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POINT DE VUE

Quand Paris courtise Djibouti


Alwihda Info | Par Laurent Le Bloa - 28 Mars 2016 modifié le 28 Mars 2016 - 19:11

A quinze jour des élections présidentielles djiboutiennes, la France opère un étonnant revirement de position. Après avoir envoyé il y a trois semaines son Chef d'Etat-major des Armées en reconnaissance pour évaluer les bonnes dispositions du président djiboutien à l'égard de la France, son ministre des Affaires étrangères, Mr Jean-Mar
Ayrault a reçu avec tous les honneurs son homologue djiboutien pour inviter le président djiboutien à Paris.


J'aime bien imaginer le président djiboutien dans son palais prendre une pause quand la nuit apporte la fraicheur, pour contempler satisfait la lagune. Djibouti est entrée dans le vingt-et-unième siècle et Il se sait courtisé. Rien d'étonnant. Depuis une quinzaine d'année l'économie du pays s'est ouverte, libéralisée pour profiter pleinement de sa position géographique exceptionnelle.

On lui disait que le destin de son pays dépendait entièrement de la présence française. Il suffisait d'écouter Paris et tout se passerait bien. Mais la France ne s'intéressait plus, ne croyait pas en l'avenir de l'Afrique. le président rêvait d'autre chose pour son pays.Il n'est ni rebelle ni docile, mais les relations entre les deux pays se sont envenimées. Tout y est passé, les conseils, les menaces, la trahison, presque la rupture. puis le dédain, le mépris. L'incompréhension totale: Jamais le président ne prononça un mot contre la France, aucune manifestation hostile à la France dans les rues de Djiboutiville.

La France laissait entendre qu'elle allait se retirer de Djibouti. Cependant les temps avaient changé et Djibouti aussi. Djibouti aurait certainement regardée avec un pincement au coeur les Français partir, mais sans appréhension. Sans élever la voix mais avec détermination le Président avait mis le pays en marche vers son avenir.

Il n'y a pas si longtemps, c'était le temps de la Françafrique quand la politique africaine se décidait dans les cabinets secrets de l'Elysée en jouant des divisions internes des pays, où un Président français et toute la classe politque française s'insurgeaient qu'un président africain osa parler d'égal à égal (Thomas Sankara, on sait quel fut son sort). L'ordre d'arrivée des présidents africains venus féliciter le Président français pour son élection, déterminait la hièrarchie des courtisans.

Il y a peine un an, Djibouti comptait si peu que la France décommandait au dernier moment les rencontres officielles. Le Président djiboutien peut s'enorgueillir que la France se dépêche de lui envoyer ses plus hauts représentants. On fait le siège de la présidence pour y être reçu, on invite, on s'impatiente de recevoir en personne à Paris Ismael Omar Guelleh. Mieux, la France salue la médiation qatari avec l'Erythrée. Ce qui en langage diplomatique signifie que la France reconnait ses erreurs dans cette affaire. La Patience est décidément une vertu.

La politique n'est pas parfaite, c'est une suite de choix où on se Se ferme des possibilités pour s'en ouvrir d'autres. Mr Ismael Omar Guelleh a fait le choix de protéger l'unité de son pays, seule garantie pour le développement d'un pays. Djibouti est maître de son destin.