DES CRITERES DE COMPETENCE POUR CHASSER LES VIEUX DEMONS DE LA MEDIOCRITE. Alors il va de soi si c’est cela l’explication donnée au blocage du dossier Likiti, ce dont je doute, alors une leçon de gouvernance peut déjà être retenue : en ce qui concerne les affectations aux postes à l’étranger, considérés comme Ambassadeurs auprès des pays amis, les autorités du pays doivent faire preuves de responsabilité et ne privilégier que des critères de COMPETENCE ; ce qui nous oriente inévitablement vers la chasse aux vieux démons de la médiocrité, copinage, népotisme, clientélisme… Saurions-nous tirer profit de cette leçon après la transition pour un changement radical de comportement  et de pensée ? En tant que fils de ce pays, je suis torturé par un doute d’autant plus qu’aux maux cités ci-haut, la transition doit soumettre le pays de BOGANDA notre père, aux soins intensifs ayant pour objectifs de guérir sa République centrafricaine des tares liées à la méchanceté gratuite alimentée par un tribalisme primaire transformé en haine tribale ; aux sordides  et nocturnes regroupements d’amis copains, comme coquins ; des dénigrements systématiques organisés par des groupuscules  ténébreux et médiocres, gérés par des  officines occultes ; des jugements de valeur incongrus…
Décidément les périodes de transitions en Centrafrique n’ont pas  réussi à  faire tirer des leçons à nos ainés et à nous. Quel malheur pour la  Centrafrique de Boganda ! C’est le perpétuel recommencement hélas ! Baba Boganda  doit bouger  dans sa tombe.
REVOIR L’INGENIERIE DES RESSOURCES HUMAINES. En  définitif, ce n’est pas aujourd’hui  que  j’ai  découvert  monsieur Likiti qui fut,  l’un des  intimes compagnons de  mon défunt frère ainé. Avec deux de mes petits  copains, on était porteurs de leurs sacs lorsqu’ils se rendaient au stade Barthélemy Baganda, les jeudis, pour les sports scolaires, ou dans les dancings pour leurs répétitions musicales, car certains d’entre eux étaient musiciens. Honnêtement ce que j’ai retenu de ces ainés, c’est : HONNETETE, SOLIDARITE, PARTAGE. Centrafricain ! Ces valeurs sont inscrites en filigranes  des cinq verbes du MESAN de BOGANDA. Je me suis rendu compte  qu’inconsciemment, j’ai intériorisé ces valeurs  et du coup j’ai eu une pensée pour le groupe qu’ils  constituaient, à l’image de mon frère ainé : Réussite sur le plan universitaire, présence sur le plan professionnel.
SIFFLER LA FIN DE LA RECREATION. Monsieur  LIKITI, je pense, fait  partie de ces seniors qui, par leur état de services et leurs expériences internationales peuvent apporter une contribution non négligeable pour le pays. Etudiant à l’université de BANGUI, j’ai choisi avec certains amis la dure voie de l’exil afin de rejoindre d’autres compatriotes incertains qui luttaient déjà contre l’empire. C’est dans cet univers incertain et dangereux que je revis monsieur Likiti, et ce, après plusieurs années. Il exerçait déjà comme économiste dans une banque sous régionale ou la RCA assume la direction générale. Ce qui a retenu notre attention c’est qu’il a été élu  par ailleurs  Président de la cellule du parti unique RDC ; dès lors, malgré les relations personnelles que j’avais avec lui à travers mon défunt frère ainé, je ne pouvais plus chercher à le rencontrer car, mon statut de refugié m’empêche de rencontrer les diplomates centrafricains, d’autant plus qu’il s’est toujours affiché en compagnie de l’Ambassadeur de Centrafrique. Grande fut notre surprise lorsqu’on apprit que ce même monsieur Likiti, accompagnés d’amis centrafricains déterminés, ont soutenu et demandé au parti unique dont ils sont membres de convoquer une conférence nationale SOUVERAINE ! Nous  de la diaspora étions profondément ébranlés, car le feu venait d’un militant  du RDC  qui  plus, est   président   en  exercice d’une cellule  du Rassemblement démocratique centrafricain à l’étranger. Un crime de lèse majesté ! Je me trompe peut-être, mais je  suis convaincu que les ennuis que ce frère vit aujourd’hui prennent leurs racines à partir de ce repère. Je n’étais pas au pays mais la diaspora suivait tout ce qui s’y passait. Pour les barons du régime et souteneurs du monopartisme, le vers est dans le fruit ; Likiti et sa bande parachutée de l’extérieur, armée de leur conférence nationale importée, veulent siffler la fin de la récréation ! Donc la fin des et privilèges. Il s’est donc engagé à leur défaveur une farouche lutte sourde mais bien programmée pour contrôler et censurer toutes leurs actions futures; voila les éléments  d’analyse retenus au niveau de notre groupe à l’époque.
LA SINISTROSE QUE TRAVERSE LA RCA OBLIGE A IDENTIFIER OU REDECOUVRIR DES HOMMES DOTES DE CHARISME NATUREL. Concernant les résultats  attendus du débat national, il n’est pas certain qu’ils aient été  même globalement atteints ; malgré  les multiples  comités de suivis mis en place à cette occasion. Avec le recul historique je me suis demandé  si finalement la  bande à  Likiti n’avait pas  eu  raison de se battre pour le maintien du caractère exécutoire d’une conférence nationale souveraine, dont l’adoption des recommandations et résolutions auraient pu aujourd’hui, atténuer certainement les souffrances de notre peuple. L’histoire rattrape toujours les canards boiteux. Nous avons été rattrapés par des questions qui auraient pu trouver un début de solutions, mais hélas ! A ce stade  nous  concluons, au niveau  de la diaspora, qu’aujourd’hui comme hier, notre pays  étudie, élabore, adopte des  recommandations et résolutions pertinentes, mais pourquoi cela piétine t-il  toujours ? Monsieur Likiti  lui-même face à cette carence aurait expliqué que le caractère théoriquement exécutoire des résolutions du débat national, n’oblige aucunement les responsables administratifs à fournir suivant le timing établi, des documents de base permettant de réaliser l’état des lieux, et arrêter les hypothèses de base du calcul prévisionnel pouvant aboutir au chiffrage budgétaire, qui autorise la recherche de financement. Il aurait ajouté que même des réformes qui n’ont besoin que d’être actualisées de tous ces textes issus des ateliers, séminaires ou états généraux ; rien n’a été fait. Alors il conclu que c’est la manifestation éclatante d’un manque congénital de volonté politique. Il a à certaines périodes été membre de ces comité de suivi, rassure t-il. Alors, jeune de Centrafrique, lorsqu’un compatriote fait de telle affirmation que nous de la diaspora estimons juste et pertinente devons-nous gratuitement y réfléchir sachant que la tragédie centrafricaine aujourd’hui à besoin des expériences, expertises et visions prospectives de tous ces seniors tels que Likiti Benoît et d’autres ! C’est la responsabilité de nous d’abord de la diaspora qui bénéficions d’une relative liberté à l’extérieure, ensuite que toute la jeunesse de notre pays doit mutualiser tout ce qui nous rassemble et écarter tout ce qui nous divise depuis nos aînés jusqu’à nous avec pour conséquence plonger la RCA en enfer ! La sinistrose que traverse notre beau pays doit nous obliger au cours de cette transition d’identifier ou redécouvrir des hommes dotés de charisme naturel comme ceux, qu’on a su apprécier à des degrés divers tels que : Boganda, Dacko, Bokassa, Goumba, Kolingba, Patassé…
C’est au moment de cette réflexion que la diaspora s’est interrogée sur le pseudo inexistence de Likiti. Nous ne sommes pas des adeptes de Likiti en revanche nous sommes prêts à l’heure actuelle à soutenir le renforcement de la paix pour le développement de notre pays. Likiti a eu le courage pour nous révéler des vérités qui nous offrent l’occasion de le combattre ou de le renforcer ; en réalité Likiti est un leader d’opinion car fondateur de l’Union des Démocrates pour le Renouveau Panafricain (UDRP). Mais s’il se dissimule derrière sa fonction internationale. Il y a un  temps pour tout. Un grand homme d’Etat n’a-t-il pas dit : « peu importe la couleur du chat pourvu qu’il attrape des souris.» 
Kadjounguéré Jean-Hilaire